Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /2009 05:00
- Publié dans : Campagnan

                                                                        A l'époque du fils..




                                                                                                                                       à l'époque du fils

Oh ! Petit rouquin qui, maintenant, doit être
ingénieur informaticien, dans une tour
de la défense, souviens-toi, ton mal être
et les gamins qui t'ont joué un sale tour .

Au temps ou nous nous goinfrions de compote,
ou nous nous grattions le cul dans nos culottes,
je t'ai découvert, jouant, protéger par un enclos,
et, dans ton oeil, j'ai vu la flamme de l'idiot .
Comme Saint-Exupéry, dénichant sont petit prince,
c'est être bénit de dégoter dans sa province,
un petit parisien aux tendres yeux de perdrix,
bientôt, dévoré par quatre goupils en furie .
Quatre cariclos de pècques, haut de quatorze ans,
qui, dés l'apparition divine de l'innocent,
concoctent un piège, pour le mettre au fer :

Un, Franck devint ornithologue du petit robert .
De deux, j'emprunte un grand sac de jute à papet.
Et trois, on se poste, en criant qu'on va chasser,
devant le jardin du poisson pour l'appâter .

-"C'est quoi que vous voulez attraper ?"
                                                       Questionne
notre Jules que la curiosité picote .
Nous, renard, envoyons, alors, l'énorme carotte
à notre âne, poilu, qu'ainsi, on désarçonne .

-" Un Dahu !"
                 -" Un...quoi ?"
                                    -" Un Dahu !!!"
                                                       -" Et c'est quoi, ça ?"
-" Un oiseau avec une patte plus courte...quoi!!!"
-" ça peut pas exister, vous foutez pas de moi !"
-" Jurer, cracher par terre, qu'on se fout pas de toi !!!"

Énervé, Frank, de sa besace, sort un dico,
l'ouvre, lit la définition noté au stylo :
-" Classé dans la famille des gallinacées,
ainsi que , dans celle des demis échassiers,
avec un plumage d'émeraude et de safran,
une collerette hirsute d'un rouge flamboyant,
le Dahu possède l'étrange particularité
d'une patte plus courte .Vivant qu'à flanc de sommet,
il ne peut aller que droit, face au vent !"

Éric clame :
                -" C'est une chasse pour homme, seulement !"
-" Mais je suis un homme !"
                                      : répond le divine enfant .
Noël se marre :
                     -" Si tu chopes un Dahu , vraiment,
que tu l'enfermes, dans le sac, t' es un homme, un vrai
de vrai. Mais pas avant !"
                                  -" Eh, ben ! Je vais le prouver !"

Dans un grincement, il ouvre le portillon,
en jetant un regard inquiet à sa maison,
mais aucun parent à l'horizon . Il s'échappe .
Le voila dans nos filets .Tout cru, on le happe .

-" sérieux, t'es pas une lope !"
                                         -" trop fortiche !"
-" Pas prévenir ses parents et partir....c'est chiche !"





L'idiot est si fier de sa stupidité
que de rire, tous les quatre, on pourrait éclater !
mais rien,  sur nos visages, ne doit apparaître,
pour l'estocade finale sur notre vedette .

La forêt du Pioch est le théâtre du drame .
Notre parigot, à tête de veau, ne rend pas l'âme .
Sous nos bravos, il se sent important et fier .
Il ne remarque pas que, chaque ornières,
chaque sentes, chaque chemins, lui est inconnu .
Il est heureux d'être l'intérêt de gratte-culs
ou, peut être, croit il s'être fait des copains .
Bref, il ne se méfie pas qu'on le perd au loin .

Noël avait repérer l'endroit tragique,
ou nous allons faire sécher notre vilain tique,
quelque jours avant .Car le Pioch, c'est notre forêt,
notre paradis, notre aire de jeux préférés .
Je lui tend le sac de jute :
                                          -" Prends ça, mon gars !"
Et Frank renchérit :
                                -" Tout l'honneur sera à toi !"
-" Parce que tu as de la trempe, tu l'attraperas !"
-" Nous , on part le chercher, on va te le débusquer,
    on va te le ramener, à toi de le choper,
     dans le sac !"
                             -" vous êtes certain qu'il passe par là ?"
-" C'est le chemin, y peut pas aller ni en haut, ni en bas !   
-" D'accord !"
                      murmura-t-il , la peur dans la voix .

On s'éloigne, doucement, un à la fois,
comme des soulèveurs, en agitant les buissons,
en grattant le sol, tapant dans les trous, au bâton .
Les mains à la bouche, on faisait des cris gutturaux .
Comme ça, l'idiot croyait qu'on cherchait l'bestiau .

Puis, il disparut de notre champ de vision
et, à toutes jambes, on a couru vers nos maisons .
On riait aux larmes, à se faire mal au bidon,
à se rouler au sol, à se pisser dans le caleçon .

On a apprit que, chez toi, plus tard, tu es rentré,
en pleurnichant, en plein milieu de la nuitée .
Les fringues déchirées par les ronces de la forêt,
tu as pris, soufflante et gifles déculottées .
Mais c'est la honte qui t'as le plus submergé .
La peur de nous voir . La peur d'être moqué .
Du village, c'était un hurlement de rire
qui semblait percuter tes esgourdes . Te maudire
suffirait pas pour oublier .Nous maudire, non plus .
Partir .A jamais .Ne plus voir ces trou du culs .

Oh! Petit rouquin, qui, maintenant, doit être
ingénieur informaticien, dans une tour
de la défense .Souviens-toi, ton mal être,
et les gamins qui t'ont joués un sale tour .



                                                                                                                2006/09

Par benoit gimenez - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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c'est qui le tolier ?

  • : Benoit Gimenez (tôlier du bistrot des poèmes)
  • : Prendre un instant de vie et le sublimer afin de le rendre eternel. Parler de l'égout, du sud, des bistrots, et de sensualité aussi. Le tout saupoudré de poésie...

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