Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /2009 05:00
- Publié dans : Les chemins usés




Quand on ose, avec son prose, dans le trône,
déposer une odorante aumône,
voici qu'un périple, surprise et mystique,
se peaufine pour notre complice gastrique .
Alors que notre chiasse se prélasse
dans sa mélasse grasse, on tire la chasse .
Le voila qu'il butte dans une chute d'eau,
il perd pied au radier d'un de mes canaux .

Et il va voyager, dans les chemins usés .
Un poème sur une merde....êtes-vous étonné ?

Sans aucun goût, dans les égouts, il s'agglutine
avec des étrons étrangés, d'autres latrines .
Un mou mouvement d'une troupe d'égoutiers
et notre hôte tapote leurs bottes emmerdées .
Et les ombres des hommes s'en vont à fond de train .
Un gras ressac claque en vague et en crachin .

Et il s'enfuit, par les chemins pourris,
Une poésie sur du moisi...êtes-vous surpris ?

Une pente douce, notre bronze s'écoule
sereinement, sans souci du temps qui coule .
Surpris ! Un saut à ski ! l'infortuné va très vite .
Après la magne, il stagne, tel un monolithe .
Un puits hélico"idaux ! le sombre idiot
se précipite, en un précipisse vertigo,
dans un collecteur . Six mètres de diamètre .
Dans un fleuve mort . Dans les entrailles de la terre .

Et il s'échappe, dans les chemins noirâtres .
Des alexandrins sur du tanin....ça vous épate ?




Il chemine tranquillement vers son destin .
Se cogne sur une grille oxydée de pétrin .
Pendant que la poche d'un dégrilleur, récupérant
difficilement les encombrants d'humains polluants,
monte et descend comme un stakhanoviste .
Puis, il glisse, réguler par une vanne orifice,
pour se faire remonter, si rapidement,
par le biais d'une pompe de relèvement .

Et il accoure, dans les chemins de croute .
des rîmes sur de l'urine...ça vous la coupe
?

Par combien de vannes a t-il été guidés ?
Et, de vannes, sur son passage, se sont effacées ?
Sur combien de métres a t-il été relevés ?
Six mètres ? Dix huit ? Transhumance insensée .
Combien de raccordements ,égouts, collecteurs ?
Combien de kilomètres ? Combien d'heures ?
Dés fois, plus de huit, pour atteindre Avalon,
qui se trouve être la station d'épuration .

Et là, c'est le nihilisme, la dislocation,
pour notre fécal ami . Une désolation
de savoir que cet obscur pèlerinage
amène à la mort notre caca si sage .

Et il meurt, dans mes chemins de labeur .
Des mots sur mon boulot... mes profondeurs .

Dorénavant, en utilisant votre postérieur,
vous saurez que je suis dessous ....un brin moqueur
....



                                                                                                                                                                                   2009






Par benoit gimenez - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Commentaires

waouh !! il faut savoir manier les mots pour en ecrire autant avec ce brin d'humour un peu tordant sur un un sujet comme celui là chapeau l'artiste !!!
Commentaire n°1 posté par marich le 06/10/2009 à 23h22
merci beaucoup, voila un commentaire trés sympathique mais, jouer avec les mots, c'est avant tout ....jouer....
Réponse de benoit gimenez le 07/10/2009 à 05h25
je suis entièrement d'ac avec le premier commentaire !!!
je suis tombé un peu par hasard sur vos proses, et j'aimerais prendre contact avec vous au sujet d'un projet un peu particulier sur lequel je travaille ... Pouvez vous m'envoyer une adresse où je puisse vous en parler plus en détails ???
Merci d'avance
Commentaire n°2 posté par Thomas le 21/10/2009 à 09h53

Voici mon adresse e-mail :

poulet34@wanadoo.fr

à bientôt
Réponse de benoit gimenez le 22/10/2009 à 17h26

c'est qui le tolier ?

  • : Benoit Gimenez (tôlier du bistrot des poèmes)
  • : Prendre un instant de vie et le sublimer afin de le rendre eternel. Parler de l'égout, du sud, des bistrots, et de sensualité aussi. Le tout saupoudré de poésie...

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