Mardi 5 janvier 2010 2 05 /01 /2010 05:00
- Publié dans : à la carte..



ptolbiac











Je déroulais, en grand braquet, sur mes pédales .
De grosses suées dégoulinaient dans le cou .

Matant le bitume être avaler sous ma roue,

je tentais de bloquer, au taqué, mon compteur sale .

En brûlant ma graisse, les idées noires

tentaient, en vain, de se dissiper dans l’effort .

Au boulot, c’est la déroute, style veau d’or .

Et ou j’ai mis les clefs de bagnoles ? Quel tiroirs ?

Et c’est tendu avec ma gonzesse, en ce moment,

pourtant, je lui jouerai bien la bête à deux dos .

La petite me contrarie : Trop de gros mots .

Le temps est pourri . Grisaille et crachin, constamment .

Sur le quai de Bercy, je relève la trombine,

pour reluquer une ligne cisaillée d’immeuble .

Mais des éclats de clarté bleu rouge dégueule

des anomalies de couleurs sur ma routine .


Un camion de pompier .

Un autre sur le bas coté .

Des tricolores dans le dédale,

Qui régule que dalle .

Des cônes de sécurité, à foison .

Des cons qui matent comme des cons .

Un scooter déchiqueté .

Foudroyé, éparpillé .




Le brouillard crasseux sur le pont de Tolbiac,

écume d’un trépassement, s’insinuait

dans l’espace vide d’un fait divers décharné .

En roue libre, j’approchai du triste tarmac .

La vision morbide fut de quelques secondes .

Ces images sordide inscrit pour l’éternité .

Une bonne femme, sur l’asphalte détrempée,

était couchée, en croix, tel une madone .

Pull et chemise découpés, la chair acre

de son corps brûlée par le froid glacial .

Un pompier, dans un violent cérémonial,

Lui Pratiquait un massage cardiaque,

à lui craquer, en cendres, toutes les côtes .

Sa dépouille se trémoussait à chaque pulsions,

sur un rythme de métronome moribond .

Ses mamelles, tel du pudding, avait la bougeotte .

Sur la commissure de ses lèvres, un sourire

était figé, joyeux . Elle fixait la foule,

d’un regard bleue d’azur, comme qui dirait à la cool .

Elle, qui était si pudique, avant de s’offrir .

La populace s’agglutinait sur son trépas .

Le pompier comptait, comptable, le nombre

De massage . Puis bouche à bouche, en ordre .

Un spectacle gratuit ne se refuse pas .


Un type allume une clope .

Un autre cause avec un autre .

Des touristes prennent des photos .

Un couple devient accroc .

C’est mieux qu’un porno .

Ça monte crescendo .

Une femme déchiquetée,

Foudroyée, éparpillée .



J’ai quitté le lieu de mort, en petit braqué .

J’avais chaud .C’est con mais j’ai sangloté pour toi .

Je te connaissais pas . Tu n’avais plus froid .

Mais, qui regardait tu ?, me suis-je demandé .

Cette masse voyeuse de charognard humains ?

Non . C’était lui . Il était là avec sa faucheuse .

Et tu lui souriais, sincèrement heureuse .

Alors, non, pas lui . Un autre moins malsain .

Ton défunt père …Oui, lui, il t’a tant aimé .

Il a ouvert ses bras, il te montre le chemin .

Tu dois avoir hâte qu’il t’enlace, enfin .

Sur l’avenue, une ambulance m’a doublée .

Étais-tu dedans ou étais-tu déjà parti ?

Je déroulai sur les quais de Seine, si gris .

Celui qui me dira ou aller sera papet .




Dans ton couloir de mort,

au fond, peut être, un trésor .

Dans mon couloir de vie ,

mes idées noires sont parties .

Car, à deux mètres, tout prés,

La mort est passée .

Car, la mort m’a frôlé .

Et il a emporté,

Une femme effrayée ,

apeurée ….envolée .

2009
                                                                               

Par benoit gimenez - Communauté : Ruche de beaux mots
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Commentaires

Bonjour Benoît,
Cette histoire est très bien contée... bravo.
Elle démontre que, malgré la grisaille qui nous envahit, la vie n'est pas si môche, et qu'elle faut le coup d'être vécue...
La scène de voyeurisme est à gerber, mais si réaliste...
Cette femme souriait certainement aux Anges...
Merci pour ce partage. Bonne journée.
Bizzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz
Commentaire n°1 posté par Abeilles50 le 05/01/2010 à 07h50
trés cher "patron", tou est rigoureusement vrai ....Je ne raconte, en l'essentiel, que des histoires vécus ou, ayant été vécu .Cette femme souriait, voila une certitude, Je souhaite sincérement que tu es raison . A trés bientôt .
Réponse de benoit gimenez le 05/01/2010 à 14h29
Voilà qui est encore une fois narrée de façon à ce que je vive la situation comme si j'y étais car nul doute que j'aurais senti la chaleur m'envahir même par temps glacial , une chaleur moite de qqn qui n'est pas à l'aise avec ce qu'il voit ... Pas le corps déchiqueté mais tous ces badauds là à regarder cette femme s'en va et le monde continue de tourner ... m'ué moi et la mort c'est trop difficile à associer ca me fait flipper du coup j'aurais filé mais toi tu es passé par là et tu narresa dmirablement les choses vraiment tu as une belle plume !!bye et bon week end à toi
Commentaire n°2 posté par Marich le 08/01/2010 à 23h55
Avec du retard (cause, une semaine de ski) je te répond trés cher Marich....Je suis passé trés vite...mais cela a suffit pour que cela me retourne ! Obligation de l'écrire. merci pour les compliments qui, venant de toi, me touche profondement. j ai voulu une touche optimiste en fin de texte . Le fait divers était (est) toujours trop violent. A trész bientôt.
Réponse de benoit gimenez le 16/01/2010 à 21h27

c'est qui le tolier ?

  • : Benoit Gimenez (tôlier du bistrot des poèmes)
  • : Prendre un instant de vie et le sublimer afin de le rendre eternel. Parler de l'égout, du sud, des bistrots, et de sensualité aussi. Le tout saupoudré de poésie...

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