Partager l'article ! Voyage en ballon: C’est le conte d’un pochetr ...
Le bistrot des poèmes...
les mardis, au bistrot, l'on vous sert en poésie, du goulot jusqu'en vers.
C’est le conte d’un pochetron, arrimé au comptoir.
En marin d’eau rouge, il tangue comme la mer.
C’est Œdipe qui le pousse aux rafraîchissoirs,
De boire à voir trop de vagues à l’amer.
Son énorme pogne porte le verre de vinasse,
Vers son détroit aux dents jaunes de tabac.
Il marinera, bien après la terrasse,
Ou le bitume est d’un bleu de panama.
Au Balto, il mâte Bertha, aux gros nichons gras.
Dans ses bourrelets, il s’y enfouirait dix ans.
Sa soif de grand large vide le Syrah,
Et, d’un trait, s’enfuit dans le vert de l’océan.
Le sel de la liberté sur sa bouche iodée,
Il ressent l’amertume d’une mer en colère.
Il s’écrase dans les vagues puis c’est l’envolée
Avec dieu et les mouettes. Il se régénère !
Un flottement. Le vacarme tumulte déchaîné
Se transforme en un brouhaha de gros mots.
Des tintements aigus, des râles de gosier
L’arrachent de la proue de sa Calypso.
Le bistrot revient à terre et le vin mauvais
Brûle ses chimères. Il y a trois sirènes,
Au fond du bar, qui chantent une mélopée
Du plus vieux métier… vocalise obscène.
Il se bouche les oreilles, s’attache au comptoir.
De l’autre coté, un borgne le dévisage.
Il crèvera l’œil à cet immonde salopard !
Ô pinard ! Porte-moi loin de ce rivage !
Mais la marée s’est retirée dans ses pénates.
le mérite maritime n’est plus qu’un picrate,
Qui coule dans la gorge d’un piéton client.
Et le troquet est trop ancré dans l’asphalte.
Bâtiment et capitaine sont trop écarlate.
Y a qu’une fontaine sur la place. Pas d’océan.
Son rêve s’évapore dans les embruns de clopes.
Plus d’Eden. Pénélope est une salope.
« - patron ! Remet ! Y a plus d’alcool dans mon sang ! »
2010
Bonjour, finalement je le trouve triste ton texte avec cette d'homme, étalée sur le bitume fut-il bleu.
L'alcool et ses méfaits, l'alcool qui anéantit l'homme, en étant une porte de sortie, vers un meilleur utopique.
merci de ce partage, patron un café siou plait.
bonne journée.
C'est en effet un poème triste voir méchant....Le seul moment de bonheut réside sur une bateau imaginaire. 4 vers....L'alcool, fait des ravages...j'ai tenté de montrer que l'alcool n'améne pas la nostalgie mais beaucoup de haine et trés peu de bonheur....De plus, je tente une corrélation avec le voyage d'Ulysse. Mais, voila mon pêrsonnage si méchant et alcoolique n'est pas ulysse....Il est difficile de mettre en rîmes des émotions négatives. Pas celle des nostalgies, mais bel et bien une véritable émotion noires mis en avnt par un personnage aussi noir...Peut-on faire du beau avec du laid? la réponse est oui quand on est poète. Mais l'exercice est trés difficile.....à trés bientôt
Incroyable ce que l'imaginaire de l'alcoolique peut rêver !! bien imaginé !! bravo Benoit tes mots me fascinent ....bonne semaine et à mardi prochain !! biz
Ton compliment me touche trés sincérement. L'alcoolique, graçe à l'alcool, peut imaginer une multitude de choses. C'est d'ailleurs le but de boire beaucoup. Mais cette imagination est rarement belle ( 4 vers dans le texte), et , presque en totalité noire et mauvaise.....Quand on voyage avec un ballon de rouge on ne rencontre jamais la même destinée que celle d'Ulysse...merci pour ton passage. Je me répete peut être mais ton commentaire m'a réellement touché...à trés bientôt
Tu as beaucoup de talent Benoit pour décrire ce naufrage
personnelement j'ai horreur de l'alcool et tout ce qu'il engendre mais cela ne m'empêche pas te te dire que c'est fort bien écrit
bonne journée
Justement, j'ose espérer que ce texte est écrit pour des lecteurs et lectrices tel que toi: ceux qui déteste l'alcool....Car l'alcool est detestable et ce personnage si haineux est un exemple parfait du naufrage de l'alcool.....Un peu de bonheur pour beaucoup trop d'image haineuse et agréssive....Ce texte se veut faire detester le pouvoir de l'ivresse...merci pour ton passage et ton si joli commentaire qui m'a tant touché....à trés bientôt sur le ton blog. J'ai hâte de te lire
Tout au long de ma lecture j'avais ce petit goût de Jacques Brel et de sa chanson "Amsterdam", à laquelle ton écrit m'a fait penser...
Même "grivoiserie" agréable et sans vulgarité et tes jeux de mots toujours aussi subtils !
Bravo Benoît. Cela valait le coup d'attendre...
Bonne journée,
Cathy.
la correspondance avec ce génie de belge est plus qu'il n'en faut pour me toucher au coeur. Merci pour ce commentaire si sympatique....J'ai tenté d'être le moins vulgaire possible pour un moment d'une rare violence et d'une exeptionnelle vulgarité. C'est pourquoi j'ose les gros mots. Il ya aucune sympathie à avoir pour ce personnage qui s'ennivre pour un simple instant de bonheur, alors que tout le périple pour atteindre cet instant n'est fait que de violence, de haine, mysoginie...etc....Je tente, trés chére Cathy, de faire du vers avec les pires bas instincts de l'homme. Créer une harmonie dans les mots pour décrire le naufrage et la haine.....L'exercice est difficile, trés...Et, je dois t'avouer, apprécier tout particuliéremnt tes propos sur mes jeux de mots...que je tente de faire précis et inattendu...merci pour ton passage et à trés bientôt sur ton blog...amitié...benoit
Bravo Benoit. J'ai lu les précédents commentaires et moi aussi, j'ai pensé à Amsterdam de Brel. Pour moi, il n'y a pas de mal de s'inspirer des pires vices de l'être humain pour faire de la poésie. Ce n'est pas un article scientifique ni moral sur l'alcoolisme, bien évidemment. "Je suis un homme et rien de ce qui est humain ne m'est étranger" disait le poète latin Terence, et à ce titre, tous les sujets sont bons. A mon avis, le lecteur est suffisamment adulte pour savoir si consommer de l'alcool en abondance est bien ou mal. Ce qui compte, en poésie, c'est l'envoûtement du poème, le plaisir d'entrer dans son monde, l'extase amoureuse, les émotions qu'il nous fait vivre, les images, les couleurs, le rire, le sourire... Et dans "Voyage en ballon", rien que le titre recèle déjà de l'humour. Sans parler de la chute finale! Encore bravo! Je t'embrasse. phélie
merci beaucoup, ophélie. j'apprécie tes écrits car il me semble que l'on se comprend dans nos mots....tes écrits sont une vrai hymne à l'amour et si j'avoue prendre du plaisir à lire tes écrits érotiques, je suis vraiment trés amoureux de tes poèmes. car j'aimerai parler d'amour comme toi tu en parles, j'en suis incapable. par contre, je crois que tu apprécie mon univers et j'en suis réjoui.....à une toute prochaine fois.