Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 10:54
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

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Le repas du maître

 

Loin des tumultes des hommes et de leurs guerres,

Le vieux, maître de son lopin de terre,

Veille sur sa vigne, espère la Giboulée,

Et s’en fout du reste, s’en tape de l’humanité.

 

De sa besace, il sort un chiffon à carreau

Qu’il étale au sol. Il est à l’ombre du boulot.

L’odeur du saucisson chaud s’échappe dans l’air.

Il sort le litron et le jambon qui vont de paire.

Sa main calleuse ouvre son opinel aiguisé

Et l’essuie sur le tissu du paletot usé,

Des deux cotés. Puis le papet rompt le bâtard.

Avec la lame, il amène en bouche le lard.

C’est au goulot qu’il boit le rouge qui tâche.

Sur le quignon, gobe le cochon et mâche.

 

Sur le silence brûlant de sa terre fertile,

La respiration du vieux maître vibre.

Il est le diapason. Il a maté les dragons.

Il a dressé, sous son joug, les quatre saisons.

 

De son regard d’aigle s’envole les hirondelles.

Il taillera les souches, ses jolies pucelles

Vierge de raisins. Il rassemblera les sarments,

Qui brûleront l’hiver, dans l’âtre, en crépitant.

De sa peau tannée s’échappe les rossignols.

A cause du mildiou, putain de vérole,

Il ira sulfater, la machine sur le dos,

Les pieds des ceps, une à une, à la chaux.

De ses énormes  pognes s’évade le soleil.

Fin d’été, sa terre, dans une robe en vermeil,

Donnera le sein d’argile à ses déesses,

Redoutant les gerçures de la sécheresse.

 

L’œil du vieux, dans une toile d’araignée,

Prie, au bleu du ciel, des vendanges sucrée.

Aujourd’hui, le raisin est mûr, trop peut être.

Le paysan souhaiterait une pluie légère.

 

De donner son cœur à l’ouvrage, il casse.

Qu’importe, l’important est d’aimer sa tâche.

De donner son âme à la terre, on meurt.

Qu’importe, la fertiliser est un honneur.

 

 

 

2008

 

 

  Campagnan

Par benoit gimenez - Communauté : Les plumes de timilo
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Commentaires

 salut

il y a du rousseau dans ton introduction mais cela change aubout de quelque ligne et je m'y retrouve mieux . c'est un bien joli portrait plein de caractère . Je l'aime bien ton vieux . je n'est pas de champs de pieds de vignes  mais quand je m'echine sur mon lopin , il y a un peu de cette impression d'appartenir  à l'univers et et d'en être un rouage ,Enfin un tout petit rouage .Cela rend humble ,peu être est -ce quimanque à tous ces grands econimistes juste remettre les mains dans la terre , pour comprendre que ce qu'elle donne elle le fait toujours payer par de la sueur.

bonne journée manu

Commentaire n°1 posté par manu le 19/04/2011 à 12h11

je crois, en effet, qu'un stage dans la terre ferait grandbien à tous nos dirigeants! Car l'essentiel est la! quand au debut, je ne connais pas rousseau du tout, je ne sais pas ce qui lui ressemeble donc...toutefois, c'est l'impression que j'ai toujours quand j'étais sur mon lopin de terre...le reste du monde, je m'en tape! merci d'avoir aimé ce petit vieux que je t'aime tant et qui me suit tout le temps...

Réponse de benoit gimenez le 20/04/2011 à 09h59

              Un bien bel hommage à ce viticulteur , tous ceux qui ont une vigne aiment leur terre, la vénèrent , la bichonnent ... je partirai bientot dans le pays du Champagne , il coulera à flot pour les Paques !! Bonnes Paques Benoit biz

Commentaire n°2 posté par Marie-Christine le 19/04/2011 à 17h37

merci marie christine....il n'aimait pas bien ce mot de viticulteur....il se disait paysan! car, m'avais-t-il dit, si il avait dans une autre region de france, il aurait fait autre chose...l'amour de la terre ne s'arréte pas à l'amour du raisin...merci pour ta fidelité...je ne peut pas trop venir vous voir tous, car en vacance depuis quelque temps et ce jusqu'a la fin de semaine...

Réponse de benoit gimenez le 20/04/2011 à 10h10

Bonjour,

une lecture agréable, que j'ai faite une seconde fois à voix haute et qui "coule" bien, comme le vin futur de votre personnage. D'un mardi à l'autre, j'avais envie de vous dire de ne jamais oublier que l'écriture est liberté. à mardi prochain, Claire

Commentaire n°3 posté par claire le 19/04/2011 à 21h00

merci pour ce trés beau compliment...votre remarque est trés sensé...je me dois de la retenir...je suis en vacance depuis un moment et encore jusqu'a la fin de semaine...je viendrais vous voir dés mo retour

Réponse de benoit gimenez le 20/04/2011 à 10h12

sourire au bec je rêve tu as décris mon voisin!!! et oui de la fenêtre de ma chambre champs de vignes a perte de vu (au moins je n'achete plus de raisins) ton texte me rapelle les vendanges ou la vie de mon village semble vivre a l'unisson avec la vigne, j'y est passée plus d'un mois avec mon sécateur et des rigolades avec mes compagnons de labeurs, d ailleurs c'est là ou je me suis familiarisée avec le language d'ici ..."et la pek ! kiche moi ce sceau que ca pègue de partout" sans parler de mes vols planés dans la baine grrr bref ce poème je l'aime beaucoup ! 

Commentaire n°4 posté par reb le 20/04/2011 à 18h26

désolé pour le retard j'étais en vacance....merci pour ce commentaire qui me donne plein de souvenirs aussi....j'ai pratiqué les vendanges de longues saisons dans mon village natal...au moins cinq fois, il me semble....le dos déguste mais la joie et la bonne humeur sont aussi de la partie...tous les mots que tu sites sonnent à mon oreille comme un dous refrain.

Réponse de benoit gimenez le 25/04/2011 à 20h58

beaucoup de tendresse dans tes mots.

une vie qui s'écoule doucement

boulot non bouleau oui

bises et bonne soirée

Commentaire n°5 posté par Vénusia le 20/04/2011 à 20h26

c'est un petit jeu de mot...car il n'y avais de bouleau dans les vignes de mon grand père...bref, me voila de retour de vacance...je vais essayer de reprendre ce blog de main de maitre....à trés bientôt sur le tien.

Réponse de benoit gimenez le 25/04/2011 à 21h00

Très beau poème, en forme de portrait d'un homme qui fait corps avec sa terre dont il est issu et qui y retournera. C'est un bel hommage à cette humanité rurale dont nous sommes tous issus et qui disparaît lentement. Plein d'observations justes et sensibles qui me touchent. Je t'embrasse Benoit. Ophélie

Commentaire n°6 posté par Ophélie Conan le 28/04/2011 à 14h34

merci beaucoup, ce poème est mon preferé de tous ce que j'ai écrit...car il parle d'un être trés cher à mes yeux...car sa vie, ses principes de vie sont un peu mien...ce texte a d'ailleurs été l'objet d'une mise en chanson par un cousin dont le personnage principal du poème est aussi son grand pêre

Réponse de benoit gimenez le 29/04/2011 à 07h49

Magnifique hommage

Chez moi en Normandie, pas de vigneron mais des paysans et ce poème me rappelle les vieux de mon enfance qui vivaient avec le temps et savaient le prendre comme il venait

Commentaire n°7 posté par Tony Yves le 07/07/2011 à 11h38

Ce vieux à moi est tout simplement mon papet...c'est une description fidele de sa personne à l'ombre d'un peuplier ( veritablement, mais le jeu de mots m'avaient plu avec boulot et bouleau) pendant sa pause gamelle....il avait ses pensées là durant sa pause.

Réponse de benoit gimenez le 07/07/2011 à 13h16

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