Le bistrot des poèmes...
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Dans les boueuses entrailles des métropoles,
voisins des métropolitains, un lourd symbole
s’impose : celle d’une humanité inversée .
L’image argentique d’une négativité .
La lumière du jour à la nuit d’un égout .
Des fleuves nourriciers à des canaux de gadoue .
Des avenues de vie à des méandres d’eaux mortes .
La société des hommes à des rats en cohorte .
L’atmosphère pur à l’air vicié de maladie .
Du vacarme tonitruant au silence alanguie .
Nous rejetons, dans l’égout, ce qu’on ne veut plus,
et l’adage prend de sales entournures méconnues .
Certes l’urine et la matière fécale
s’écoule pour, plus tard, l’épuration finale .
Mais, aussi, clefs de bagnoles et des larfeuilles,
des sacs arrachés, puis jetés, par le mauvais œil .
Des vibromasseurs, des milliers de capotes,
comme quoi, ça se protége quand ça se tripote .
Des bouteilles de gaz, des pneus de voitures,
dés fois, trucs auquel les brocanteurs carburent .
Pas de caïman, dans nos ténèbres tricolores .
Légende immigrées de Miami …..Et, encore ..
Des bestiaux de zoo, c’est vrai, les ont emprunté,
à la crue centennale, durant les folles années .
Par contre, les nouveaux animaux de compagnie,
Boas, Pythons, reptiles et autres saloperies
se faufilent si est ouvert le battant de chiottes .
Là, c’est le paradis en bouffe et en barbotte .
Ceux qu’on ne veut plus, nous le rejetons dans l’égout,
Et la maxime prend un élan profond de dégoût .
Lors de sa première descente en ouvrage,
Un collègue ,fasciné par cet obscur paysage,
Cheminait, en tête d’équipe, dans les eaux usés .
Sa lampe de casque éclairait un fond de buée .
Au détour d’une intersection, il aperçu,
Le contour d’un ballon de baudruche tordu,
De teinte violacé, qui obstruait l’écoulement .
Il prit conscience, alors, des appendices ballants :
Des excroissances comme des bras, des pieds
Comme une tête avec des yeux exorbités .
D’un linceul de merde, une petite grand mère
s’était enveloppé . Mon pote a vomi parterre.
Vivante, la gisante faisait cinquante kilos .
Un long séjour ici bas.. cent vingt… pleine d’eau .
La dame avait fui sa maison de retraite,
trop de solitude, mais n’avait plus trop de tête,
Alors, elle s’est perdue et à chuté dans le fleuve .
L’absence des siens est la plus terrible épreuve .
Après vingt ans de maison, Didier est aguerrie
à toutes les situations, à tout les soucis .
Quand il faut déboucher, il tape dedans violement .
Il rechigne jamais à la besogne. Il est vaillant .
A la pelle, et s’il le faut, avec ses pognes,
parce que le fécal colmate, sans vergogne .
Le colombin a une texture d’argile molle,
Il a l’habitude de cette sensation drôle .
Il glisse sa main au fond et ramène le tout,
Vers l’avant . Hardi, il y va l’ancien du trou .
C’est alors qu’il entraîne un machin spongieux .
Un sale truc pas normal, il devint soucieux .
Entre ses gants, il y avait un bébé pas formé,
un fœtus, avec un corps tout désarticulé .
J’imagine que vous pensez que j’exagère,
pourtant, Je bosse avec ces deux compères .
Et des histoires comme ça, on m‘en raconte .
Pléthore . Des contes ou l’homme est une honte .
L’égout est le rejet d’une humanité déchu,
Ou l‘on déverse, ce, ou ceux, que l’on ne veut plus .
2009
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