Partager l'article ! Les languedociennes: peinture de Kees van dongen ...
Le bistrot des poèmes...
les mardis, au bistrot, l'on vous sert en poésie, du goulot jusqu'en vers.
peinture de Kees van dongen
Les belles muses séduisent, au bal musette,
Les gonzes qui, en lèvres, coincent leurs cigarettes.
Et, quand embrayent les nacres de l’accordéon,
La musque s’immisce jusque sous les jupons.
Oh, oui ! Frémissez, sur le parvis de l’église,
Puis qu’on vous invite pour devenir promise.
Du mauvais garçon à l’honnête ouvrier,
Il est temps de se marier. Alors, dansez ! Dansez !
Les femmes s’enflamment, au bal du village,
Comme pour dire que tout est bien en ménage.
Et, quand gémit en vibrato le branle poumon,
Y a de l’un, deux, trois, sous les lampions.
Valsez avec vot’conscrit qui s’en va-t-en guerre,
Ou vot’gigolo qui t’aime tant sous le réverbère !
Du déserteur de peine au premier à marcher,
Il faut faire des bébés. Alors, dansez ! Dansez !
Les belles mamans se trémoussent au balloche,
Pour oublier que c’est vide dans les poches.
Et, quand souffle le piano à bretelle,
Elles trottinent dans leurs robes en flanelle.
La java s’en est allée à la guillotine
Ou s’en va guinchée sous l’arche de l’usine.
De l’ombre du couperet aux pépins d’atelier,
Il faut tenir le foyer. Alors dansez ! Dansez !
Les veuves végètent sur la place de la ville,
Rêvant d’un bal à la place des automobiles.
Depuis que le soufflet à punaise est percé,
Les sons du soliste sont en sous-sol de six pieds.
Votre envie de tourbillonner est intense
Mais les nuits de printemps sont au silence.
De l’exode des enfants au maris enterrés,
Y a toujours cet air en tête. Alors, Dansez….
2011