Campagnan

Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /2009 05:00
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                                                                                                      à l'époque du fils,


Voici le souvenir, d’un homme, qui fleure bon

la douceur, nacrée, d’une effluve d’enfance .

Je clos le quotidien pour, dans une fragrance,

parvenir à Campagnan, lors de nos doux réveillons .

Sur un air de musette, une tendre mélodie

s’infiltre, mélancolique, dans ma mémoire .


Une table dressée, paysanne, se laisse choir .

Des restes en abondance . Autour, la fratrie

repus et silencieux avec panse bouffie .

Quelques treize desserts, à la pelle, disposés :

des coquilles de noix broyées; des dates séchées;

sur la nappe, des brisures de « Tourons » d’Hispanie;

dans les verres à pieds, des fonds de chaud Crémant;

Des papiers froissés de blanche nougatine

d’en Drôme; des épluchures de mandarine

donnant, sur les doigts, un goût d’orangé crépitant .

Seul, la bûche demeure au centre de l’éscoubille

entier et mollissant . Un sapin en plastique

glisse, les pieds dedans, en lenteur lactique .




Dans l’âtre, le diable a mis ses espadrilles .

Une chaleur à crever dans la salle à manger .

Dans les intestins, la brûlure du trop plein .



Papa et oncle Paco divague de tout et rien .

Le grand père opine du chef sans rien piger .

Dans l’évier, grand-mère astique la vaisselle .

Tata débarrasse la modeste argenterie .

Maman caresse les cheveux de ma sœur assoupie .

J’ai neuf ans, je crois . Et j’attend le père noël .



La place du jeu de ballon broie du noir .

J’admire ce lieu vide, a travers la vitre .

Sur la cimes des foyers, l’église gravite

sur des tablés familiales pleine d’histoires .

Les ampoules jaunes de l’éclairage publique

masquent la nuit étoilée d’où il viendra .



Mère porte sa fille, à l’étage, dans ses bras .

J’espère,avant le pyjama, un détail épique,

dans l’obscure clarté, aux multiples pépites .

Mais rien . Je baisse les yeux sur mes godillots

en emboîtant le pas, vers les chambres d’en haut .



Mon bras, que la main de mon père sollicite,

vibre d’une paternelle mise en alerte .

Il se lève, enfile son anorak, prend ses clefs,

passe la porte et sort, dans la fraîche nuitée .

Il ouvre le coffre de notre cent quatre verte .

Je comprend, alors, devenir le dépositaire

d’un secret d’adulte , la fin d’une chimère ;

car, pendant que Paco vient épauler mon Père,

Il dépose, sur le toit, de belles affaires :

des dizaines de cadeaux emmaillotés de nœuds,

aux chaudes couleurs festive de l’offrande d’aimer .

Et, lorsqu’il ferme la malle, son regard immaculé

Transperce, marron pur, mon regard d’enfant niaiseux .



Sans barbe, qu’il est splendide, ce papa noël .

Et, même, le rouge est une couleur qui grossit .

Qu’il est doux ce temps, ou la fierté vire folie .

Lorsqu’ vous admirez votre père devenir éternel .

                                                                                                                2009    
Fotolia 9812570 S 13 desserts de Noel m


 


Par le taulier - Communauté : Ruche de beaux mots
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Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /2009 05:00
- Publié dans : Campagnan

                                                                        A l'époque du fils..




                                                                                                                                       à l'époque du fils

Oh ! Petit rouquin qui, maintenant, doit être
ingénieur informaticien, dans une tour
de la défense, souviens-toi, ton mal être
et les gamins qui t'ont joué un sale tour .

Au temps ou nous nous goinfrions de compote,
ou nous nous grattions le cul dans nos culottes,
je t'ai découvert, jouant, protéger par un enclos,
et, dans ton oeil, j'ai vu la flamme de l'idiot .
Comme Saint-Exupéry, dénichant sont petit prince,
c'est être bénit de dégoter dans sa province,
un petit parisien aux tendres yeux de perdrix,
bientôt, dévoré par quatre goupils en furie .
Quatre cariclos de pècques, haut de quatorze ans,
qui, dés l'apparition divine de l'innocent,
concoctent un piège, pour le mettre au fer :

Un, Franck devint ornithologue du petit robert .
De deux, j'emprunte un grand sac de jute à papet.
Et trois, on se poste, en criant qu'on va chasser,
devant le jardin du poisson pour l'appâter .

-"C'est quoi que vous voulez attraper ?"
                                                       Questionne
notre Jules que la curiosité picote .
Nous, renard, envoyons, alors, l'énorme carotte
à notre âne, poilu, qu'ainsi, on désarçonne .

-" Un Dahu !"
                 -" Un...quoi ?"
                                    -" Un Dahu !!!"
                                                       -" Et c'est quoi, ça ?"
-" Un oiseau avec une patte plus courte...quoi!!!"
-" ça peut pas exister, vous foutez pas de moi !"
-" Jurer, cracher par terre, qu'on se fout pas de toi !!!"

Énervé, Frank, de sa besace, sort un dico,
l'ouvre, lit la définition noté au stylo :
-" Classé dans la famille des gallinacées,
ainsi que , dans celle des demis échassiers,
avec un plumage d'émeraude et de safran,
une collerette hirsute d'un rouge flamboyant,
le Dahu possède l'étrange particularité
d'une patte plus courte .Vivant qu'à flanc de sommet,
il ne peut aller que droit, face au vent !"

Éric clame :
                -" C'est une chasse pour homme, seulement !"
-" Mais je suis un homme !"
                                      : répond le divine enfant .
Noël se marre :
                     -" Si tu chopes un Dahu , vraiment,
que tu l'enfermes, dans le sac, t' es un homme, un vrai
de vrai. Mais pas avant !"
                                  -" Eh, ben ! Je vais le prouver !"

Dans un grincement, il ouvre le portillon,
en jetant un regard inquiet à sa maison,
mais aucun parent à l'horizon . Il s'échappe .
Le voila dans nos filets .Tout cru, on le happe .

-" sérieux, t'es pas une lope !"
                                         -" trop fortiche !"
-" Pas prévenir ses parents et partir....c'est chiche !"





L'idiot est si fier de sa stupidité
que de rire, tous les quatre, on pourrait éclater !
mais rien,  sur nos visages, ne doit apparaître,
pour l'estocade finale sur notre vedette .

La forêt du Pioch est le théâtre du drame .
Notre parigot, à tête de veau, ne rend pas l'âme .
Sous nos bravos, il se sent important et fier .
Il ne remarque pas que, chaque ornières,
chaque sentes, chaque chemins, lui est inconnu .
Il est heureux d'être l'intérêt de gratte-culs
ou, peut être, croit il s'être fait des copains .
Bref, il ne se méfie pas qu'on le perd au loin .

Noël avait repérer l'endroit tragique,
ou nous allons faire sécher notre vilain tique,
quelque jours avant .Car le Pioch, c'est notre forêt,
notre paradis, notre aire de jeux préférés .
Je lui tend le sac de jute :
                                          -" Prends ça, mon gars !"
Et Frank renchérit :
                                -" Tout l'honneur sera à toi !"
-" Parce que tu as de la trempe, tu l'attraperas !"
-" Nous , on part le chercher, on va te le débusquer,
    on va te le ramener, à toi de le choper,
     dans le sac !"
                             -" vous êtes certain qu'il passe par là ?"
-" C'est le chemin, y peut pas aller ni en haut, ni en bas !   
-" D'accord !"
                      murmura-t-il , la peur dans la voix .

On s'éloigne, doucement, un à la fois,
comme des soulèveurs, en agitant les buissons,
en grattant le sol, tapant dans les trous, au bâton .
Les mains à la bouche, on faisait des cris gutturaux .
Comme ça, l'idiot croyait qu'on cherchait l'bestiau .

Puis, il disparut de notre champ de vision
et, à toutes jambes, on a couru vers nos maisons .
On riait aux larmes, à se faire mal au bidon,
à se rouler au sol, à se pisser dans le caleçon .

On a apprit que, chez toi, plus tard, tu es rentré,
en pleurnichant, en plein milieu de la nuitée .
Les fringues déchirées par les ronces de la forêt,
tu as pris, soufflante et gifles déculottées .
Mais c'est la honte qui t'as le plus submergé .
La peur de nous voir . La peur d'être moqué .
Du village, c'était un hurlement de rire
qui semblait percuter tes esgourdes . Te maudire
suffirait pas pour oublier .Nous maudire, non plus .
Partir .A jamais .Ne plus voir ces trou du culs .

Oh! Petit rouquin, qui, maintenant, doit être
ingénieur informaticien, dans une tour
de la défense .Souviens-toi, ton mal être,
et les gamins qui t'ont joués un sale tour .



                                                                                                                2006/09

Par benoit gimenez - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /2009 05:00
- Publié dans : Campagnan


Croyez vous aux anges gardiens ? parce que je suis un rêveur , moi , j'y crois . ce texte parle de celui qui fut mon grand père et qui est ,à ce jour , mon ange gardien . c'est ,sans nul doute, mon poème préféré .Celui avec lequel je ressens le plus d'émotion. Lu lors d'une soirée poésie à la MJC de Limeil-brévannes , il y eut un silence tel que j'ai ressenti une véritable écoute de la part de l'assistance .

Ecrit  durant une nuit blanche , alors que je vivais encore seul , je l'ai clôturé à cinq heures du matin. C'était comme une nécessité .

Ce texte m''a donné l'envie d'écrire d'autre textes qui parleront de l'histoire familiale . Cette famille qu'a crée Antoine Gimenez ,mon papet ,mon ange gardien .
le rêve absolu serait un recueil de poèmes qui se nommerait "Campagnan" . Là encore , c'est comme une nécessité . Peut être parce que ma fille porte mon nom . Peut être parce qu'il faut savoir d'où l'on vient pour savoir qui l'on est .........et ce que l'on sera , plus tard .

Et , en plus , en lisant ce texte , mon propre pêre a versé une larme ......

L'écriture , même la poésie qui est un style si désuet , est une nécessité.



                                                                                                           à l'époque du fils ,

Loin du tumulte des hommes et de leurs guerres ,
le  vieux , maître du monde , sur son lopin de terre ,
veille sur sa vigne , espère le giboulée ,
et s'en fout du reste , s'en tape de l'humanité .

De sa besace , il sort un chiffon à carreaux ,
qu'il étale au sol . Il est à l'ombre du bouleau .
L'odeur du saucisson chaud s'échappe dans l'air ,
puis le litron et le jambon qui vont de paires ..
Sa main calleuse ouvre son opinel édenté ,
et l'essuie sur le tissu du pantalon usé ,
des deux cotés . Puis le papet rompt le bâtard .
Avec la lame , il améne en bouche le lard ..
C'est au goulot qu'il boit le rouge qui tache .
Sur le quignon , avale le cochon et mâche .

Le silence bruyant caresse la brise chaude .
Y a que son souffle qui vibre comme une ode .
Car il est le temps . Le papet a maté les dragons .
Il a harnaché , sous son joug , les quatre saisons
.
C'est de ses yeux que s'envolent les hirondelles .
Alors il faudra tailler les jolies pucelles ,
vierges de raisin . Il rassemblera les sarments ,
qui brûleront l'hiver , en cheminée , en crépitant .
C'est par sa peau tannée que s'échappe le printemps .
A cause du Mildiou , putain de vérole , vraiment !
il ira sulfater , la machine sur le dos ,
les pieds de souche , une à une , à la chaux .
Ses mains sont la source de la sécheresse
de l'été . Il verra éclore ses déesses .
Mais son oeil , enfoui dans une toile d'araignée
prie le ciel que la vendange soit sucrée .
Aujourd'hui , le raisin est mûr . Trop peut être .
Et l'espagnol espère une pluie légère .

     A force de donner son coeur à l'ouvrage , il casse
           et on ne peut maîtriser le temps . Tout s'efface .
     A force de labourer la terre , on meurt .
            Qu'importe , finir en terre est un simple bonheur .

                                                                                                              2003

Par benoit gimenez - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Lundi 8 juin 2009 1 08 /06 /2009 21:00
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                                                                                                                                                           A l'époque du fils ,



Charcutaille  et ventrèche , avec le café noir ,
sur la table , il est cinq heures à la comptoise .
Ensuite , Mamé range les bols dans l'armoire.
Les chevaux de Râ passent sur les ardoises .

Dans la voiture , il y a des cageots vides .
Au volant , papé chemine sur le sentier ,
en évitant les culs de poules , p'tites perfides...
et aller , tout droit ,vers la vigne de l'amandier .

Avec le froid matinal qui glaçe les joues ,
la terre calcinée crissait sous nos godasses .
Aujourd'hui , sûr , on s'égratignera les genoux ,
mais quel magnifique fierté d'aider son patriarche .

Avec cette curieuse manie de parler seul ,
son vieux capel remonté haut sur sa ganache ,
espagnol mélant français , degun comprenait l'aieul ,
sauf ses vignes , honorés d'un labeur sans relache .

Le bleue frais du ciel sourit le long des collines ,
et l'ombre de l'arbre disparait sous les ronces .
retroussons nos manches de tricot , courbons l'échine !
Car déja les vieux sont dans les rangs . Ils s'enfonçent .

-" La coupe en ceuille est nette , méticuleuse....!"
comme l'explique grand mère : -" Dans un premier temps ,
prendre les plus belles grappes , les plus juteuses ,
et égrenner les grains trop mûr , au ciseau , fermement.... !"

-"....Puis les mettre en cageot , sans les abimer .
Avec gout , choisir les trois plus beaux raisins ,
sur du papier crépon mauve , les déposer ,
et tout fagoter.....comme ceci.....un dessert divin !"

Impressionner par tant d'art , ma soeur et moi ,
tentons d'être créatif avec le fruit sanguin .
Mais , étant Hercule , cela ne me conviens pas .
Et , puis , c'est la brouette à bras ...mon destin !!


Aidé par l'engin ,crapahutant entre les souches ,
j'amène ces orfévreries à la voiture .
Aprés , avec précaution , en plusieurs couches ,
je les range et repart vite à l'aventure !

Les chevilles pleines de poussières , j'avance .
Malgré l'appel de l'amandier à être grimper ,
toutes ces cabanes à faire....avec vaillance ,
n'auront pas raison de moi . Je suis ouvrier !

Dans la cuisine , se cuira de l'escoubille .
Et , à midi , nous serons tous autour du manger .
Vorace , nous avalerons tout , sans gaspille ,
pour finir par une sieste , bien mérité .

                                                                                              2005          






Par benoit gimenez - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Jeudi 2 octobre 2008 4 02 /10 /2008 20:58
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                                                                                        A l'époque du grand père ,
 
Au sommet du petit pic , Baudille nous mate .
Le saint sait discerner le poète randonneur .                 
Alors lecteur , ensemble , clamons une sonate
en traînant en rime le long du fleuve rieur .

D'abord il y a Gignac , le fief de l'âne .
Sa vieille tour vibre encore de légende :
Profitant de la lune , de la tramontane ,
en silence , les Maures tentèrent la truande .
Mais Martin a braie " hi-han!" , réveillant les hommes
qui boutèrent l'assaillant à grand coup de souche .
La béte sauva Gignac , comme l'oie , Rome .
Chaque année est fétée l'animal farouche .

Ami , toi qui me lit , prenons le sentier .
En quittant les lourdes eaux noueuses de l'Hérault .
Prenons de l'ombre fraiche , sous les verts peupliers .
Sous ces arbres , s'envole une volée de Perdreaux .

Encore une comptine , l'empereur , dit-on
les a parsemé avec son céleste pouce .
Tout le long de la route , au doux diapason ,
des lourds silences nonchalant qui éclaboussent
.
Des feuilles qui frémissent sous les vents sauvageons .
Et Bachus a répandu sa bonne parole ,
du pied des grands arbres , jusqu'à l'horizon ,
offrant à cette terre une rouge aumône .

Caminons droit devant , compagnon de grole ,
la brindille dans la bouche , quittons Popian .
C'est dire si les alexandrins nous racolent
car les vers poussent dans l'air comme du chiendent .

A gauche du fleuve , Le pouget escalade
le sommet de sa p'tite colline exquise .
Emmêlé dans l'escargol , qu'on nomme circulade ,
les ruelles roulent de chaud jusqu'à l'église .
Canet jette son pont , sur le miroir de l'eau .
Sa ferraille oxydée craque sous Apollon ,
et quand Neptune joue de son violon alto ,
ses pieds ne rompent pas , malgré l'inondation .

Sur cette terre bénie , déambulons nos âmes ,
après Tressan qui disparaitra par delà son mont .
Avec une main dans la fouille , l'autre sur la canne ,
c'est la transhumance des mots que nous vivons .

Avec le café des sports , voici Belarga
ou le coude est le seul muscle qui travaille .
Les hommes , après le labeur , y font la java .
Prés de la mairie , hurle le fleuve qui braille :
ses eaux sont impatientes de voir la mer ,
si loin de la terre , de ce brulant pais .
Les femmes sont au four , prépare la bonne chair ,
espérant que le mari ne vide pas trop d'anis .

Mais , compagnon de route , voit les gars là-bas ,
qui vont à droite , trois espagnol de Murcia :
le père , son fils ainé et son autre garçon .
Ils s'arrêteront bien avant Saint Pargoire .
Ils s'arrêteront au village de Campagnan .
Ils s'arréteront pour y vivre leurs histoires .
Des pauvres bougres , riches de leurs mains , seulement .

Merci , ami , d'avoir parcouru le chemin ,
ce parcours en poésie , mon patrimoine .
Et suivons le plus jeune qui va au loin ,
il va vers son destin....il s'appelle Antoine ....


                                                                                                                                                                  2005




bréviaire :

Pic Baudille : mont de la moyenne vallée de l'Hérault .
Gignac , Popian , Le pouget , Canet , Tressan , Saint Pargoire , Campagnan : Village de la moyenne vallée de l'Hérault
Âne Martin : Animal Totémique du village de Gignac ( procession à l'ascension !)
Circulade : Urbanisation particuliére de certains villages occitans ( moyen age ) 
Pont de Canet : En ferraille
.... 
L'empereur : C'est napoléon 1er qui aurait demandé à planter des platanes pour que ses armées soient à l'ombre
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Mardi 9 septembre 2008 2 09 /09 /2008 04:15
- Publié dans : Campagnan

                                                                               
                                                                                           à l'époque du fils ,
                        

                                  

 
Sur le flanc du Pioch , entre terre et soleil ,
il y a une vigne bourdonnante de cigale ,
aux pieds noueux , épaisse , jaunie de vermeil ,
ou les hommes cueillent la récolte bacchanale .

les grosses grappes de raisin qui pèguent au doigt
tombent dans les seaux . Les sécateurs cliquètent vite .
Les dos brulent d'étre voutés . Tous sont aux abois .
Il fait si chaud . Le Mistral a une bronchite .

Et la colle avance , menée par ma mamet .
Devant les autres coupeuses , elle montre le train .
On voit , au loin , le clocher du village ondulé
ou le carillon de deux heures murmure au tocsin .

Et , par ses yeux tissés de rides , veille mon papet .
Du tracteur à la benne , il coupe , il vide .
Ce Grenache sera-t-il suffisament sucré ?
Car , ailleurs , le Cinsault , le Cyrah est trop acide ...

Sous la roue , l'eau et le rosée étaient au frais .
Je me souviens des Chènes entourés de Thyms ,
d' Espangassats , au pied des souches , qui nous grattaient ,
et du paternel riant de la blague du cousin .

Car nous étions tous là . Toute la famille .
Tous unis dans la douleur , la joie , la fraternité .
Mème mon batard de chien court et mordille
nos paletots sales avec sa gueule racée ...

Avec soeurette , jeune pousse à peine éclos ,
munis de nos bottes , nous pressions le jus rouge ,
dans la benne . Je la pousse en criant " Jéricho !"
pour tomber ensemble ,en riant de notre fougue .

Voila mes souvenirs qui se dissipent doucement ,
dans le chaud de mon coeur , pour une chaude saison . 
Au vendange que nous récoltions paisiblement ,
trinquons ! Buvons ! A la vigne du Pioch , couillon
!


                                                                                                                                         2004




Bréviaire :
Grenache , Cinsault , Cyrah : cépage encore en production dans l'Hérault .
Espangassat : type de mauvaise herbe 

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Mercredi 6 août 2008 3 06 /08 /2008 14:57
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                                                                                                                                     époque du grand père ....


Les pauvres squelettes sont endimanchés de leur peau .
Les misérables mastiquent des racines sèches .
La misère se branle de plaisir à fleur de peau ,
avec le soleil qui souffle cette sécheresse .

La terre est cuite . C'est un purgatoire .
Cette terre est gercée du sang des paysans .
Les os rongés des aïeuls craquent dans l'avaloir 
de leurs tombes . Les cyprès brûlent , incandescent .

Les cimetières se répandent à l'horizon .
Partout des croix noires . Partout du marbre noir .
Le ciel est rouge . La mer est d'un visqueux marron .
cette pute de famine assèche les crachoirs .

Andalousie , tu te souviens ? Cette époque
ou la mort se frottait les mains de tant d'affaires .
Porte de Murcia , rappelle toi ...le choc
de la charrette , bondée de cercueils : les artères
de la cité de Lorca était son théâtre .
Morbide spectacle . Étouffante atmosphère .
Les morts qui vivent encore sont secs et saumâtres .
Dieu a disparu . Les chiens sont cerbères .

L'Espagne dans un nuage de poussière .
Un désert dans un vivier de pauvreté sale .
Une misère qui pousse les pauvres ères
à émigrer loin de ces contrées infâmes .

Assis , le père Gimenez lit une lettre
du père Carvajal , parti loin du bourbier .
Il parle de la France , de son bien être ,
et du travail qu'il y a , si t'es pas un ramier .

il parle qu'il a pris du ventre à trop manger .
Qu'il a même un potager et une fontaine .
Et que , tant pis , si on n'est pas aimé des Français ,
les riches voient en  nous une sacré aubaine !

Ceux de Lorca , eux , voudraient nous voir tous crever .
Y a trop de bouche à nourrir , trop de crasseux .
La terre est stérile , son ventre déchiqueté .
Viens , Paco ,dans mon nouveau pays merveilleux .

Et Paco Gimenez qui a le ventre qui hurle ,
regarde sa femme maigre , ses enfants maigres .
Regarde son assiette pleine de sciure .
Ressent sa colère aigre , entend ses cris aigres .

Il faut partir pour sauver ma famille .
Il faut partir pour manger et sourire .

Partir pour la future génération .
Il faut s'enfuir .
Il faut partir .
Partons .




                                                                                                                                          2007



lexique :

Andalousie : Région espagnole
Porte de Murcia : Région espagnole ( dire OU à la place du U)
Ramier     : Occitanisme voulant dire faineant .
François Gimenez : Mon arriére grand père
Carvajal             : Famille amie des Gimenez

Par benoit gimenez - Communauté : Accueil et présentation
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c'est qui le tolier ?

  • : Benoit Gimenez (tôlier du bistrot des poèmes)
  • : Prendre un instant de vie et le sublimer afin de le rendre eternel. Parler de l'égout, du sud, des bistrots, et de sensualité aussi. Le tout saupoudré de poésie...

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