Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Communauté : Ruche de beaux mots - Par benoit gimenez
le Bistrot des poèmes

L'aventure commence dans vos toilettes
!
voila l'article qui rend compte de la conférence ou j'ai été conversant . Une part non négligeable de l'article publié le 18 decembre à Nord-Eclair,
parle de certains de mes propos ....Un peu faussés, les propos....mais bon, tout à la fin, il y a l'adresse du blog .
En photo, Patrick Bouchain ....le metteur en scéne .
Patrick Bouchain tenait à aborder ce Surprenant sujet que celui de la dernière
conversation publique à l'Atelier électrique. « Comment allez-vous ? » s'est attaquée à nos rejets corporels et à leur destination, une fois la chasse d'eau tirée.
VINCENT DÉCAUDIN > vincent.decaudin@nordeclair.fr
-trois ans qu'(il) y tenait », il l'a fait. Patrick Bouchain, grand architecte chargé actuellement de la réhabilitation de l'îlot Stephenson, a toujours eu ce «
besoin ». Aborder un « vaste sujet » : le contenu de nos toilettes. On a difficilement vu plus universel...
Mais c'est très sérieux, comme la bonne quarantaine de personnes présentes, qui n'ont pas eu besoin de masquer leurs sourires. Car bien entendu, le débat dépasse
largement le transit intestinal, on est là sur une question environnementale majeure. « Notre société très hygiéniste l'a traitée de manière très technique, rappelle Patrick Bouchain. La forte
concentration, avec l'urbanisation, va créer des problèmes de consommation d'eau ». D'autant que chaque être humain produit en moyenne 1,5 litre d'urine par jour et 150 à 170 grammes de matière
fécale. Multipliez par les 6 milliards d'habitants de la planète...
L'« affaire » est devenue celle de spécialistes, comme Jacques Decool, ingénieur issu de l'école d'Arts et métiers, qui décrit son métier comme « passionnant ». Il explique que, dans nos
contrées, terminés la cabane au fond du jardin, l'épandage dans les champs ou les fossés : l'épuration est généralisée. Nos « odorantes aumônes » - pour reprendre les termes de l'invitation -
effectuent donc chaque jour un véritable parcours du combattant. Jusqu'à 20 km de canalisations jusqu'à la station, où elles sont recueillies dans des grilles. L'eau est ensuite décantée,
dépolluée biologiquement (avec des bactéries), subit de nombreux traitements avant d'être rejetée dans les cours d'eau.
La vie d'égoutier
en alexandrins
Sa route peut alors croiser celle d'un drôle de personnage. Benoît Gimenez est égoutier depuis 8 ans. Électromécanicien, il a été formé « sur le tas de boue »,
dit-il. Il est également poète et raconte en alexandrins son quotidien d'« égoutier moderne » à la station d'épuration d'Achères, dans le Val de Marne. La 2e du monde en terme de débit (2
millions de m³ d'eau par jour), après celle de Chicago.
Pourtant, elle n'a pas supporté le « pic » d'activité pendant la mi-temps de la finale de Coupe du monde en 1998...
À l'entendre, la vie dans les 800 km d'égouts dont il a la gestion, est fantastique. L'odeur ? « On ne la sent plus ». Même s'il est capable de reconnaître un
quartier antillais ou asiatique aux effluves particuliers dûs à l'alimentation traditionnelle. Des rats ? Oui, beaucoup, mais aussi des tortues - « un fléau » -, du soja qui pousse et même... un
crocodile, retrouvé dans les égouts de Paris. Recueilli bébé, il a atteint les 3,50 mètres dans le zoo où il habite aujourd'hui...
Pour Benoît Gimenez, « on est aussi dans une sorte de sérénité dans les égouts. On est hors du monde ». Sans doute ce qui lui a donné l'envie d'écrire sur ce sujet
qui, forcément, nous concerne tous. À l'Atelier électrique, on devrait en reparler : « le sujet n'est pas épuisé , conclut Patrick Bouchain. On fera d'autres conférences ». D'autres thèmes sont
aussi envisagés : l'acoustique, le handicap et, du 25 au 29 janvier, une grande action sur la vie de quartier à l'Épidème, avec une conversation le 26.w Les poèmes de Benoît Gimenez sur :
www.le-bistrot-des-poemes.com
les egouts