Le bistrot des poèmes...
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Je déroulais, en grand braquet, sur mes pédales .
De grosses suées dégoulinaient dans le cou .
Matant le bitume être avaler sous ma roue,
je tentais de bloquer, au taqué, mon compteur sale .
En brûlant ma graisse, les idées noires
tentaient, en vain, de se dissiper dans l’effort .
Au boulot, c’est la déroute, style veau d’or .
Et ou j’ai mis les clefs de bagnoles ? Quel tiroirs ?
Et c’est tendu avec ma gonzesse, en ce moment,
pourtant, je lui jouerai bien la bête à deux dos .
La petite me contrarie : Trop de gros mots .
Le temps est pourri . Grisaille et crachin, constamment .
Sur le quai de Bercy, je relève la trombine,
pour reluquer une ligne cisaillée d’immeuble .
Mais des éclats de clarté bleu rouge dégueule
des anomalies de couleurs sur ma routine .
Un camion de pompier .
Un autre sur le bas coté .
Des tricolores dans le dédale,
Qui régule que dalle .
Des cônes de sécurité, à foison .
Des cons qui matent comme des cons .
Un scooter déchiqueté .
Foudroyé, éparpillé .
Le brouillard crasseux sur le pont de Tolbiac,
écume d’un trépassement, s’insinuait
dans l’espace vide d’un fait divers décharné .
En roue libre, j’approchai du triste tarmac .
La vision morbide fut de quelques secondes .
Ces images sordide inscrit pour l’éternité .
Une bonne femme, sur l’asphalte détrempée,
était couchée, en croix, tel une madone .
Pull et chemise découpés, la chair acre
de son corps brûlée par le froid glacial .
Un pompier, dans un violent cérémonial,
Lui Pratiquait un massage cardiaque,
à lui craquer, en cendres, toutes les côtes .
Sa dépouille se trémoussait à chaque pulsions,
sur un rythme de métronome moribond .
Ses mamelles, tel du pudding, avait la bougeotte .
Sur la commissure de ses lèvres, un sourire
était figé, joyeux . Elle fixait la foule,
d’un regard bleue d’azur, comme qui dirait à la cool .
Elle, qui était si pudique, avant de s’offrir .
La populace s’agglutinait sur son trépas .
Le pompier comptait, comptable, le nombre
De massage . Puis bouche à bouche, en ordre .
Un spectacle gratuit ne se refuse pas .
Un type allume une clope .
Un autre cause avec un autre .
Des touristes prennent des photos .
Un couple devient accroc .
C’est mieux qu’un porno .
Ça monte crescendo .
Une femme déchiquetée,
Foudroyée, éparpillée .
J’ai quitté le lieu de mort, en petit braqué .
J’avais chaud .C’est con mais j’ai sangloté pour toi .
Je te connaissais pas . Tu n’avais plus froid .
Mais, qui regardait tu ?, me suis-je demandé .
Cette masse voyeuse de charognard humains ?
Non . C’était lui . Il était là avec sa faucheuse .
Et tu lui souriais, sincèrement heureuse .
Alors, non, pas lui . Un autre moins malsain .
Ton défunt père …Oui, lui, il t’a tant aimé .
Il a ouvert ses bras, il te montre le chemin .
Tu dois avoir hâte qu’il t’enlace, enfin .
Sur l’avenue, une ambulance m’a doublée .
Étais-tu dedans ou étais-tu déjà parti ?
Je déroulai sur les quais de Seine, si gris .
Celui qui me dira ou aller sera papet .
Dans ton couloir de mort,
au fond, peut être, un trésor .
Dans mon couloir de vie ,
mes idées noires sont parties .
Car, à deux mètres, tout prés,
La mort est passée .
Car, la mort m’a frôlé .
Et il a emporté,
Une femme effrayée ,
apeurée ….envolée .
2009
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