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Le bistrot des poèmes...
les mardis, au bistrot, l'on vous sert en poésie, du goulot jusqu'en vers.
croquis d'Evrard de Caqueray
Oh, mon tendre amour ! J’ai ouï dire
Que le mot « toujours » peut se ternir.
Nos âmes séculières se délaissent.
Ecoute ma prière. Je me confesse.
Dans ce voyage à vivre à deux,
Le chemin de Halage est sinueux.
Aigre est la saveur du fleuve blême
Qui crache ses langueurs en morne plaine.
De notre union, si consumée,
La folle passion s’est imbibée
D’un pratique avenir si matériel
Bien que nos désirs rêvassent de ciel.
Faire semblant, les jours d’orage,
A passer le temps dans ton corsage,
Mimer l’étincelle et s’embrasser
Que, de vaisselle, se disputer.
Faire semblant, au petit matin,
Tout en baillant qu’on était bien
A s’enlacer, dessous la couette,
Pis aller bosser, un Blues en tête.
Je me souviens qu’on s’est aimé
Mais le quotidien nous a avalés.
Reste la tendresse de nos cœurs offerts.
J’ai, encore, la faiblesse de tes yeux verts.
Oh, mon doux amour ! J’ai ouï dire
Que le mot « toujours » peut reverdir.
Alors,
Allons voir, mignonne, si la rose,
En nuit friponne, s’est éclose.
2010