Partager l'article ! la morve au nez: Brigitte Pellerin www.pellerin.eu La m ...
Le bistrot des poèmes...
les mardis, au bistrot, l'on vous sert en poésie, du goulot jusqu'en vers.
Brigitte Pellerin www.pellerin.eu
A l'époque bénie des trous aux paletots,
Ou les jours de pluie ne sont que chocolat chaud,
Je me souviens ; l’imaginaire vagabonde,
D’un petit rien, me faisait roi du monde.
Dans la cime des arbres, le mistral dans les tifs,
J’admirais les barbes des dieux fugitifs,
Glissant sur un ruban bleu du temps qui passe,
Qui fait devenir monsieur ou, pire, bidasse.
C’est vrai que les momes jouent à la bataille,
Qu’ils ont le syndrome d’imiter la bleusaille,
Comme sauveur d’orphelin et, à coup de bâton,
Peuvent blesser un copain mais, eux, disent pardon.
C’est l’époque bénie du Mercurochrome,
Ou le rouge est mis sur l’ego du bout d’homme,
Qui demande un câlin, pour toute prescription
A calmer son chagrin et reprendre le guidon.
Sur les sentes à garrigues, le vent en poupe,
J’allais chiper des figues, avec toute la troupe,
Et, par cette rapine, se sentir des insurgés
En craignant la chevrotine du vieux Amédée.
Il est vrai qu’un gamin, c’est capable de voler
Pour avoir, au matin, juste les lèvres sucrées.
Homme, il se distingue, à coup de taloche
Pour porter les fringues de ceux d’la téloche.
En l’époque bénie de la morve au nez
Qui, de narine fuit, sans jamais trop gêner,
De tout on exulte, aucun rêve illusoire,
C’est être adulte que d’y poser son mouchoir.
A la pêche aux têtards, un peu maniaque,
J’écrasai au hasard tel un dieu de la flaque.
Maintenant comme toi, agneau dans la meute,
Je subis notre roi. Je peux être pleutre.
En bon citoyen, je vais toujours voter
Laissant aux forts le soin de nous humilier.
A la douce époque de la vie éternelle,
Ou l’enfant se moque de la faucheuse fidèle,
J’étais fou de vouloir trop vite grandir
Et, pour des clous, savoir haïr et trahir.
Chaque jour, Metro précède boulot et dodo,
Le salaire obsède et consommer, un Eldorado,
Pendant que le temps s’échappe au triste refrain
Des rêves, qu’en grappe, on avait galopin.
J’étais tout petit, c’est vrai, mais si heureux,
D’avoir toute une vie devant pour faire mieux.
J’étais minuscule, et par la force des choses,
Au son du pendule, je vais ou meurent les roses….
2011
Bonsoir Benoit,
Voilà une époque bien narrée où j'ai pris un grand plaisir à te lire. C'est vrai que lorsque l'on est encore gamin on rêve de grandir pensant accéder à une certaine liberté avec l'envie de ressembler aux adultes qui imposent des règles de vie. En vieillisant on se rend compte que la réalité est loin d'être simple puisque nous devons suivre constamment son courant. La vie est remplie de contraintes mais elle nous offre de merveilles choses qu'il ne faut ni négliger ni oublier. Bravo pour cette belle performance, une plume bien rythmée riche de vérité. Bisous et douce soirée. Corinne.
Merci beaucoup pour ce trés jolie compliment
...ton commentaire narre exactement mon ressenti par rapport à ce
texte...et à cette époque qui est l'enfance, qui est notre époque...celle que l'on péfére...n'est ce pas?
Bonjour Benoit
l'enfance, la vie etc, bien narrée, une fois que l'on a trouvé le fil conducteur.
ton texte part un peu dans tous les sens et le relire me fut nécessaire pour en saisir la quintessence, mais en fin de compte , on se laisse porter par tes mots et les images qui en surgissent
bises de bonne journée
En effet, il part dans tous les sens...ce sont plus des idées que une histoire...c'est aussi ainsi que je crois que les enfants font: ils partent dans tous les sens. Pense à une chose puis à une autre. mais c'est vrai que j'ai écrit plus par sensation que par cohésion...ta critique est fort juste . merci pour ton passage et te relecture
J'aime beaucoup ce poème pour toutes les évocations d'enfance, très justes et très intimes, qu'il recèle. C'est un beau poème qui allie bien la sensation des souvenirs vécus aux réflexions que l'on est seulement capable de réaliser sur l'enfance ou son enfance, quand on est devenu adulte. C'est toujours touchant quand, devenu adulte, on se penche sur son enfance pour la retrouver et la revivre, ce qui montre bien que l'enfant qu'on a été est toujours présent. Bravo Benoit, le tour de force n'est pas facile, d'autant que tu t'es imposé la contrainte des rimes classiques. Beau tableau également de Brigitte Pellerin. Je t'embrasse. Ophélie
J'aime beaucoup ce tableau et Brigitte Pellerin est une artiste majeure! merci pour ces complimentsq ui me touchent vraiment beaucoup...Ecrire en quatrain, n'est pas facile pour moi ( même si j'ai mis une forme de poéme en alexandrin). J'appelle ça la double rime. En tout cas merci pour ce commentaire. Il m'a beaucoup touché...
Putain de putain, tu m'as ému Frérot. Si bien dit sur le fond et que de mots ciselés pour faire ressentir la justesse et la beauté de ce que nous ne serons plus. Et pourtant tu vois, ti frère, je n'oublierai pas nos mains serrées dans le blizzard et encore ce jour tant de lunes éteintes depuis, j'en ressens le paletot que nous n'avions au fond du coeur. Ne rougis pas d'être un homme et de courir parfois, le chemin des roses dont tu parles existe au delà.
Mon amitié sincère. L.
Merci liedich pour ton passage chez moi....Mon grand frêre et mon grand poéte! Tes mots sont si beau que quand tu m'écris ce genre de com', ça me fait rougir! Bref, merci frêrot...tu es de ceux que j'aimerais voir une fois dans ma vie..palper, toucher et trinquer aussi avec de l'anis ou du rouge qui tache...j'aimerais...un jour peut être
Bonjour Cher Benoît,
En lisant ce poème je t'ai imaginé enfant, déjà bien attentif et observateur de tout... Et voilà qu'adulte tu transposes tous tes ressentis de l'époque en une belle poésie avec un brin de nostalgie, de réalisme tout en réussissant à établir un beau parallèle entre ce que l'on perçoit durant nos plus jeunes années et la confrontation avec notre vie d'adulte.
Une prouesse comme souvent !
Passe une bonne semaine.
Avec mes amitiés,
Cathy.
Merci beaucoup cathy...ce texte ( comme tous mes textes) est tiré d'une inspiration lié à une chanson...celle de Renaud " Le sirop de la rue" tiré de "à la belle de mai" ( son plus bel album à mon gout). Transposé le regard de l'enfant avec la réalité de l'adulte...c'est bon de revenir en son enfance et écrire de belles émtions qui viennet tout droit du coeur puis essayer de voir ce qu'il y a aprés...j'ai pris beaucoup de plaisr à l'écrire, je vois que tu as pris beaucoup de plaisir à le lire...alors le pari est gagné...a bientôt
En live,
Benoît,
M’as just’ offert le rouge qui tâche
M’as que donné à c’que je sache
L’envie de rester dans ma vie
Même si je sais en faire que lie.
M’as just’ fait voir avec mes «oeils»,
Le bout d’soie qui m’serait linceul,
Lui qui vit dans notre «chier»
Et qui reste un mec à saluer.
Parc’que M’ssieursDames faut pas rêver,
Y’en a tant qui savent que s’la jouer,
Que quand on rencontre un frérot
Un cum qui fait qu’sortir du lot,
Bah on sourit et on y croit,
Et on décroise ses bras en croix.
Un peu à la façon d’VILLON,
On s’prend à aimer être un con.
Demain, p’tit frère, quand on trinquera,
Sans orgueil et sans tralala,
J’te dirai les choses de la vie,
Toi qui m’a donné l’mot Ami.
Que ta soirée soit douce étoile,
Pi n’hésite pas à tomber l’voile,
Ce n’est pas tous les jours dimanche
Où s’qu’on rencontre un bonne vieille branche.
Salut Mecton, à just’e tout de suite.
liedich.
un live incoyable...rien à dire sinon à étancher une petite larme, jusqu'au jour ou on est eclusera une petite goutte, ensemble...Mrci pour le poèeme il mérite d'être dans un article rien qu'a lui..je le ferai un de ces qutare mardi...
J'ai lu ces belles rimes en songeant à la guerre des boutons que j'ai été voir.
tu parles Benoit d'une époque bénie où l'enfance nous épargnais tous les vices et la médioctité des grands de ce monde
J'ai quauarante ans et je me souviens , nous étions heureux avec peu de choses.
un sourire de Line qui te dit merci
Un joli merci, line...je crois que notre enfance est le vivier du bonheur que nous vivons au jour le jour de nos vies d'adulte...même si....J'ai 36 ans et j'aime à revenir dans cette enfance qui me fut douce...alors je compare et l'enfance gagne au la main comparé à cette vie d'aujourd'hui...merci pour ton merci...moi aussi je te remercie pour tes vers qui me procurent tant de plaisir...