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Le bistrot des poèmes...
les mardis, au bistrot, l'on vous sert en poésie, du goulot jusqu'en vers.
La dame du lac est embourbée.
Les sources ne sont plus fécondes.
Plus aucune peur. Plus de sacré.
Les nymphes se morfondent.
L’eau déviée en folle fontaine
Est devenue, au fil du temps,
Une eau d’évier, que l’on draine
Dans des trous croupissants.
L’homme moderne l’a canalisé,
Dans un enchevêtrement d’égouts.
L’homme moderne l’a étouffé,
Soumise, traînée dans la boue.
Cette déesse nourricière
Est devenue une propriété.
Avant, sublimée par des prières,
La voilà, maintenant, facturée.
Les chants sublimés pour Amphitrite,
De tous ses pèlerins venant en masse,
Sont perdus. La vieille a de l’Arthrite.
Depuis, on a tiré la chasse.
Les processions gauloises,
Pour Cybèle, au source des fleuves,
Fertilisent, maintenant, l’ardoise
Du taulier ou ils s’abreuvent.
D’antan, on élevait des statues,
Pour les naïades polissonnes.
On coule des bronzes en vertu,
Désormais, pour nos envies de trône.
En vérité, je vous l’avoue,
Toutes ces légendes sont au trou.
Par les avaloirs, cela échoue
Dans les rivières de mes égouts.
Car, je suis gardien d’eau impure.
Travailleurs des profondeurs .
Et toutes ces déesses murmurent,
A mes oreilles, leurs aigreurs.
2009
Le trés etrange voyage de l'etron