Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /2009 16:06
- Publié dans : le bistrot des copains


Voici deux textes d'un poéte qui fut sur la toile ....Il est partie et reviendra peut être .
Alors qu'il décide de faire disparaitre son blog et, ainsi, faire disparaitre la possibilité de le lire, je conserve, tout de même, deux textes de sa création que vous pouvez lire çi dessous ....Une poésie contemporaine et nihiliste incompréhensible et si simple...Qui nous donne la possibilité de réver , comme un véritable rêve ou l'on ne comprend rien, car c'est l'inconscient qui parle ! 
 

Cher Taulier !

J'entre, adosse toute ma peau au comptoir, et attends, avec la patience d'un grain de poussière égaré, que mes os, fumant dehors, (Foutue loie anti-tabac) veuillent bien réintégrer la mollesse stuporeuse de mon épiderme ; et je vous aperçois !
- Une bière l'égarer du sens ?
- Et un pot d'encre, je distille assez d'encornets ! (Je vous réponds)
Et je vous vois sourire, et je vous vois me servir, et je bois votre rameau coloré, rythmé, savoureux, matelassé de douceurs, tendresse, érotisme.
Je soupire tant d'aise, qu'outré, le plafond de votre rade se dilate : faut dire aussi, que je ne cesserai jamais de fumer ! Puis, je vous paye : disons, je tente de vous rétribuer à juste valeur, la vie que vous venez de me distiller dans mes chairs recomposées.
Finalement, je vous conte l'histoire de ce pot de vernis, et de ce banc publique, promis à la rouille, à la décomposition minérale, sans son intervention. M'écoutez-vous? Question pour la perversité de
la rhétorique !

                                                           ++++



                                              Copeaux de larmes .....

  • Sorti Gare Du Nord, couru à souffle perdu dans les ruelles crevées d'ombre du quartier; et pensé à l'âcre odeur d'huile exsangue sur le parvis du quai B.

    Une échoppe de bière proposait exceptionnellement au désir du tout venant un plat d'anguilles frites, un pot de mayonnaise gelé, une gaufre au sucre vert.

    Une femme dotée d'un regard sourire me demanda si j'étais perdu :
    - Désirez-vous de l'aide jeune homme ?
    - J'ai l'âge d'être votre grand-père, Mademoiselle ?
    Elle s'offusque, s'emporte véhémentement, détruit les enluminures de son parapluie, saute à hauteur de deux Tours Eiffel, revient aussi douce qu'une poire au sirop des avenues marchandes, me regarde, dit :
    - AH ! si vous saviez le plaisir que vous venez de me procurer !
    Je ne dis mot, laisse à mes cheveux le loisir d'épouser dans la surprise les traits de mon visage.
    Perspicace, elle étire son regard dans l'orifice d'un entonnoir rouillé, s'épile les ongles, prend un sorbet dans le cône renversé de mes pieds, et dit encore :
    - Oui, vous venez de me procurer le plaisir d'une naissance à retardement !
    Et elle disparaît dans un chas d'aiguille qu'un flic ennuyé, s'ennuyant à verbaliser une pièce de monnaie, vient de vomir sur le comptoir du tavernier.

    De rage, celui-ci enlève son justaucorps, enfile une veste en peau de légume vert, et demande un ticket à tarif réduit.

    - Je nage encore dans cet étonnant quartier, Gare du Nord. Retenez le train, je ne veux aller nulle part !

    Je suis là où la part d'ombre pourrait être contenue dans la périphérie d'un lumignon gelé.




       

      
Par benoit gimenez - Communauté : Ruche de beaux mots
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Commentaires

Commentaire n°1 posté par Diariste le 12/12/2009 à 20h35
Commentaire n°2 posté par Diariste le 12/12/2009 à 20h41
Bonjour Benoît,
Eh bien, j'ai un peu de mal à comprendre ces textes...
J'avoue que je n'accroche pas du tout ! lol
Mais tous les goûts sont dans la nature.
Bon dimanche. Bizzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz
Commentaire n°3 posté par Abeilles50 le 13/12/2009 à 11h14
Cher Taulier, ne sachant si le commentaire que j'ai publié fut bien publié à la suite de votre article qui me fait l'honneur de parler de mon blog, je vous l'envoi ici : "La brute exsanguination qu’implique le surréalisme ne permet aucune allégeance à aucun esthétisme composé (et par conséquent : mort) que ce soit. C’est ainsi ; les oranges proposeront toujours dans les circonvolutions glaireuses de leur peau des branchages denses et inabordables par la Satiété : c’est ainsi ; et les peintres, ces mirifiques paquets de chair mous, ne cesseront qu’à la crête des zéphyrs du Tendre cartographié, de bâtir leurs épouvantables charmilles : ces immondes cure-dents vert-de-grisés ressemblant sans crainte à des os frits. C’est ainsi, c’est ainsi. La frondaison des musées sur les rues de paris ; les portes cochères évacuant les commensaux ivres d’habits ; le vrombissement diffus, palpitant, des cuivres de la cave ; les plateaux des serveuses et les socles des statues merles Jardin des Tuileries ; le pont esseulé de Chatou… C’est, ce fut, ce sera toujours ainsi. Il y a, il y a eu, toujours, et toujours il y aura des veines à cisailler, parce que toujours le sang coulera, et toujours je le dégusterai dans le bruit, la misère, et la sécheresse. Le nihilisme, cependant, sauve de la correctionnelle. Cher Taulier, souvenez-vous de ces mots vôtres : « Franchement, je ne vois plus ce qui t'as plu dans mes petits vers si expliqués et si quotidiens. » ; je ne vous avais pas répondu, impolitesse caractéristique des orgies verbales qui orchestrent l’épouvantable vie que je consume ; laissez-moi, maintenant que vous me faites l’honneur de me citer dans votre blog, y répondre : ce que j’aime, c’est justement la douce clarté de ce quotidien ; compréhension immédiate, j’entends : immédiatement vécue, de ce que, pourtant, vous pensez ne pas avoir compris dans mes textes. OUI, vous l’avez compris, parce que les mots vivent, et parce que vous vivez, n’est-ce pas ? (Question pour l’ironie de la rhétorique, que j’exècre, naturellement.) Salutations." SALUTATIONS
Réponse de benoit gimenez le 14/12/2009 à 20h19

c'est qui le tolier ?

  • : Benoit Gimenez (tôlier du bistrot des poèmes)
  • : Prendre un instant de vie et le sublimer afin de le rendre eternel. Parler de l'égout, du sud, des bistrots, et de sensualité aussi. Le tout saupoudré de poésie...

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