Mardi 13 septembre 2011 2 13 /09 /Sep /2011 06:48
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

 

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 Brigitte Pellerin   www.pellerin.eu

 

 

La morve au nez

 

A l'époque bénie des trous aux paletots,

Ou les jours de pluie ne sont que chocolat chaud,

Je me souviens ; l’imaginaire vagabonde,

D’un petit rien, me faisait roi du monde.

Dans la cime des arbres, le mistral dans les tifs,

J’admirais les barbes des dieux fugitifs,

Glissant sur un ruban bleu du temps qui passe,

Qui fait devenir monsieur ou, pire, bidasse.

C’est vrai que les momes  jouent à la bataille,

Qu’ils ont le syndrome d’imiter la bleusaille,

Comme sauveur d’orphelin et, à coup de bâton,

Peuvent blesser un copain mais, eux, disent pardon.

 

C’est l’époque bénie du Mercurochrome,

Ou le rouge est mis sur l’ego du bout d’homme,

Qui demande un câlin, pour toute prescription

A calmer son chagrin et reprendre le guidon.

Sur les sentes à garrigues, le vent en poupe,

J’allais chiper des figues, avec toute la troupe,

Et, par cette rapine, se sentir des insurgés

En craignant la chevrotine du vieux Amédée.

Il est vrai qu’un gamin, c’est capable de voler

Pour avoir, au matin, juste les lèvres sucrées.

Homme, il se distingue, à coup de taloche

Pour porter les fringues de ceux d’la téloche.

 

En l’époque bénie de la morve au nez

Qui, de narine fuit, sans jamais trop gêner,

De tout on exulte, aucun rêve illusoire,

C’est être adulte que d’y poser son mouchoir.

A la pêche aux têtards, un peu maniaque,

J’écrasai au hasard tel un dieu de la flaque.

Maintenant comme toi, agneau dans la meute,

Je subis notre roi. Je peux être pleutre.

En bon citoyen, je vais toujours voter

Laissant aux forts le soin de nous humilier.

 

A la douce époque de la vie éternelle,

Ou l’enfant se moque de la faucheuse fidèle,

J’étais fou de vouloir trop vite grandir

Et, pour des clous, savoir haïr et trahir.

Chaque jour, Metro précède boulot et dodo,

Le salaire obsède et consommer, un Eldorado,

Pendant que le temps s’échappe au triste refrain

Des rêves, qu’en grappe, on avait galopin.

J’étais tout petit, c’est vrai, mais si heureux,

D’avoir toute une vie devant pour faire mieux.

J’étais minuscule, et par la force des choses,

Au son du pendule, je vais ou meurent les roses….

 

2011

 

 

 

Par benoit gimenez - Communauté : Les plumes de timilo
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