Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /2010 05:00
- Publié dans : Les chemins usés

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Nb: Les mots techniques d'un métier, quel qu'il soit, sont source d'une trés belle poésie. vous ne comprendrez, certainement, rien à certain des propos ci-dessous. Peu importe, laissez vous aller à la mélodie de lecture...



Oubliées, quatre cathédrales souterraines,

protectrices d’une rivière enterrée,

seront sublimées, redeviendront mondaines,

comme chaque année, à l’époque d’avant l’été .


Car, si les festivaliers, brindille en bouche,
déambulent, en famille, sur les escales;

  montent sur des péniches; admirent, à la louche,

artistes, spectacles, concerts et nombreuses étales;

ils pourront,aussi ,voyager dans les ténébreuses

allées de l’assainissement Val de Marnaise.

Là, ils verront une obscurité merveilleuse.

Nous serons leurs guides, à la jactence fort aise.

Mais, avant tout, afin que ces magiques ouvrages

soient, illustres, serties des plus beaux apparats,

l’ouvrier utilisera maint outils d’usages

pour le nettoiement et la beauté d’ici-bas.



(… EV3, au centre de Vitry sur seine,

Sous la place du marché, melting-pot bigarrés,

La triangulaire EV3, si sereine,

Avec ses cinquante mille mètres cubes de capacité …)



Nous, gardiens de ces temples de rétention,

electromecanicien, vigilant au quotidien

de ces œuvres de lutte contre l’inondation,

allons nous atteler, avec vigueur et soin,

à rendre ces gothiques joyaux, plus beaux encore.

Quinze gars, en tenue d’égoutier, sous l’égide

de Laurent, rincent les bassins et les déflorent

de toutes merdasses entassées et fétides.

D’abord, les Augets. Ces grandes baignoires,

au centre de gravité excentré, basculeront

leurs tonnes de flotte et, tel de géant lavoir,

nettoieront les radiers, en ressac furibond.

Entre les travées, sur les pistes, ravinant ainsi

le fond des bassins encrassés de terre fertile.
Car, du Soja avait poussé.Toujours de merde, naquit.

A la manœuvre, Philippe, surnommé tuile

(car la vie l’assigne a de grandes ardoises),

et d’autres compères, sur les sites à nettoyer,

au supervision, déclenchent les remplissages.

Puis, démarrent les pompes à boues, pour tout vider.



(… Et le bassin des Cormailles, un peu plus loin,

à Ivry, sous le parc du même nom de terroir,

attend, patient, comme à Vitry son concubin,

l’eau de pluie qui s’engouffre dans les avaloirs. …)



Ensuite, branchant les Karcheurs à plein rendement,

José  (unique Portugais à dénigrer le Football),

Ant1 (déconneur mélomane d'un son violent),

Vince  (adore et hait le PSG, façon bestial),

font retentir ces machine à décoller

le merdier agglutiné sur les caillebotis,

sur les murs et contre les vannes d’étanchéité,

leurs vitodos et leurs visages, noir de coulis.

A la lance à incendie, d’autres compagnons,

bataillent en haute pression et vacarme,

Fredo  (génial électricien et Cro-Magnon),

Coin-coin  (né dans un champ de betterave),

Gégé  (tendre nounours de cent kilos agité),

bubulle (aux carrés de chocolat sur les abdos),

s’affaire à récurer entre les piliers,

à rincer dans les trémies, les bras en Chamallow,

purgeant dans les bâches des pompes de relèvement,

dégommant les filandreux aux grilles des dégrilleurs.

De la tête aux pieds et tout dégoulinant.

ils carburent, en esthéticienne gratteur.

Et, pour la manucure de ces dames divines,

serpillières balais-brosses sont obligatoires.

Remy (trublion à la chevelure sublime),

Gégène (preuve que le dieu électron est noir),

et Suédois (conteur de votre chanson épique),

nettoyons, avec attention, les TGBT,

dépoussiérons les centrales hydrauliques,

savonnons les hydro cyclones et les planchers.



Enfin, à l’intendance, dans les transits, au volant,

avec Manu (peu de terre pour tant de sang versé),

Didier (le sage gourmet qui mange du serpent),

font le lien, secondent les équipes fatiguées.






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(… Le bassin de l’Hay, contre l’avenue Flouquet,

une partie sous terre, l’autre comme lac asséchés,

quatre vingt mille mètres cubes d’eau à stocker,

des pontons sur pilotis permet de flâner …)



Puis seconde phase de l’opération:

Nous, fées marraines, ornementons de pourpre

nos besogneuses servantes, tel des cendrillons.

Les lessiveurs deviennent artistes de troupes.

P’tit Franck (viking à logique dans les gènes),

Mam’ (spécialiste de la théorie des cordes),

S’affairent, serein, sur les groupes électrogènes

et assurent le jus des câbles qu’on raccorde.

Des centaines de mètres tirés jusqu’au tréfonds.

Des jeux de lumières disposés aux piliers.

D’ocres ambres nobles magnifiant le moribond,

Aux grilles, sur les pompes…avec méticulosité.

Laurent (visionnaire en chef de l’équipe),

Installe, avec doigté, ses rétroprojecteurs.

Le sigle « DSEA », notre service public,

va virevolter tel un oiseau bleue migrateur.

Et les portraits de tous les braves égoutiers,

des scènes de nos métiers, défileront,

gigantesque, sur le génie civil, les murets.

Le clapotis des gouttes de nos stations

S’électriseront sur une musique de fond,

douce et onctueuse, une irradiation….

Nos déesses sont belle pour la réception.


(... Le goufre profond d'Arceuil, la spherique,
dans le profond, jusqu'à trente mètres de profondeur.
Trente mille mètre cube vomumétrique.
Par contre, sur son séant, un stade pour footballeur ...)


Tout est enfin prêt. Deux semaines de dur labeurs.

Des doubles journées, souvent, pour tout le monde.

A se fendre la poire de cinq à dix-neuf heures.

A se marrer comme des baleines furibondes.

A se vanner comme de vrai potes de quartier.

Faut croire qu’il faut s’asticoter l’ego,

quand y a besoin de se sentir en sécurité.

Dans le métier, pas le moindre quiproquo.



Alors, il y aura le week-end du festival,

et nous serons au poste, fier de vous montrez,

notre savoir faire et nos cathédrales,

transcendantes de beauté pure exalté.

Vous serez nombreux à venir nous voir, curieux,

Et repartir, après la visite, émerveillés.

Avec, dans la tête, l’histoire de l’or bleue,

Que nous vous aurons, avec passion, contés.



Le dimanche, au soir, nous remballeront tout.

C’est sur, une nuit blanche en perspective.

Mais, parce qu’on est tous ensemble, on s’en fout.

Et, on est prêt, chaque année, à la récidive.

Au petit matin, nos belles seront communes,

à nouveau, prêtes à accomplir leurs missions.

Seront a nouveau oubliés, sans rancune,

du peuple, dont elles assument la protection.



Dans la nuit, quatre cathédrales souterraines,

protectrices d’une riviére enterrée,

attendront, patiemment, l’année prochaine,
en val de Bièvre, d'être encore aimer.

 







bassin-retention-cormailles-937177112 



  Informations complémentaires : Les photos sont de Laurent Niot. elles montrent le bassin des cormailles, aprés notre travail décrit ci-dessus. cette élaboration lumineuse est mise en place pour le festival de l'oh!, en Val de Marne.


                                                                                    2010



 

 

Par benoit gimenez - Communauté : Ruche de beaux mots
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Commentaires

Bonjour Benoît,
J'avoue que tu m'épates ! Etre autant inspiré par ces métiers d'égoutiers, de faiseurs de spectacles... même si, à certains moments, c'est un peu technique, on a envie d'aller au bout !
Merci donc pour ce partage. Bonne journée.
Bizzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz
Commentaire n°1 posté par Abeilles50 le 19/01/2010 à 08h45
Les mots techniques sont poétiques...Ne pas les comprendre, juste les humer....Et, en effet, nous sommes égoutiers, electromécanicien...et désfois faiseur de spectacle....Chaque individu nommé existe bel et bien....Et je travaille avec eux, tous les jours....Tu es incroyable, abeille, tu es vient, tu vois, et tu vainc de ta jovialité par un commentaire, si tot....Un vrai homme orchestre...C'est décidé, le bistrot des poèmes n'est plus que dans une seule communauté, la tienne! A bientôt, et merci, une nouvelle fois de ta visite! 
Réponse de benoit gimenez le 19/01/2010 à 15h53
un doux parfun de melancolie m'envahit a ta lecture ..........Mais je crains que celui que tu nome le 'visionnaire' n'ai quelques peut la vue 'brouillé' face a la realité........(rires)  Ha le grand reve de la D.S.E.Attitude egratigné par la aigrititude de certains .
Commentaire n°2 posté par Laulau le 19/01/2010 à 12h23
Mon copinou, je suis bien d'accord avec toi pour presque tout, sauf pour le visionnaire....En effet, nul n'est prophéte en son pays...ou en son métier....La vision est aprés l'horison! Et maintenant qu'on est levé, il suffit de marcher!!! A demain, laulau 
Réponse de benoit gimenez le 19/01/2010 à 15h49
Bonjour, un bel hommage que tu rends là... j'entends la glorification du  travail avec laquelle j'ai encore si souvent à faire même si je ne fais plus rien de reconnu par la société : vivre.
J'ai aimé ta description et tous ces Noms que tu cites et dont la grandeur est celle de l'ombre et de la pudeur.
Vous vous préparez là une bien belle manif... et comme il est vrai qu'ils viendront, regaderont, parleront et repartiront.
Ton hommage est comme l'air : il est nécessaire.
Il m'a fait du bien. Je vais aller me coucher en rêvant de partage, de reconnaissance, de beauté posée sur  ce qu'il peut y  avoir de plus laid. Et que des Etres rendent si attachant.
Merci à Toi, merci à Eux.
Je laisse ma présence virtuelle vous habiter quelques instants et à la clôture, vous offre le verre de l'amitié : celui que l'on boit de ses mains qui savent sculpter le sublime.
Que vos journées soient douces.
Un frère.
Commentaire n°3 posté par liedich le 22/01/2010 à 05h23

L'art du travail....cette thématique a offert les plus belles photos qu'il soit à Doisneau et ronis...A donné les plus beaux personnages dans l'effort à Delacroix et à Vangogh.....Et les plus belles pages àux "raisins de la colère" ou " en un combat douteux" de Steinbeck .
L'art a besoin de toutes les thématiques pour vibrer et nous faire vibrer.
J'essaye d'être un poéte pour cette thématique....Merci, john....
A bientôt Liedich
et no'oublie pas de vivre....n'oublie de nous en parler...c'est toi le meilleur.

Réponse de benoit gimenez le 22/01/2010 à 14h33
Une bien belle façon de parler de ce monde souterrain fait d'humilité et de pudeur ... C'est dans l'ombre que bien de grandes choses sont faites et c'est cette ombre qui donne à ces choses toute cette lumière !!!  Le monde d'aujourdh'ui ets souvent tout en lumière et en grandeur peut être n'est ce pas là que l'on trouvera le meilleur ... Tes mots sont techniques mais ils ne perdent rien pour se rendre poétique ... Bien vu !!! bravo et ciao Le tôlier
Commentaire n°4 posté par Marich le 22/01/2010 à 22h39
Merci, quand les profondeurs sont illuminés, cela donne le festival de l'oh! et des gars qui nettoient tout pendant de longs jours....a bientôt
Réponse de benoit gimenez le 23/01/2010 à 10h04

Bravo, joliement tourné, je ne peux que te feliciter !!! Comme d'habitude tes textes refletent ta grandeur d'ame et te remercie de valoriser notre metier.

Commentaire n°5 posté par Tuile le 26/01/2010 à 18h38
Merci, philou....c'est trés touchant....venant d'un ami comme toi, je ne peus qu'avoir une petite larmichette qui coule. A demain, cinq heures..
Et, si mes textes peuvent faire comprendre l'univers de l'égout à tous, alors, j'ai gagné
Réponse de benoit gimenez le 26/01/2010 à 23h09

c'est qui le tolier ?

  • : Benoit Gimenez (tôlier du bistrot des poèmes)
  • : Prendre un instant de vie et le sublimer afin de le rendre eternel. Parler de l'égout, du sud, des bistrots, et de sensualité aussi. Le tout saupoudré de poésie...

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