Partager l'article ! Deux objets: Fusain de David Myriam link Ville So ...
Le bistrot des poèmes...
les mardis, au bistrot, l'on vous sert en poésie, du goulot jusqu'en vers.
Fusain de David Myriam link
Ville
Sous l’arche étoilée d’une nuit sans lune,
Un crépuscule s’étiole en rouge nocturne.
Des nuages s’enroulent aux fumantes cheminées
D’une ville qui dort, repu du bruit des pavés.
Les trottoirs, tortillant de mélancolie,
Rêvent du jour ou elles prendront le maquis
En cheminant là où se cueille l’écume
Aux parfums iodés, sous soleil de brume.
Au fond de l’impasse, dans l’odeur des poubelles,
Un ficus en pot, perdu dans sa coupelle,
Regarde, de son balcon, une porte cochère.
De ce peu de vert dans l’immense bitume,
Vers le ciel absent et muet d’amertume,
Frétille dans l’espoir de retrouver sa mère.
Campagne
Sous l’astre au zénith, suintant de canicule
Une journée s’évapore au son du pendule.
D’une brûlante torpeur dégoulinant sur la terre,
Une campagne s’essouffle à narrer ses misères.
Les sentes, gercées par la sussions du soleil,
Rêvent d’être foulées par un millier d’orteil,
Que les hommes viennent faire un tour par ici
Pour que la vie remplace ce sentiment d’oublie.
Une estafette, sans pneu ni portière
Rouille, vautrée, au fond d’une ornière
D’un champ en friche, boursouflée de frelons.
Bourdonne une nationale mais si loin,
L’épave écoute en un éternel chagrin
Rêvant d’un chemin avec un peu de goudron.
2011
bonjour, j'aime bien le parallèle entre ces deux objets abandonnés, l'objet végétal à la ville, l'objet citadin dans la végétation, le tout sur une même "musique". à bientôt, claire
Quand apparait deux sonnets dans ce blog l'un contre l'autre, la musique est identique pour les deux...souvent le même format de texte et les mêmes ponctuations avec les adjectifs, verbes, sujets, souvent au même endroit. Cela m'amuse beaucoup d'écrire un même texte avec deux idées totalement opposé....Je suis trés heureux que tu es remarqué cette démarche d'écriture...parce que ça prend du temps....a trés bientôt claire
Bonjour Benoit
un petit coucou, et dire que tes textes sont jolis bien que deux pôles opposés soient ici décrits, disparité entre les deux
je ne suis pas certaine que la campagne souhaite le piétinement de mille orteils, elle est trop fragile pour les supporter
bonne journée amitié
Certes, vénusia. Toutefois, l'idée demeure celle de la solitude et que peut-on accepter pour n'être plus seul. Prêt à tout saccager? C'est l'idée du deuxiéme texte. j'essaye toujours dans mes textes de mettre plusieurs lectures ( comme toi d'ailleurs) et c'est pourquoi j'écris si lentement....Merci en tout cas pour ce jolie compliment et tes commentaires toujours constructifs dans mes reflexions de poéte
Bravo Benoit. Il y a vraiment de belles images dans tes deux poèmes. En plus, j'aime beaucoup la manière dont tu prêtes pensée et conscience à ces pauvres êtres qu'on relègue à l'état de détritus dans notre société d'hyperconsommation, je veux dire le ficus en pot et l'estafette rouillée. J'y vois une image de l'exclusion… Je t'embrasse.
Tu vois juste comme toujours, trés belle Ophélie...c'est en effet le message que je souhaitais faire passer et l'impossibilité de solutionner cette sensation de solitude tant la vie autour ne veut pas aider l'exclu. Certes, les images sont bucoliques ou urbaine mais l'esprit est le même. il n'est guére utile de parler directement pour que l'émotion ne soit pas identique. c'est en tout cas ma tentative dans ces deux sonnets.
poésie quand tu nous tiens, tu nous asphaltes...!! :o))
douce nuit à toi (aujourd'hui j'ai failli poser mon pied (chaussé certes) sur le bitume encore fumant...!)
Fais trés attention à toi, le bitume a de la rancune!!!!! a trés bientôt