Les chemins usés

Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /2010 05:00
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   Trilogie de la Bièvre 1/3

grenouillere




" Voici. Il était une fois,

en l’an de grâce d’autrefois, "  *

deux rivières jouvencelles,

sinuant sur des terres jumelles.

L’aîné, un peu flagorneuse,

s’entichait du nom de fleuve.

Son comportement prétentieux

l’amenait à être, aux yeux

de la fratrie des cours d’eau,

un petit despote mégalo.

 

Oh ! Il était une abondante

source de vie bienveillante,

le long de son lit nourricier,

pour le sauvage qui sait qu’il sait !

Certes ! Il était, en son séant,

le seul a admirer l’océan !

Bien sur ! Il était jalousé

d’emplir tant d’espace ouaté !

La Marne s’y rejetait de dépit.

L’Yonne** demeurait déconfit,

d’avoir été, ainsi, détrôné

par cet usurpateur détesté.



Seul, le tout petit dernier

n’éprouvait pas ce singulier

sentiment de malveillance.

Sa toute petite errance

de trente trois kilomètres,

nourrissant ses gueux en guêtres,

sa si petite nonchalance,

sa médiocre provenance

du boueux hameau de Bouvier,

prouvaient son impossibilité

à posséder, sur son passage,

un colombier d’auguste lignage.

Peu importait. Il aimait ses castors,

Ses étangs, ses maigres rebords,

Ses languissantes eaux marrons.



La Bièvre, tel était son nom,

se déroulait comme un ruban,

depuis d’antan, d’avant l‘avant.



Un jour, l’aîné vint à déclamer

que le lit du petit dernier,

le mettrait à son avantage.

« - J’ai besoin de ton sillage,

très cher frère, mais admire

la vallée que tu vas conquérir ! »

Et la Bièvre s’est effacée

pour des marécages encaissés.



Dés lors, tout alla de mal en pis.

Alors, que ce fleuve extraverti

se mettait, béatement, en scène
et devint le dieu de Lutèce ;

que Julien l’Apostat osa

transcendé et versifia

sur notre Borgia malsain ;

que ce grand empereur romain

ne fut pas l’unique baladin

à sublimer cet aigrefin ;

que tant et tant d’artistes frustres

firent, de lui, une muse ;

notre ruisseau anonyme

cheminait, en serpentine,

dans une constance d’évier,

entre merdasse et merdier.


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Car, ce fut l’époque des tanneurs,

des teinturiers et megisseurs

qui envahirent ses maigres rives,

pour utiliser sa force vive,

pour vidanger leurs déchets,

dans ses eaux, d’étrons grassouillet.

Car, ce fut le purgatoire

des hôpitaux et abattoirs,

aux fragrance de pestilence,

en déflorant son innocence.

Car, ce fut une période,

ou tous les moulins à aubes,

provoquaient moult interruptions,

cause de surexploitations,

en son doux débit si faible,

sur sa pente douce si laide.



Le petit cours d‘eau, philosophe,

minimisait la catastrophe:

« - Vivre à l’ombre d’un illustre

grand frère, moi, si vétuste,

être l’égout de sa populace,
récepteur de tant de chiasse,
je comprend et je ne dis mot.

Il coule d’un pourpre si beau.

Il est chanté en des mélopées

si sublimes, si surannés.

Je comprend et je l’admire.

Je continuerai, donc, à m’enlaidir ! »



Un jour, en ville de Versailles,

un roi soleil voulut son sérail,

avec de splendides fontaines

ayant besoin d’eau sereine.

Les eaux du plateau de Saclay

allaient vers le petit dernier.

Les ingénieurs compétents

captèrent leurs ruissellements.

La Bièvre, souffrant d’anémie

par la machine de Marly,

eut une pensée funeste :

« - A Buc, ce village rupestre,

sales herbages et parasite

prolifèrent en mon doux site.

En vallée du Moulin Renard,

des crevasses me rendent hagard,

des fondrières m’écharpent,

l’insalubrité m’encrasse.

Maintenant, me voila orphelin,

car on me vole tous mes drains.

Je deviens l'abominable

d‘une puanteur véritable. »



Malgré cela, il continua

à cheminer, cahin-cacha,

ne nourrissant plus que les rats,

peste, vérole et choléra.

 

L’aîné, d’un regard dédaigneux,

eut ses propos fallacieux :

« - Mon vil frère est dépravé,

qu’il se soit, ainsi, décharné,

me répugne. Je suis divin !

Mon royaume est tissé d’or fin !

Je suis céleste ! Immortel !

Mon règne est si spirituel !

Et ma splendeur est souillée,

par cet immonde pestiféré..

de par son exutoire…

qui n’est plus qu’un pissoir !

Hommes, cher compatriotes,

jetez, sur lui, l’opprobre!

Que son rejet ne soit plus

en mon sein, une déconvenue…»



Et les hommes l’enterrèrent

dans un égout. Ils bouchèrent

son évacuation en l’aîné.

La bièvre fut aliéné,

dans la vallée parisienne.

Une rumeur lointaine

qui pleurait son innocence,

qui maudissait sa déchéance,

s’entendait sous les caniveaux:

La bièvre était un tombeau.

 

Comprenez vous, très chers lecteurs,

Maintenant, sa rageuse aigreur ?

Et sa colère profonde,

lors de ses crues qui nous inondent ?

De la nécessité de stations

retenant ses inondations ?

Oh dieu,qu’ il fulmine autant

de dégoût.. d’en être un, pourtant !

Il a crut son frère mécène,

de part ses mots si mièvres .
 
Ce bonimenteur bléme

qui porte le nom de Seine !

 

                                                                                   2010

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* : Vers empruntés à Avénarius d'Ardronville, poète; et tirés de son oeuvre magnifique :
"L'histoire de l'oreille"
Spectacle vivant qui aura lieu le 30 Avril ( voir plus bas sur ce blog )
Pour en savoir plus :
link

** : Quand deux cours d'eau se rencontrent, le cours d'eau qui résulte de leur confluence prend le nom de celui dont le débit est le plus élevé au moment de leur rencontre . Selon les mesures les plus récentes, le fleuve que l'on nomme Seine à Paris devrait s'appeler Yonne..

 







Par benoit gimenez - Communauté : Ruche de beaux mots
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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /2010 05:00
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C’est un fait acquis, des crocodiles vivent

dans les égouts new-yorkais. Bêtes agressive.

Une légende urbaine.



L’animal est devenu aveugle et albinos.

Ils s’alimentent de rat et de reste d’os .

Des bas-fonds, la race reine.



L’origine de leurs venues est nébuleuse.

Souvenir d’une Floride marécageuse ?

d’une escale africaine ?



Un couple a pris et a élevé un reptile,

dans leur salle d’eau. Elle devient hostile .

Un caractère de vilaine .



Ou la bête s’échappe-t-elle par les latrines….?

Là encore, la rumeur est multiple en ville.

Pas vraiment certaine.



Mais, le résultat final reste identique :

Elle s’engrosse seul et pullulent, anémiques .

Une grande fratrie pérenne .



Une variante de cette légende de rue :

Des secteurs de réseaux sont, de visites, exclus,

à Paris . Mis en quarantaine .



Des agents des forces de l’ordre interdisent

l’accès . Ils font des rondes et brutalisent .

Habilités à la dégaine !



La cause ? Des alligators, aussi, pullulent,

A proximité de nos vie, l’enfer diurne.

Les portes de la géhenne .



Et pour éviter la propagation sous la cité,

des murs montés et campagnes de stérilité

sont actions quotidiennes .



Autre variante, plutôt géographique .

A Moscou, c’est les mêmes problématiques.

Une exacte rengaine.



Et, nous, les égoutiers du monde entier,

la peur au ventre, exécutons notre métier.

Une bravoure surhumaine !



Sachez que vos égards et vos sollicitudes

nous touchent vraiment! Vrai !Tant d’inquiétudes !

Tant de peurs qui se déchaînent !



Tout n’est qu' histoires pour enfants pas sages!
De traite des blanches dans les cabines d’essayage!

Des phalanges dans les Nems!



La vérité! nous aimons avoir la trouille !

Nous aimons quand notre échine gargouille

de picotements blêmes !



Et les bois sombres, source de tant de panique,

sont trop lointaine de nos cités plastiques.

Plus de croquemitaine…



Et pourtant, en mil neuf cent quatre vingt treize,

une crocodile fut trouvé, en bord de Seine.

En égout.., souterraine.



L’animal mesurait quatre vingt centimètres.

D’où venait elle ? Il n’y eut aucune requête,

pour, du Nil, cette suzeraine.



Au zoo de vannes, vous pouvez l’admirer.

Elle se nomme Eleanore, l‘adorée.

Elle est sereine.



Elle est une preuve de trois mètres de long,

que chaque mensonge a une vérité abscons.

 Une réelle fredaine...


                   

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                                                                                                  2010

Par benoit gimenez - Communauté : Ruche de beaux mots
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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /2010 05:00
- Publié dans : Les chemins usés

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Nb: Les mots techniques d'un métier, quel qu'il soit, sont source d'une trés belle poésie. vous ne comprendrez, certainement, rien à certain des propos ci-dessous. Peu importe, laissez vous aller à la mélodie de lecture...



Oubliées, quatre cathédrales souterraines,

protectrices d’une rivière enterrée,

seront sublimées, redeviendront mondaines,

comme chaque année, à l’époque d’avant l’été .


Car, si les festivaliers, brindille en bouche,
déambulent, en famille, sur les escales;

  montent sur des péniches; admirent, à la louche,

artistes, spectacles, concerts et nombreuses étales;

ils pourront,aussi ,voyager dans les ténébreuses

allées de l’assainissement Val de Marnaise.

Là, ils verront une obscurité merveilleuse.

Nous serons leurs guides, à la jactence fort aise.

Mais, avant tout, afin que ces magiques ouvrages

soient, illustres, serties des plus beaux apparats,

l’ouvrier utilisera maint outils d’usages

pour le nettoiement et la beauté d’ici-bas.



(… EV3, au centre de Vitry sur seine,

Sous la place du marché, melting-pot bigarrés,

La triangulaire EV3, si sereine,

Avec ses cinquante mille mètres cubes de capacité …)



Nous, gardiens de ces temples de rétention,

electromecanicien, vigilant au quotidien

de ces œuvres de lutte contre l’inondation,

allons nous atteler, avec vigueur et soin,

à rendre ces gothiques joyaux, plus beaux encore.

Quinze gars, en tenue d’égoutier, sous l’égide

de Laurent, rincent les bassins et les déflorent

de toutes merdasses entassées et fétides.

D’abord, les Augets. Ces grandes baignoires,

au centre de gravité excentré, basculeront

leurs tonnes de flotte et, tel de géant lavoir,

nettoieront les radiers, en ressac furibond.

Entre les travées, sur les pistes, ravinant ainsi

le fond des bassins encrassés de terre fertile.
Car, du Soja avait poussé.Toujours de merde, naquit.

A la manœuvre, Philippe, surnommé tuile

(car la vie l’assigne a de grandes ardoises),

et d’autres compères, sur les sites à nettoyer,

au supervision, déclenchent les remplissages.

Puis, démarrent les pompes à boues, pour tout vider.



(… Et le bassin des Cormailles, un peu plus loin,

à Ivry, sous le parc du même nom de terroir,

attend, patient, comme à Vitry son concubin,

l’eau de pluie qui s’engouffre dans les avaloirs. …)



Ensuite, branchant les Karcheurs à plein rendement,

José  (unique Portugais à dénigrer le Football),

Ant1 (déconneur mélomane d'un son violent),

Vince  (adore et hait le PSG, façon bestial),

font retentir ces machine à décoller

le merdier agglutiné sur les caillebotis,

sur les murs et contre les vannes d’étanchéité,

leurs vitodos et leurs visages, noir de coulis.

A la lance à incendie, d’autres compagnons,

bataillent en haute pression et vacarme,

Fredo  (génial électricien et Cro-Magnon),

Coin-coin  (né dans un champ de betterave),

Gégé  (tendre nounours de cent kilos agité),

bubulle (aux carrés de chocolat sur les abdos),

s’affaire à récurer entre les piliers,

à rincer dans les trémies, les bras en Chamallow,

purgeant dans les bâches des pompes de relèvement,

dégommant les filandreux aux grilles des dégrilleurs.

De la tête aux pieds et tout dégoulinant.

ils carburent, en esthéticienne gratteur.

Et, pour la manucure de ces dames divines,

serpillières balais-brosses sont obligatoires.

Remy (trublion à la chevelure sublime),

Gégène (preuve que le dieu électron est noir),

et Suédois (conteur de votre chanson épique),

nettoyons, avec attention, les TGBT,

dépoussiérons les centrales hydrauliques,

savonnons les hydro cyclones et les planchers.



Enfin, à l’intendance, dans les transits, au volant,

avec Manu (peu de terre pour tant de sang versé),

Didier (le sage gourmet qui mange du serpent),

font le lien, secondent les équipes fatiguées.






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(… Le bassin de l’Hay, contre l’avenue Flouquet,

une partie sous terre, l’autre comme lac asséchés,

quatre vingt mille mètres cubes d’eau à stocker,

des pontons sur pilotis permet de flâner …)



Puis seconde phase de l’opération:

Nous, fées marraines, ornementons de pourpre

nos besogneuses servantes, tel des cendrillons.

Les lessiveurs deviennent artistes de troupes.

P’tit Franck (viking à logique dans les gènes),

Mam’ (spécialiste de la théorie des cordes),

S’affairent, serein, sur les groupes électrogènes

et assurent le jus des câbles qu’on raccorde.

Des centaines de mètres tirés jusqu’au tréfonds.

Des jeux de lumières disposés aux piliers.

D’ocres ambres nobles magnifiant le moribond,

Aux grilles, sur les pompes…avec méticulosité.

Laurent (visionnaire en chef de l’équipe),

Installe, avec doigté, ses rétroprojecteurs.

Le sigle « DSEA », notre service public,

va virevolter tel un oiseau bleue migrateur.

Et les portraits de tous les braves égoutiers,

des scènes de nos métiers, défileront,

gigantesque, sur le génie civil, les murets.

Le clapotis des gouttes de nos stations

S’électriseront sur une musique de fond,

douce et onctueuse, une irradiation….

Nos déesses sont belle pour la réception.


(... Le goufre profond d'Arceuil, la spherique,
dans le profond, jusqu'à trente mètres de profondeur.
Trente mille mètre cube vomumétrique.
Par contre, sur son séant, un stade pour footballeur ...)


Tout est enfin prêt. Deux semaines de dur labeurs.

Des doubles journées, souvent, pour tout le monde.

A se fendre la poire de cinq à dix-neuf heures.

A se marrer comme des baleines furibondes.

A se vanner comme de vrai potes de quartier.

Faut croire qu’il faut s’asticoter l’ego,

quand y a besoin de se sentir en sécurité.

Dans le métier, pas le moindre quiproquo.



Alors, il y aura le week-end du festival,

et nous serons au poste, fier de vous montrez,

notre savoir faire et nos cathédrales,

transcendantes de beauté pure exalté.

Vous serez nombreux à venir nous voir, curieux,

Et repartir, après la visite, émerveillés.

Avec, dans la tête, l’histoire de l’or bleue,

Que nous vous aurons, avec passion, contés.



Le dimanche, au soir, nous remballeront tout.

C’est sur, une nuit blanche en perspective.

Mais, parce qu’on est tous ensemble, on s’en fout.

Et, on est prêt, chaque année, à la récidive.

Au petit matin, nos belles seront communes,

à nouveau, prêtes à accomplir leurs missions.

Seront a nouveau oubliés, sans rancune,

du peuple, dont elles assument la protection.



Dans la nuit, quatre cathédrales souterraines,

protectrices d’une riviére enterrée,

attendront, patiemment, l’année prochaine,
en val de Bièvre, d'être encore aimer.

 







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  Informations complémentaires : Les photos sont de Laurent Niot. elles montrent le bassin des cormailles, aprés notre travail décrit ci-dessus. cette élaboration lumineuse est mise en place pour le festival de l'oh!, en Val de Marne.


                                                                                    2010



 

 

Par benoit gimenez - Communauté : Ruche de beaux mots
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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 05:00
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Dans les boueuses entrailles des métropoles,

voisins des métropolitains, un lourd symbole

s’impose : celle d’une humanité inversée .

L’image argentique d’une négativité .


La lumière du jour à la nuit d’un égout .

Des fleuves nourriciers à des canaux de gadoue .

Des avenues de vie à des méandres d’eaux mortes .

La société des hommes à des rats en cohorte .

L’atmosphère pur à l’air vicié de maladie .

Du vacarme tonitruant au silence alanguie .


Nous rejetons, dans l’égout, ce qu’on ne veut plus,

et l’adage prend de sales entournures méconnues .


Certes l’urine et la matière fécale

s’écoule pour, plus tard, l’épuration finale .

Mais, aussi, clefs de bagnoles et des larfeuilles,

des sacs arrachés, puis jetés, par le mauvais œil .

Des vibromasseurs, des milliers de capotes,

comme quoi, ça se protége quand ça se tripote .

Des bouteilles de gaz, des pneus de voitures,

dés fois, trucs auquel les brocanteurs carburent .

Pas de caïman, dans nos ténèbres tricolores .

Légende immigrées de Miami …..Et, encore ..

Des bestiaux de zoo, c’est vrai, les ont emprunté,

à la crue centennale, durant les folles années .

Par contre, les nouveaux animaux de compagnie,

Boas, Pythons, reptiles et autres saloperies

se faufilent si est ouvert le battant de chiottes .

Là, c’est le paradis en bouffe et en barbotte .


Ceux qu’on ne veut plus, nous le rejetons dans l’égout,

Et la maxime prend un élan profond de dégoût .



Lors de sa première descente en ouvrage,

Un collègue ,fasciné par cet obscur paysage,

Cheminait, en tête d’équipe, dans les eaux usés .

Sa lampe de casque éclairait un fond de buée .

Au détour d’une intersection, il aperçu,

Le contour d’un ballon de baudruche tordu,

De teinte violacé, qui obstruait l’écoulement .

Il prit conscience, alors, des appendices ballants :

Des excroissances comme des bras, des pieds

Comme une tête avec des yeux exorbités .

D’un linceul de merde, une petite grand mère

s’était enveloppé . Mon pote a vomi parterre.

Vivante, la gisante faisait cinquante kilos . 
 Un long séjour ici bas.. cent vingt… pleine d’eau .

La dame avait fui sa maison de retraite,

trop de solitude, mais n’avait plus trop de tête,

Alors, elle s’est perdue et à chuté dans le fleuve .

L’absence des siens est la plus terrible épreuve .




Après vingt ans de maison, Didier est aguerrie

à toutes les situations, à tout les soucis .

Quand il faut déboucher, il tape dedans violement .

Il rechigne jamais à la besogne. Il est vaillant .

A la pelle, et s’il le faut, avec ses pognes,

parce que le fécal colmate, sans vergogne .

Le colombin a une texture d’argile molle,

Il a l’habitude de cette sensation drôle .

Il glisse sa main au fond et ramène le tout,

Vers l’avant . Hardi, il y va l’ancien du trou .

C’est alors qu’il entraîne un machin spongieux .

Un sale truc pas normal, il devint soucieux .

Entre ses gants, il y avait un bébé pas formé,

un fœtus, avec un corps tout désarticulé .




J’imagine que vous pensez que j’exagère,

pourtant, Je bosse avec ces deux compères .

Et des histoires comme ça, on m‘en raconte .

Pléthore . Des contes ou l’homme est une honte .

L’égout est le rejet d’une humanité déchu,

Ou l‘on déverse, ce, ou ceux, que l’on ne veut plus .


                                                                                                                      2009

Par benoit gimenez - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /2009 05:00
- Publié dans : Les chemins usés




Quand on ose, avec son prose, dans le trône,
déposer une odorante aumône,
voici qu'un périple, surprise et mystique,
se peaufine pour notre complice gastrique .
Alors que notre chiasse se prélasse
dans sa mélasse grasse, on tire la chasse .
Le voila qu'il butte dans une chute d'eau,
il perd pied au radier d'un de mes canaux .

Et il va voyager, dans les chemins usés .
Un poème sur une merde....êtes-vous étonné ?

Sans aucun goût, dans les égouts, il s'agglutine
avec des étrons étrangés, d'autres latrines .
Un mou mouvement d'une troupe d'égoutiers
et notre hôte tapote leurs bottes emmerdées .
Et les ombres des hommes s'en vont à fond de train .
Un gras ressac claque en vague et en crachin .

Et il s'enfuit, par les chemins pourris,
Une poésie sur du moisi...êtes-vous surpris ?

Une pente douce, notre bronze s'écoule
sereinement, sans souci du temps qui coule .
Surpris ! Un saut à ski ! l'infortuné va très vite .
Après la magne, il stagne, tel un monolithe .
Un puits hélico"idaux ! le sombre idiot
se précipite, en un précipisse vertigo,
dans un collecteur . Six mètres de diamètre .
Dans un fleuve mort . Dans les entrailles de la terre .

Et il s'échappe, dans les chemins noirâtres .
Des alexandrins sur du tanin....ça vous épate ?




Il chemine tranquillement vers son destin .
Se cogne sur une grille oxydée de pétrin .
Pendant que la poche d'un dégrilleur, récupérant
difficilement les encombrants d'humains polluants,
monte et descend comme un stakhanoviste .
Puis, il glisse, réguler par une vanne orifice,
pour se faire remonter, si rapidement,
par le biais d'une pompe de relèvement .

Et il accoure, dans les chemins de croute .
des rîmes sur de l'urine...ça vous la coupe
?

Par combien de vannes a t-il été guidés ?
Et, de vannes, sur son passage, se sont effacées ?
Sur combien de métres a t-il été relevés ?
Six mètres ? Dix huit ? Transhumance insensée .
Combien de raccordements ,égouts, collecteurs ?
Combien de kilomètres ? Combien d'heures ?
Dés fois, plus de huit, pour atteindre Avalon,
qui se trouve être la station d'épuration .

Et là, c'est le nihilisme, la dislocation,
pour notre fécal ami . Une désolation
de savoir que cet obscur pèlerinage
amène à la mort notre caca si sage .

Et il meurt, dans mes chemins de labeur .
Des mots sur mon boulot... mes profondeurs .

Dorénavant, en utilisant votre postérieur,
vous saurez que je suis dessous ....un brin moqueur
....



                                                                                                                                                                                   2009






Par benoit gimenez - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Mardi 4 août 2009 2 04 /08 /2009 05:00
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Juin 2009 , festival de l'oh! . Sur l'escale de Maison-alfort , il y eut un débat sur "l'eau et l'imaginaire" .En préambule du débat, Stephania ( et oui , encore elle) me demande de lire ce texte-ci . ceci fut fait . Ce fut pas facile . Il n'y avait pas grand monde , du vent et des essais micro en plein milieu de ma lecture.

Mais , il y avait Françoise Gigleux , responsable de l'association "l'eau est le pont". La littérature ,ayant pour point commun l'eau, comme lien entre les artistes en herbe . Peut être , est ce le début de rencontres riches ? peut être est ce le début d'une aventure humaine intéressante?

Ce texte parle de mon milieu professionnel . Eh ! oui....je suis electromécanicien en assainissement . En clair , je travaille dans les égouts. 

 

La dame du lac est embourbée .
Les sources ne sont plus fécondes .
Plus aucune peur . Plus de sacré .
Les nymphes se morfondent .

L'eau jaillissante , éructante ,
coule sous les voutes d'Haussman .
L'eau croupissante , stagnante ,
bave de rage , le regard saignant .

L'homme moderne l'a canalisée ,
dans un enchevêtrement d'égout .
L'homme moderne l'a étouffée ,
dressée , soumise , traînée dans la boue .

Cette déesse nourricière
est devenu une propriété .
Avant sublimée par des prières ,
la voila , maintenant , facturée .

Les chants mélopées pour Amphitrite ,
de tous ces pèlerins , venant en masse ,
sont perdus . La vieille a de l'arthrite .
Depuis , on a tiré la chasse .

Les processions gauloises ,
pour Cybèle , au source des fleuves ,
fertilise maintenant la crasse ,
les gros étrons ...les boueuses .

D'antan , on élevait des statues ,
pour les Naïades friponnes .
On coule des bronzes en vertu ,
de nos jours , à nos envies de trône .

En vérité , je vous l'avoue ,
toute ces légendes sont dans le trou .
Par les avaloirs , tout cela échoue ,
dans les riviéres de mes égouts .

Car je suis gardien d'eau impure ,
un égoutiers des profondeurs .
Et toutes ces déesses murmurent ,
à mes oreilles , leurs aigreurs .......
                                                  
                                                  
2006



Par benoit gimenez - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Mercredi 29 avril 2009 3 29 /04 /2009 05:00
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Derriére les murs , inondés de fenêtres ,
les cités , au pied géant coulé dans l'argile ,
et les immeubles , rangés en épi , en ringuette ,
surplombent le ciel ,amiantent les fossiles .

Une colonne sèche , colonne vertébrale
dans un corps de parpaings , récupère l'humaine
boue .
Cette eau pourrie est évacuée dans l'abyssal
de notre terre , entaillée de metro et d'égout .

D'égout ou des hommes cheminent en cuissardes .
Sous les voûtes , des vagues visqueuses gigotent .
Leurs casques éclairent d'une lumiére blafarde ,
par une lampe , une rivière morte .

Car ces longs enchevêtrement de nervures sales ,
ces veines de boue , ces artères d'immondices ,
régulent le coeur de nos villes si banales ,
au poumon vide d'oxygène , pleine de silice .

En des glissements de jambe , danse de la nuit ,
ils créent des houles douces , le long de radier .
Les infiltrations , comme une fine pluie ,
s'égouttent dans cette atmosphère vicié .

Un clapotis qui romps le silence morbide .
L'équipe d'ouvriers inspecte le génie civil .
Ils rient d'une blague à ce tordre le bide .
C'est pas par le sang .Pas grave . C'est une famille .

Et les hommes posent des batardeaux , pour diriger
la flotte noire . Parbleu , dans les glissiéres ,
ça fait un bruit de métal et d'eau éclatée .
Un travail comme un autre . Pas de chimére .

Dans les mains , pelles et pioches sont les outils ,
de ces terrassiers emmerdés . Ces globules blanc
surveillent le corps de l'humanité , ce chenil
qui cague et pisse , tout en lisant des romans .

Nous , égoutiers , avons jamais vu Spangiari ,
ni crocodile , ni fantôme de l'opéra .
Nous , égoutiers , besognons sans diableries ,
en nous méfiant seulement des millions de rats .
                      
                                                                                                                                     2009

Par benoit gimenez - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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c'est qui le tolier ?

  • : Benoit Gimenez (tôlier du bistrot des poèmes)
  • : Prendre un instant de vie et le sublimer afin de le rendre eternel. Parler de l'égout, du sud, des bistrots, et de sensualité aussi. Le tout saupoudré de poésie...

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