Partager l'article ! Naufrage.... (1/2): La Méduse &n ...
Le bistrot des poèmes...
les mardis, au bistrot, l'on vous sert en poésie, du goulot jusqu'en vers.
La Méduse
Des vagues grosses comme des cathédrales
Ou une frégate, dans un trou, chancelle.
Le mât, bras en croix, comme une chapelle
A sa nef auréolée d’un feu de Bengale.
Le rafiot, avarié par l’échouage,
Sur la baie d’Arguin, pisse, pharaonique.
Les orgues de l’océan hurlent ses cantiques,
Dans les plaies béantes sous le bastingage.
Les riches passagers ont débarqué en canots
Et chaloupes. Marins et soldats en ont chié
Pour construire, avec du bois débaptisé,
Et, pour pouvoir sauver leurs peaux.. Un radeau.
Les marins récitent des psaumes
En hurlant ! Car dieu est partout.
L’homme renifle sur ses paumes
En gémissant ! Car dieu s’en fout.
L’eau plate comme un parvis de lumière
Ou un amas de bois glisse sur un vitrail.
Les cordes, moisies, comme un caravansérail,
Lie l’humanité à un aquatique désert.
L’eau, douce et bénite, il n’y en a plus.
La prière, avant le repas, plus besoin.
Un silence de cloître comme seul témoin.
Le fort fera pitance sur le faible vaincu.
Les marins prient la miséricorde
En se mangeant ! Dieu est amour.
Les hommes ont faim et s’absorbent
En pleurant ! dieu est à mort.
Ils seront sauvés douze jours après ; mais avant…
La canicule les a pourris d’idées malsaines
Suicide, meurtre, massacre, géhenne.
De cent quarante neuf hommes, quinze survivants.
2010
Bonjour!
bien vu la lente dégradation du sentiment religieux, de "dieu est amour" à " dieu est à mort" , une notion interessante cette diversité des réactions humaines face à la catastrophe "dieu est partout" / "dieu s'en fout". à+, Claire
Oui, en effet, je crtsois que losrque l'on vit une telle horreur, on doit avoir des sentiments trés different vis à vis de dieu...cette épisode historique m'a profondement bouleversé...et j'y suis encore dedans pour longtemps...un texte trés long concluera cette épisode véritable du naufrage de la méduse la semaine prochaine
j'aime ta description de galère on se met de suite dans l'epoque des hommes luttant et perdant contre la mer
bise
merci beaucoup...ce texte est aussi un lexical entre les mots maritime et les mots religieux...c'est un jeu qui me permet de montrer la violence des croyances...et tout est basé sur une histoire vrai
Le fameux radeau de la Méduse ! Tu t'attaques là à une page sombre de l'histoire, Benoît... Grâce à son tableau si connu, ce terrible échouage n'a pas été oublié.
Ton vocabulaire, une fois encore, m'impressionne. Il s'en dégage la cruauté qu'a engendrée ce naufrage... Jusqu'au cannibalisme... Comment, évidemment, évoquer la notion de croyance en Dieu après cela ?
Il y a toujours dans tes poèmes une expression qui se détache du reste pour la pensée essentielle. Ici : "Dieu est amour" "Dieu est à mort".
Il n'y a que toi pour avoir cette idée là ! Bravo.
J'ai hâte de lire la suite.
A bientôt,
Amitiés,
Cathy.
merci, beaucoup...Malgré la pluie, je suis encore, ce matin, sous le charme de notre rencontre...j'espére qu'il y a n'aura d'autre car j'ai passé une aprés midi magnifique!
ce mélange de mots très académique et d'argot, donne un texte des plus cosmique
étrange destinée que celle du radeau de la Méduse.
Seuls survecurent les plus ""carnassiers"" de ses occupants.
bises de bonne journée
ton analyse est juste car j'ai essayé de donner au quotidien une notion spirirtuelle dans le qusetionnement violent et je tente au dela de ça d'y apposer un avis....dieu existe il quand une chose horrible se passe
Et quand on sait que ce sont des cadavres qui ont pausé...
oui, c'est déjà une anecdocte assez glauque...mais c'est aussi une histoire vrai si incroyable!!!!mais ça c'est une autre histoire...
J'ai lu les commentaires avant d'écrire le mien , ensuite je relis pour la nèième fois ton poème , que de travail tu dois faire pour en arriver à un tel résultat !
Bravo !!
bon we Benoit biz
oh, c'est assez simple...je met en vrac des idées des bouts de vers puis j'essaye de trouver une ossature, une fin puis je met en forme avec de plus en plus de précision et désfois y a un ou deux trucs qui me chiffonent alors des pans entier de poème sont changé...ou le poèeme est détruit si il n'y a rien d'interressant dedans. je passe beaucoup de temps sur un texte, c'est sur...mais c'est enormemnt de plaisir, voir même de sensualité avec les mots. bisous
Bravo Benoit. J'aime beaucoup ces grandes peintures de couleurs ou de mots. Là, dans ce poème, tu rends très bien avec des mots, les uns littéraires, les autres plus familiers, le fascinant tableau de Géricault et l'ambiance de cette petite humanité en sursis, que dieu abandonne, et qui s'entredévore... C'est épique et en même temps plein d'humour quand tu écris, par exemple, pour dire "cannibalisme": "Les hommes ont faim et s'absorbent"... Bisous. Ophélie
merci tes compliments sont si agréable et cette maniére de faire critique si constructive est vraiment plaisant. j'apprécie beaucoup tes opinions et tes commentaires. je voulais aussi te remercier pour ta fidelité qui est inalienable, hebdomadaire et ce depuis quelque temps déjà...
Bonjour Benoît,
Il en fut de même pour moi, sois-en assuré, et j'espère également avoir l'occasion et le plaisir de te revoir. Tu es le bienvenu en Belgique tu le sais !
Merci encore pour cet agréable partage vendredi.
Bon week-end malgré le temps maussade à Paris.
J'attends avec impatience la suite de ce passage d'histoire que tu retraces ici avec tant de passion.
Avec toutes mes amitiés et celles de mon mari,
Bises,
Cathy.
trés chére cathy, vendredi tu m"as donné une trés idée...celle de visiter le pêre lachaise avectoute ma petite famille et mes parents! peut être que dans les dédales des tombeaux nous nous retrouverons...qui sait...je souhaite que ton week end parisien se passe merveilleusement bien....et, oui, j' ai adoré votre compagnie à tout deux ( tu remercieras ton mari pour sa gentillesse et son humour trés comme je l'aime), j'ai adoré parlé ensemble alors, je crains que nous viendrons vous embeter prochainement...bien à vous deux, merci encore
Une mésaventure racontrée avec les tripes
Joliment tournée
Bonne journée
Amicalement
timilo
merci de ton passage, timilo et à trés bientôt, je le crois et ceux pour un longue aventure.
Cher Benoît,
Et bien le rendez-vous est pris suite à ton texto... A tout à l'heure au Père Lachaise. Nous y serons avec notre amie. Voilà une excellente initiative qui nous fait grand plaisir.
Amitiés et bises,
Cathy
ce petit voyage dans l'audela bien de chez nous fut trés sympathique et ton homme est vraiment trés drôle!!! ce fut un exellent week end!