Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 05:00
- Publié dans : Les chemins usés






Dans les boueuses entrailles des métropoles,

voisins des métropolitains, un lourd symbole

s’impose : celle d’une humanité inversée .

L’image argentique d’une négativité .


La lumière du jour à la nuit d’un égout .

Des fleuves nourriciers à des canaux de gadoue .

Des avenues de vie à des méandres d’eaux mortes .

La société des hommes à des rats en cohorte .

L’atmosphère pur à l’air vicié de maladie .

Du vacarme tonitruant au silence alanguie .


Nous rejetons, dans l’égout, ce qu’on ne veut plus,

et l’adage prend de sales entournures méconnues .


Certes l’urine et la matière fécale

s’écoule pour, plus tard, l’épuration finale .

Mais, aussi, clefs de bagnoles et des larfeuilles,

des sacs arrachés, puis jetés, par le mauvais œil .

Des vibromasseurs, des milliers de capotes,

comme quoi, ça se protége quand ça se tripote .

Des bouteilles de gaz, des pneus de voitures,

dés fois, trucs auquel les brocanteurs carburent .

Pas de caïman, dans nos ténèbres tricolores .

Légende immigrées de Miami …..Et, encore ..

Des bestiaux de zoo, c’est vrai, les ont emprunté,

à la crue centennale, durant les folles années .

Par contre, les nouveaux animaux de compagnie,

Boas, Pythons, reptiles et autres saloperies

se faufilent si est ouvert le battant de chiottes .

Là, c’est le paradis en bouffe et en barbotte .


Ceux qu’on ne veut plus, nous le rejetons dans l’égout,

Et la maxime prend un élan profond de dégoût .



Lors de sa première descente en ouvrage,

Un collègue ,fasciné par cet obscur paysage,

Cheminait, en tête d’équipe, dans les eaux usés .

Sa lampe de casque éclairait un fond de buée .

Au détour d’une intersection, il aperçu,

Le contour d’un ballon de baudruche tordu,

De teinte violacé, qui obstruait l’écoulement .

Il prit conscience, alors, des appendices ballants :

Des excroissances comme des bras, des pieds

Comme une tête avec des yeux exorbités .

D’un linceul de merde, une petite grand mère

s’était enveloppé . Mon pote a vomi parterre.

Vivante, la gisante faisait cinquante kilos . 
 Un long séjour ici bas.. cent vingt… pleine d’eau .

La dame avait fui sa maison de retraite,

trop de solitude, mais n’avait plus trop de tête,

Alors, elle s’est perdue et à chuté dans le fleuve .

L’absence des siens est la plus terrible épreuve .




Après vingt ans de maison, Didier est aguerrie

à toutes les situations, à tout les soucis .

Quand il faut déboucher, il tape dedans violement .

Il rechigne jamais à la besogne. Il est vaillant .

A la pelle, et s’il le faut, avec ses pognes,

parce que le fécal colmate, sans vergogne .

Le colombin a une texture d’argile molle,

Il a l’habitude de cette sensation drôle .

Il glisse sa main au fond et ramène le tout,

Vers l’avant . Hardi, il y va l’ancien du trou .

C’est alors qu’il entraîne un machin spongieux .

Un sale truc pas normal, il devint soucieux .

Entre ses gants, il y avait un bébé pas formé,

un fœtus, avec un corps tout désarticulé .




J’imagine que vous pensez que j’exagère,

pourtant, Je bosse avec ces deux compères .

Et des histoires comme ça, on m‘en raconte .

Pléthore . Des contes ou l’homme est une honte .

L’égout est le rejet d’une humanité déchu,

Ou l‘on déverse, ce, ou ceux, que l’on ne veut plus .


                                                                                                                      2009

Par benoit gimenez - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Commentaires

Et pourtant, et pourtant mon cher Taulier...
Vous souvenez vous de la Charogne Baudelairienne ?
Il est des paysages méphitiques, troublant la vue, étourdissant les sens.
Pourtant, prenez garde à ne laisser aucune humeur ternir votre acuité : la vraie, celle qui vous déglace les tripes !
Car, il n'est que parmi les immondices, parmi l'absence de vertu, là où  toute morale est impropre, là où la chair humaine pensante n'est qu'accident, que l'homme, dans son absence de majuscule, se prélassant dans la fange de l'ignoble, reste homme : créature d'horreur, et d'une si révoltante horreur, que cette horreur, parfois, est d'une imparable beauté : celle de vos vers témoignés.
Et parce qu'elle est belle cette horreur, elle est humaine ; génère la paix, la tranquilité, le bonheur.
Salutations.
Commentaire n°1 posté par Diariste le 15/12/2009 à 10h40
Vous avez trés exactement raison . La merde n'est elle pas engrais ? la vie végetale et aussi animale ont nécessité de caca pour vivre et grandir . Il est vrai que ce poème, un peu moralisateur, est le ressentiment aigre de ces deux affaires qui ont fait grand bruit dans mon univers professionnel . je n'ai pas été dans les équipes de ces deux affaires, mais les regards de mes camarades m'ont suffit . je promet, pour la suite, tenterde dégraisser l'humeur pour en tirer la substantifique moelle . Merci encore pour votre commentaire, encore une fois, tout simplement magnifique ! merci pour votre fidélité,je suis sincérement touché ....A bientôt, ami de dérriere .
Réponse de benoit gimenez le 17/12/2009 à 05h28
L'homme s'inverse
L'homme se déverse
L'homme se renverse
 tombe tel une averse
Commentaire n°2 posté par kok37 le 15/12/2009 à 10h47
trés jolie, heureux que ce texte difficile t'es inspiré . Merci de ta visite et ton commentaire . A bientot
Réponse de benoit gimenez le 17/12/2009 à 05h16
c'est noir, trop noir je préfére les vers un peu plus légers et affriolants
Commentaire n°3 posté par heidi le 16/12/2009 à 20h06
Cher heidi, les vers ont le poids que l'on décide, c'est vrai . J'écris à la plume aussi, il suffira de parcourir le bistrot . Mais tout est, hélas, rigoureusement vrai . Mon travail d'égoutiers ( électromécanicien en assainissement )me prouve réguliérement que je peux jouer au pamphlet avec mes vers d'amateur . Merci beaucoup pour ta visite et ton commentaire .A bientot dans mon rade
Réponse de benoit gimenez le 17/12/2009 à 05h20



L'égout est partout mon frère,
On y trouve même nos pairs,
Je dis, même en hurlant, surtout, 
La vie s'en fuit sans savoir où.
Je pleure.

L'air qui est nôtre n'est que fétide, 
Et de notre espoir intrépide, 
On hume le pourri de nous mêmes, 
Que l'on impose en vile haleine.
Je vomis.

La main que parfois l'on veut tendre,
Offre la lèpre et se méprendre, 
Nous est une habitude infame, 
A nous, trop inconscient quidam.
J'arme, 

Quand on sait ou qu'on croit savoir
Que chaque jour est désespoir   
Alors on fait parler la poudre,
Parc'que tout çà on ne veut sourdre.
Je tire.

Un jour dans bien trop de ce temps, 
Je sais que loin de ces  tourments, 
Mon âme se réincarnera, 
En l'égoût  qui lavera çà.
Je vis.

Ton image de foetus m'a  boulversé mon Frère.
Tu dois savoir cela.

Que la vie te soit douce, qu'elle brumise la pousse qui est en Toi.
A ton nuage.

liedich.

Je t'ai newsé,désolé.

Commentaire n°4 posté par liedich le 18/12/2009 à 23h10
Comment peut-on faire d'un simple commentaire, une merveille de poésie !Liedich, tu es un des plus fertiles poétes vivants .L'histoire du foetus est hélas, véridique comme la premiére des histoires . chacun des textes de ce blog sublime un histoire vrai, éternise un simple instant de vie ....C'est en tout cas le but . Liedich, tu es dans mes pensées chaque jour, les articles parlant de toi, sont long à venir . je le regrette, je suis trés lent . Liedich,, tu es généreux de tes vers, entier dans tes coups de coeur . Heureusement que ce n'est pas des coups de pieds que tu donnes....de par cet intensité, tu tuerai . amitié, affection...le taulier
Réponse de benoit gimenez le 19/12/2009 à 13h42

Quand j'avais à peu près cing ans, j'avais peur de poser mon derrière sur la toilette qui, pourtant, brillait de propreté javellique. J'imaginais, qu'un monstre vivait au fond et n'attendait qu'à me croquer les fesses. J'ai dû avoir un vague préssentiment de cet im-monde innondé que nous laissons... derrière.

Maintenant, je vois que ce merdier nous remonte jusqu'à la tronche (ne pas faire de vagues - s.v.p. !). Ce n'est pas un monstre croqueur, mais un ingloutineur, et pire encore, il est... NOUS !

Commentaire n°5 posté par Petra le 22/12/2009 à 13h25
l'égout est une riviére morte ou les âmes sont en peine quelquefois ....mais c'est un lieu de travail qui me convient tout à fait . Ou l'amitié est plus forte car le danger plus present . Ou le professionalime est aussi de mise ....Ce poème pamphlétaire, un peu, ne doit pas faire oublier la nécessité de l'égout . Et je vais m'en charger dans les prochains textes ! Je suis autant taulier, qu'un égoutier poète ! En tout cas c'est le titre de l'article qui va appaaraitre bientot dans le journal des fonctionnaires du val de marne ! cool
Réponse de benoit gimenez le 23/12/2009 à 05h46

c'est qui le tolier ?

  • : Benoit Gimenez (tôlier du bistrot des poèmes)
  • : Prendre un instant de vie et le sublimer afin de le rendre eternel. Parler de l'égout, du sud, des bistrots, et de sensualité aussi. Le tout saupoudré de poésie...

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