Mercredi 4 juillet 2012 3 04 /07 /Juil /2012 05:00
- Publié dans : Les chemins usés



Derriére les murs , inondés de fenêtres ,
les cités , au pied géant coulé dans l'argile ,
et les immeubles , rangés en épi , en ringuette ,
surplombent le ciel ,amiantent les fossiles .

Une colonne sèche , colonne vertébrale
dans un corps de parpaings , récupère l'humaine
boue .
Cette eau pourrie est évacuée dans l'abyssal
de notre terre , entaillée de metro et d'égout .

D'égout ou des hommes cheminent en cuissardes .
Sous les voûtes , des vagues visqueuses gigotent .
Leurs casques éclairent d'une lumiére blafarde ,
par une lampe , une rivière morte .

Car ces longs enchevêtrement de nervures sales ,
ces veines de boue , ces artères d'immondices ,
régulent le coeur de nos villes si banales ,
au poumon vide d'oxygène , pleine de silice .

En des glissements de jambe , danse de la nuit ,
ils créent des houles douces , le long de radier .
Les infiltrations , comme une fine pluie ,
s'égouttent dans cette atmosphère vicié .

Un clapotis qui romps le silence morbide .
L'équipe d'ouvriers inspecte le génie civil .
Ils rient d'une blague à ce tordre le bide .
C'est pas par le sang .Pas grave . C'est une famille .

Et les hommes posent des batardeaux , pour diriger
la flotte noire . Parbleu , dans les glissiéres ,
ça fait un bruit de métal et d'eau éclatée .
Un travail comme un autre . Pas de chimére .

Dans les mains , pelles et pioches sont les outils ,
de ces terrassiers emmerdés . Ces globules blanc
surveillent le corps de l'humanité , ce chenil
qui cague et pisse , tout en lisant des romans .

Nous , égoutiers , avons jamais vu Spangiari ,
ni crocodile , ni fantôme de l'opéra .
Nous , égoutiers , besognons sans diableries ,
en nous méfiant seulement des millions de rats .
                      
                                                                                                                                     2009

 

Par benoit gimenez - Communauté : Les plumes de timilo
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Commentaires

un grand bravo à toi, d'un collègue admiratif. j'aurai le plaisir de te relire sans modération, maintenant que je possède la clef du bistrot .


                                      OLIVIER

Commentaire n°1 posté par cinquin olivier le 25/02/2010 à 20h51
Merci, c'est trés gentil à toi. En espérant que mes vers t'ont plut et qu'ils plairont à tes amis du groupe...Je suis prêt à commencer l'aventure avec toi
Réponse de benoit gimenez le 26/02/2010 à 05h47

le dégout que l'on a de ces cannaux d'immondices  vu par tes poêmes semblent  "presque"  visitables ,    chapeau bas devant ton métier ......

bisous

Commentaire n°2 posté par tine le 20/07/2010 à 21h13

Merci beaucoup et à la semaine prochaine sur nos routes avant de se voir dans tes montagnes

Réponse de benoit gimenez le 26/07/2010 à 10h01

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