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Le bistrot des poèmes...
les mardis, au bistrot, l'on vous sert en poésie, du goulot jusqu'en vers.
photo de Armide www.pistol-boule-bringe.overblog.com
Le métro des vendeurs de quequettes en plastique.
Ici, la nuit toutes les piles bourdonnent.
C’est Pigalle.
Là où la gaule fait la nique
A tous les seins des saintes patronnes.
C’est le quartier des rosa-é déflorées.
Pas la déclinaison de rose en génitif latin !
Non.
De ceux comme l’italien de la rue Duperré,
Qui a ses génitales déclinées en vilebrequin.
C’est à Blanche
Qu’on perd toujours quelque chose !
D’abord, tout ton pognon à rentrer dans les bouges,
Ou bougent les résilles des filles à mycoses.
Ou quand tu paye pas, tu saignes tout rouge.
Dés fois, tu peux virer, aussi, toute ta cuti
Vu que sur un malentendu t’aurais pas vu
La pomme d’Adam du monsieur qui,
Par magie,
Est devenue Eve, la coquine ingénue.
T’y abandonne facile ta virginité,
A Blanche.
De jeunes Gugus vagabondent
En cherchant les tarifs de passe,
l’honneur courbé,
Pour, qui sait, conquérir l’origine du monde.
Ici, il y a le chant du serin,
Qui fait zip,
Quand un tatoué le sort de son paletot.
Quand le Chachacha du Beretta étripe.
Ici, on aime la musique du craquage de dos.
Pigalle.
Sa bouche de métro porte du Gloss gris,
Avec un peu de rouille dans les courbures.
Et une foule de gens en sort,
Surtout la nuit,
Et se fait ventiler par moulin et voitures.
A Blanche,
Les hommes seuls baissent le regard.
Les couples d’amoureux se tiennent la main.
Les potes trinquent à ne pas être triquard,
Rêvant,
A la femme facile du matin.
Et,le bal des camions benne,
à six heures,
avale,
en baillant,
dans un boucan de verre.
Les néons criards jettent,
tout autant,
leurs couleurs.
Ça sent,
Toujours,
L’huile et la bière.
Y aurait bien une odeur de café…
Mais, sinon, ça s’arrête jamais…
A Pigalle et à Blanche,
Y jamais de Dimanche.
2010