Mardi 15 mars 2011 2 15 /03 /Mars /2011 10:00
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

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La Méduse 

 

 

 

 

Des vagues grosses comme des cathédrales

Ou une frégate, dans un trou, chancelle.

Le mât, bras en croix, comme une chapelle

A sa nef auréolée d’un feu de Bengale.

 

Le rafiot, avarié par l’échouage,

Sur la baie d’Arguin, pisse, pharaonique.

Les orgues de l’océan hurlent ses cantiques,

Dans les plaies béantes sous le bastingage.

 

Les riches passagers ont débarqué en canots

Et chaloupes. Marins et soldats en ont chié

Pour construire, avec du bois débaptisé,

Et, pour pouvoir sauver leurs peaux.. Un radeau.

 

Les marins récitent des psaumes

En hurlant ! Car dieu est partout.

L’homme renifle sur ses paumes

En gémissant ! Car dieu s’en fout.

 

L’eau plate comme un parvis de lumière

Ou un amas de bois glisse sur un vitrail.

Les cordes, moisies, comme un caravansérail,

Lie l’humanité à un aquatique désert.

 

L’eau, douce et bénite, il n’y en a plus.

La prière, avant le repas, plus besoin.

Un silence de cloître comme seul témoin.

Le fort fera pitance sur le faible vaincu.

 

Les marins prient la miséricorde

En se mangeant ! Dieu est amour.

Les hommes ont faim et s’absorbent

En pleurant ! dieu est à mort.

 

Ils seront sauvés douze jours après ; mais avant…

La canicule les a pourris d’idées malsaines

Suicide, meurtre, massacre, géhenne.

De cent quarante neuf hommes, quinze survivants.

 

 

 2010

 

 

 

  Voyage 

 

 

 

Par benoit gimenez - Communauté : Ruche de beaux mots
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Commentaires

Bonjour!

bien vu la lente dégradation du sentiment religieux, de "dieu est amour" à " dieu est à mort" , une notion interessante cette diversité des réactions humaines face à la catastrophe "dieu est partout" / "dieu s'en fout". à+, Claire

Commentaire n°1 posté par claire le 15/03/2011 à 13h32

Oui, en effet, je crtsois que losrque l'on vit une telle horreur, on doit avoir des sentiments trés different vis à vis de dieu...cette épisode historique m'a profondement bouleversé...et j'y suis encore dedans pour longtemps...un texte trés long concluera cette épisode véritable du naufrage de la méduse la semaine prochaine

Réponse de benoit gimenez le 16/03/2011 à 11h35

j'aime ta description de galère on se met de suite dans l'epoque des hommes luttant et perdant contre la mer

bise

Commentaire n°2 posté par rebecca le 16/03/2011 à 13h10

merci beaucoup...ce texte est aussi un lexical entre les mots maritime et les mots religieux...c'est un jeu qui me permet de montrer la violence des croyances...et tout est basé sur une histoire vrai

Réponse de benoit gimenez le 16/03/2011 à 21h47

Le fameux radeau de la Méduse ! Tu t'attaques là à une page sombre de l'histoire, Benoît... Grâce à son tableau si connu, ce terrible échouage n'a pas été oublié.

Ton vocabulaire, une fois encore, m'impressionne. Il s'en dégage la cruauté qu'a engendrée ce naufrage... Jusqu'au cannibalisme... Comment, évidemment, évoquer la notion de croyance en Dieu après cela ?

Il y a toujours dans tes poèmes une expression qui se détache du reste pour la pensée essentielle. Ici : "Dieu est amour" "Dieu est à mort".

Il n'y a que toi pour avoir cette idée là ! Bravo.

J'ai hâte de lire la suite.

A bientôt,

Amitiés,

Cathy.

Commentaire n°3 posté par Cathy le 16/03/2011 à 22h40

merci, beaucoup...Malgré la pluie, je suis encore, ce matin, sous le charme de notre rencontre...j'espére qu'il y a n'aura d'autre car j'ai passé une aprés midi magnifique!

Réponse de benoit gimenez le 19/03/2011 à 08h40

ce mélange de mots très académique et d'argot, donne un texte des plus cosmique

étrange destinée que celle du radeau de la Méduse.

Seuls survecurent les plus ""carnassiers"" de ses occupants.

bises de bonne journée

Commentaire n°4 posté par Vénusia le 17/03/2011 à 09h08

ton analyse est juste car j'ai essayé de donner au quotidien une notion spirirtuelle dans le qusetionnement violent et je tente au dela de ça d'y apposer un avis....dieu existe il quand une chose horrible se passe

Réponse de benoit gimenez le 18/03/2011 à 05h23

Et quand on sait que ce sont des cadavres qui ont pausé...

Commentaire n°5 posté par Heyoka le 17/03/2011 à 09h49

oui, c'est déjà une anecdocte assez glauque...mais c'est aussi une histoire vrai si incroyable!!!!mais ça c'est une autre histoire...

Réponse de benoit gimenez le 18/03/2011 à 05h19

J'ai lu les commentaires avant d'écrire le mien , ensuite je relis pour la nèième fois ton poème , que de travail tu dois faire pour en arriver à un tel résultat !

Bravo !!

bon we Benoit biz

Commentaire n°6 posté par Marie-Christine le 18/03/2011 à 07h41

oh, c'est assez simple...je met en vrac des idées des bouts de vers puis j'essaye de trouver une ossature, une fin puis je met en forme avec de plus en plus de précision et désfois y a un ou deux trucs qui me chiffonent alors des pans entier de poème sont changé...ou le poèeme est détruit si il n'y a rien d'interressant dedans. je passe beaucoup de temps sur un texte, c'est sur...mais c'est enormemnt de plaisir, voir même de sensualité avec les mots. bisous

Réponse de benoit gimenez le 19/03/2011 à 08h38

Bravo Benoit. J'aime beaucoup ces grandes peintures de couleurs ou de mots. Là, dans ce poème, tu rends très bien avec des mots, les uns littéraires, les autres plus familiers, le fascinant tableau de Géricault et l'ambiance de cette petite humanité en sursis, que dieu abandonne, et qui s'entredévore... C'est épique et en même temps plein d'humour quand tu écris, par exemple, pour dire "cannibalisme": "Les hommes ont faim et s'absorbent"... Bisous. Ophélie

Commentaire n°7 posté par Ophélie Conan le 18/03/2011 à 23h08

merci tes compliments sont si agréable et cette maniére de faire critique si constructive est vraiment plaisant. j'apprécie beaucoup tes opinions et tes commentaires. je voulais aussi te remercier pour ta fidelité qui est inalienable, hebdomadaire et ce depuis quelque temps déjà...

Réponse de benoit gimenez le 19/03/2011 à 08h34

Bonjour Benoît,

Il en fut de même pour moi, sois-en assuré, et j'espère également avoir l'occasion et le plaisir de te revoir. Tu es le bienvenu en Belgique tu le sais !

Merci encore pour cet agréable partage vendredi.

 Bon week-end malgré le temps maussade à Paris.

J'attends avec impatience la suite de ce passage d'histoire que tu retraces ici avec tant de passion.

Avec toutes mes amitiés et celles de mon mari,

Bises,

Cathy.

Commentaire n°8 posté par Cathy le 19/03/2011 à 11h22

trés chére cathy, vendredi tu m"as donné une trés idée...celle de visiter le pêre lachaise avectoute ma petite famille et mes parents! peut être que dans les dédales des tombeaux nous nous retrouverons...qui sait...je souhaite que ton week end parisien se passe merveilleusement bien....et, oui, j' ai adoré votre compagnie à tout deux ( tu remercieras ton mari pour sa gentillesse et son humour trés comme je l'aime), j'ai adoré parlé ensemble alors, je crains que nous viendrons vous embeter prochainement...bien à vous deux, merci encore

Réponse de benoit gimenez le 20/03/2011 à 09h24

Une mésaventure racontrée avec les tripes

Joliment tournée

Bonne journée

Amicalement

timilo

Commentaire n°9 posté par timilo le 20/03/2011 à 06h22

merci de ton passage, timilo et à trés bientôt, je le crois et ceux pour un longue aventure.

Réponse de benoit gimenez le 20/03/2011 à 09h19

Cher Benoît,

Et bien le rendez-vous est pris suite à ton texto... A tout à l'heure au Père Lachaise. Nous y serons avec notre amie. Voilà une excellente initiative qui nous fait grand plaisir.

Amitiés et bises,

Cathy

Commentaire n°10 posté par Cathy le 20/03/2011 à 11h22

ce petit voyage dans l'audela bien de chez nous fut trés sympathique et ton homme est vraiment trés drôle!!! ce fut un exellent week end!

Réponse de benoit gimenez le 21/03/2011 à 15h35

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