Partager l'article ! Le repas du maitre: Le repas du maître Loin des tumulte ...
Le bistrot des poèmes...
les mardis, au bistrot, l'on vous sert en poésie, du goulot jusqu'en vers.
Loin des tumultes des hommes et de leurs guerres,
Le vieux, maître de son lopin de terre,
Veille sur sa vigne, espère la Giboulée,
Et s’en fout du reste, s’en tape de l’humanité.
De sa besace, il sort un chiffon à carreau
Qu’il étale au sol. Il est à l’ombre du boulot.
L’odeur du saucisson chaud s’échappe dans l’air.
Il sort le litron et le jambon qui vont de paire.
Sa main calleuse ouvre son opinel aiguisé
Et l’essuie sur le tissu du paletot usé,
Des deux cotés. Puis le papet rompt le bâtard.
Avec la lame, il amène en bouche le lard.
C’est au goulot qu’il boit le rouge qui tâche.
Sur le quignon, gobe le cochon et mâche.
Sur le silence brûlant de sa terre fertile,
La respiration du vieux maître vibre.
Il est le diapason. Il a maté les dragons.
Il a dressé, sous son joug, les quatre saisons.
De son regard d’aigle s’envole les hirondelles.
Il taillera les souches, ses jolies pucelles
Vierge de raisins. Il rassemblera les sarments,
Qui brûleront l’hiver, dans l’âtre, en crépitant.
De sa peau tannée s’échappe les rossignols.
A cause du mildiou, putain de vérole,
Il ira sulfater, la machine sur le dos,
Les pieds des ceps, une à une, à la chaux.
De ses énormes pognes s’évade le soleil.
Fin d’été, sa terre, dans une robe en vermeil,
Donnera le sein d’argile à ses déesses,
Redoutant les gerçures de la sécheresse.
L’œil du vieux, dans une toile d’araignée,
Prie, au bleu du ciel, des vendanges sucrée.
Aujourd’hui, le raisin est mûr, trop peut être.
Le paysan souhaiterait une pluie légère.
De donner son cœur à l’ouvrage, il casse.
Qu’importe, l’important est d’aimer sa tâche.
De donner son âme à la terre, on meurt.
Qu’importe, la fertiliser est un honneur.
2008
Campagnan
salut
il y a du rousseau dans ton introduction mais cela change aubout de quelque ligne et je m'y retrouve mieux . c'est un bien joli portrait plein de caractère . Je l'aime bien ton vieux . je n'est pas de champs de pieds de vignes mais quand je m'echine sur mon lopin , il y a un peu de cette impression d'appartenir à l'univers et et d'en être un rouage ,Enfin un tout petit rouage .Cela rend humble ,peu être est -ce quimanque à tous ces grands econimistes juste remettre les mains dans la terre , pour comprendre que ce qu'elle donne elle le fait toujours payer par de la sueur.
bonne journée manu
je crois, en effet, qu'un stage dans la terre ferait grandbien à tous nos dirigeants! Car l'essentiel est la! quand au debut, je ne connais pas rousseau du tout, je ne sais pas ce qui lui ressemeble donc...toutefois, c'est l'impression que j'ai toujours quand j'étais sur mon lopin de terre...le reste du monde, je m'en tape! merci d'avoir aimé ce petit vieux que je t'aime tant et qui me suit tout le temps...
Un bien bel hommage à ce viticulteur , tous ceux qui ont une vigne aiment leur terre, la vénèrent , la bichonnent ... je partirai bientot dans le pays du Champagne , il coulera à flot pour les Paques !! Bonnes Paques Benoit biz
merci marie christine....il n'aimait pas bien ce mot de viticulteur....il se disait paysan! car, m'avais-t-il dit, si il avait dans une autre region de france, il aurait fait autre chose...l'amour de la terre ne s'arréte pas à l'amour du raisin...merci pour ta fidelité...je ne peut pas trop venir vous voir tous, car en vacance depuis quelque temps et ce jusqu'a la fin de semaine...
Bonjour,
une lecture agréable, que j'ai faite une seconde fois à voix haute et qui "coule" bien, comme le vin futur de votre personnage. D'un mardi à l'autre, j'avais envie de vous dire de ne jamais oublier que l'écriture est liberté. à mardi prochain, Claire
merci pour ce trés beau compliment...votre remarque est trés sensé...je me dois de la retenir...je suis en vacance depuis un moment et encore jusqu'a la fin de semaine...je viendrais vous voir dés mo retour
sourire au bec je rêve tu as décris mon voisin!!! et oui de la fenêtre de ma chambre champs de vignes a perte de vu (au moins je n'achete plus de raisins) ton texte me rapelle les vendanges ou la vie de mon village semble vivre a l'unisson avec la vigne, j'y est passée plus d'un mois avec mon sécateur et des rigolades avec mes compagnons de labeurs, d ailleurs c'est là ou je me suis familiarisée avec le language d'ici ..."et la pek ! kiche moi ce sceau que ca pègue de partout" sans parler de mes vols planés dans la baine grrr bref ce poème je l'aime beaucoup !
désolé pour le retard j'étais en vacance....merci pour ce commentaire qui me donne plein de souvenirs aussi....j'ai pratiqué les vendanges de longues saisons dans mon village natal...au moins cinq fois, il me semble....le dos déguste mais la joie et la bonne humeur sont aussi de la partie...tous les mots que tu sites sonnent à mon oreille comme un dous refrain.
beaucoup de tendresse dans tes mots.
une vie qui s'écoule doucement
boulot non bouleau oui
bises et bonne soirée
c'est un petit jeu de mot...car il n'y avais de bouleau dans les vignes de mon grand père...bref, me voila de retour de vacance...je vais essayer de reprendre ce blog de main de maitre....à trés bientôt sur le tien.
Très beau poème, en forme de portrait d'un homme qui fait corps avec sa terre dont il est issu et qui y retournera. C'est un bel hommage à cette humanité rurale dont nous sommes tous issus et qui disparaît lentement. Plein d'observations justes et sensibles qui me touchent. Je t'embrasse Benoit. Ophélie
merci beaucoup, ce poème est mon preferé de tous ce que j'ai écrit...car il parle d'un être trés cher à mes yeux...car sa vie, ses principes de vie sont un peu mien...ce texte a d'ailleurs été l'objet d'une mise en chanson par un cousin dont le personnage principal du poème est aussi son grand pêre
Magnifique hommage
Chez moi en Normandie, pas de vigneron mais des paysans et ce poème me rappelle les vieux de mon enfance qui vivaient avec le temps et savaient le prendre comme il venait
Ce vieux à moi est tout simplement mon papet...c'est une description fidele de sa personne à l'ombre d'un peuplier ( veritablement, mais le jeu de mots m'avaient plu avec boulot et bouleau) pendant sa pause gamelle....il avait ses pensées là durant sa pause.