Le bistrot des poèmes...
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Quand on ose, avec son prose, dans le trône,
déposer une odorante aumône,
voici qu'un périple, surprise et mystique,
se peaufine pour notre complice gastrique .
Alors que notre chiasse se prélasse
dans sa mélasse grasse, on tire la chasse .
Le voila qu'il butte dans une chute d'eau,
il perd pied au radier d'un de mes canaux .
Et il va voyager, dans les chemins usés .
Un poème sur une merde....êtes-vous étonné ?
Sans aucun goût, dans les égouts, il s'agglutine
avec des étrons étrangés, d'autres latrines .
Un mou mouvement d'une troupe d'égoutiers
et notre hôte tapote leurs bottes emmerdées .
Et les ombres des hommes s'en vont à fond de train .
Un gras ressac claque en vague et en crachin .
Et il s'enfuit, par les chemins pourris,
Une poésie sur du moisi...êtes-vous surpris ?
Une pente douce, notre bronze s'écoule
sereinement, sans souci du temps qui coule .
Surpris ! Un saut à ski ! l'infortuné va très vite .
Après la magne, il stagne, tel un monolithe .
Un puits hélico"idaux ! le sombre idiot
se précipite, en un précipisse vertigo,
dans un collecteur . Six mètres de diamètre .
Dans un fleuve mort . Dans les entrailles de la terre .
Et il s'échappe, dans les chemins noirâtres .
Des alexandrins sur du tanin....ça vous épate ?
Il chemine tranquillement vers son destin .
Se cogne sur une grille oxydée de pétrin .
Pendant que la poche d'un dégrilleur, récupérant
difficilement les encombrants d'humains polluants,
monte et descend comme un stakhanoviste .
Puis, il glisse, réguler par une vanne orifice,
pour se faire remonter, si rapidement,
par le biais d'une pompe de relèvement .
Et il accoure, dans les chemins de croute .
des rîmes sur de l'urine...ça vous la coupe ?
Par combien de vannes a t-il été guidés ?
Et, de vannes, sur son passage, se sont effacées ?
Sur combien de métres a t-il été relevés ?
Six mètres ? Dix huit ? Transhumance insensée .
Combien de raccordements ,égouts, collecteurs ?
Combien de kilomètres ? Combien d'heures ?
Dés fois, plus de huit, pour atteindre Avalon,
qui se trouve être la station d'épuration .
Et là, c'est le nihilisme, la dislocation,
pour notre fécal ami . Une désolation
de savoir que cet obscur pèlerinage
amène à la mort notre caca si sage .
Et il meurt, dans mes chemins de labeur .
Des mots sur mon boulot... mes profondeurs .
Dorénavant, en utilisant votre postérieur,
vous saurez que je suis dessous ....un brin moqueur....
2009
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