Partager l'article ! Combat: "Les Sabines" de Jacques-Louis DAVID Oh! Que je ...
Le bistrot des poèmes...
les mardis, au bistrot, l'on vous sert en poésie, du goulot jusqu'en vers.
"Les Sabines" de Jacques-Louis DAVID
Oh! Que je comprends les tortures de l'artiste
Qui fouille en ses entrailles de quoi se nourrir !
De cette acide ripaille, il est l’aubergiste…
Et sert à ses clients, de délicats soupirs.
Mais, quel horrible combat sur soi-même
A atteindre le sublime par les nœuds de l’esprit !
En prose ou en rimes, l’encre nous mène
Aux longs trépas ou à l’exaltante furie !
La gouache des mots s’étale en surface
De bout de papier, en déni et rature.
Mais, avec son trépied au centre de l’espace,
Il saisit le faisceau de l’utopique peinture.
La beauté de l’instant est si éphémère,
La brûlure des sens, si profond dans nos corps,
Qu’il y a urgence à transformer, en or,
Un bref accident que l’on pleure ou vénère….
Combien de martyrs ont la malédiction
De cette page blanche ou l’on veut écrire ?
Combien de souffrances ont l’absolution
Par le simple plaisir du vers à produire ?
Et, quand la fin du poème se raccroche
A la mine du crayon frénétique,
Hurle l’inspiration ! Sonnent les cloches
De la victoire suprême sur la poétique !
Mais, à son retour de la bataille d’Alexandrie,
Le poète, fatigué, à nouveau désespère
De ne point trouver la paix en son logis.
C’est pourquoi, aux entrailles, reprendra la guerre…
Qui peut me dire pourquoi je retourne toujours
Dans cet espace, en quête de ce maudit faisceau ?
Est-ce l’unique place de nous autres troubadours
Qui voulons peindre, en mourir, un monde plus beau ?
2011