Mardi 28 septembre 2010 2 28 /09 /Sep /2010 05:00
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

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          Photo de Noelle Maybon,

 

 

En tant que membre actif du GPCTC,

(Groupe des Poètes Contre les Thèmes à la Con)

Je dois, entièrement, m’engager

Et dénoncer le plus abject des adorations.

Oh ! Je peux, pour cela, devenir pestiféré

Au sein des artistes et autres trublions.

Et, qu’importe un destin d’homme renié,

Si j’extermine le perfide rubicon.

Il est un thème lâche et perfide qui, d’emblée,

Empeste les recueils tel une infection.

On s’extasie devant sa soi-disante beauté.

On béatifie sa grâce en divination.

Moi, c’est à l’insecticide que j’aspergerai

La thématique tant aimée du papillon !

 

Et les poèmes commencent toujours ainsi :

« Qu’il est beau, le papillon, qu’il est joli !

Avec toutes ses couleurs multicolores ! »

Et gnan gnan avec de mielleuses métaphores

À l’être humain et l’éclosion de l’âme,

Comme si y avait rapport avec l’insecte infâme !

Et bla bla bla sur la contemplation

De son envol faite de petite vibration !

Tant de tirades pour un si petit machin,

Qui je le rappelle, ne voit que trois matins,

Car il passe son existence à se tortiller

Dans un corps tout anneler et gélifier.

 

Quoi ? Ça se fait tout beau pour s’accoupler

Alors que c’est similaire à l’humanité ?

Assez ! La pratique de décrire l’insecte

Doit cesser ! Ensemble, disséquons-le d’emblée !

Voila tout mon fiel et toute ma colère

Pire encore que ma haine pour la guerre !

Et, j’ose espérer ne plus vous y prendre

A rimer sur ce thème à mettre en cendre…

 

Même si je l’avoue, un peu, chers amis,

Un papillon, c’est quand même très joli.

 

 

                                            2010

 


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Mardi 21 septembre 2010 2 21 /09 /Sep /2010 05:00
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

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                 photo de Sarah,         pour voir son site: www.uneparisiennesemerveille.com

 

 

Ce soir, je bois.

J’admire, entre les croisés de ma fenêtre,

Les toits de Paname qui sont entassés

Dans l’enclos du Périph’. L’illustre dame d’acier,

Telle une bergère, leur donne à paître

D’un peu de ciel et de petites étoiles.

 

Dans mon fauteuil en Skye, je m’enfouis.

Un reste de mégot entre mes doigts jaunis.

Mon dernier rond de fumée est un voile

Qui se volatilise à l’ombre des murs.

Je l’écrase dans le cendrier, à mes pieds,

Et prend le picrate qui brûlera mon gosier.

 

Ce soir, je bois pour rouvrir les blessures,

Comme lorsqu’on presse un fuit trop mur,

Pour voir dégouliner d’entre les doigts

Le jus de vie qui perd sa route, et, d’effroi,

S’écrase sur le sol glacé plein de sciure.

 

Je bois

Aux destins et ses jongleries,

Aux actes manqués par âneries,

Aux lanternes prises pour des vessies.

Je bois

Aux femmes que je n’ai pas aimées,

A celle qui m’ont ri au nez,

A tes doux baisers sucrés,

A tes doux baisers sucrés.

 

Ce soir, je bois

Ton index creuse, le long de mes épaules,

Un sillon d’où germera l’amour infini.

Tes longs cheveux font frissonner mon autonomie.

Tu poses tes lèvres sur ma bouche molle.

S’il te plait, ma propriétaire, éteint la lampe

Et fait glisser ta nudité, à l’odeur cannelle,

Vers notre chambre ou t’attend ton chaud sommeil.

 Ne regardent pas les fantômes qui me hantent.

Ce soir, je bois. Va. Laisse-moi seul.

C’est si bon d’être un moment avec soi-même.

Oui,  j’ai promis mais je bois quand même.

Dors. Je t’aime. Laisse, que je me recueille.

 

Je bois

A mes souvenirs d’enfant oubliés,

A mes parents par le temps, ridés,

A ma trombine déjà marquée.

Je bois

A ces amitiés artificielles,

Aux pseudo dieux dans les missels,

Aux bla-blas ministériels,

A notre amour éternel,

A notre amour éternel.

 

Ce soir, je bois.

Je m’engourdis à m’arsouiller la tronche,

Et je pénètre à l’intérieur de mon âme.

Des vagues d’émotions ouvrent mon sésame.

Mon imaginaire, à l’abandon, jonche

Le sol de ma paresse d’homme oisif.

Il y a des choses qu’on écrit qu’à la nuit.

A cette heure-là, tous les stylos sont pris.

Alors, le besoin d’écrire est compulsif.

 

J’écris

Aux destins et ses jongleries,

Aux dieux, aux mythologies,

Aux bonheurs ,aux plaisirs de vie.

J’écris

Aux paysages de bon aloi,

Aux amis, cela va de soi,

Aux souvenirs d’autrefois,

Au bonheur d’être à toi,

Au bonheur d’être à toi.

 

                                                                 2010 

 

D’après une chanson de Serge Reggiani «  la chanson de Paul »

 

 

 

 

 


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Mardi 24 août 2010 2 24 /08 /Août /2010 05:00
- Publié dans : La terrasse d'été

 

Le taulier se tente à la peinture depuis deux ans.

Et il décide cette année de montrer quatre de ses oeuvres de cette année.

 

 

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Peinture commandée par Sophie, librement inspiré par l'artiste Mucha

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Peinture inspiré par une photo en noir et blanc de Danielle DARIEUX 

 

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Une interpretation de la toile de Van Gogh ( la chapelle d'auvers sur oise )

 

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 Sur un visage peint par Boticelli, le buste n'est qu'inspiration .

 

 

 

 


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Vendredi 13 août 2010 5 13 /08 /Août /2010 05:00
- Publié dans : La terrasse d'été

L'un de mes poêmes " la chanson du petit noir" est devenu un court métrage qui se nomme "La complainte du petit noir. il a été tourné l'année derniére. Il est fini et va aller concourir dans tous les festivals amateur du coin. Vous pourrez le voir sur ce blog l'été prochain. En attendant, voici quelques photos du tournage et, à la  toute  fin de l'article un autre petit court métrage institutionnel avec la famille du taulier et le taulier durant quelques secondes . Mais surtout, le travai de Laurent Niot à la caméra ( même caméra qui a tourné le petit noir....  )

 

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De gauche à droite, Gerard dans le rôle de Gégé, Rabah dans le rôle de Rabah, Votre serviteur dans le rôle du narrateur, Olivier dans le rôle de l'ancien proprio...

 

 

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Sur le zinc, le personnage principal du court: le petit noir. Votre serviteur à gauche, Arnaud dans le rôle de Doudou à droite.

 

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  Laurent derriere sa caméra et Pascale au script.

 

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  Préparation et pose de la dolly.

 

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  Laurent sur la dolly qui tourne une sequence.

 

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  Gérard, olivier, rabah

 

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  Olivier dans le rôle de brû, l'ancien proprio... 

 

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Merci aussi à Jean-philippe qui joua son propre rôle dans le court.

Merci à Gunther, d'avoir preté son bar pour nos bétises et d'avoir, aussi, jouer le rôle du proprio actuel ...(ce qu'il est, d'ailleurs, reellement..)

Le bar se trouve sur le quai Fernand Saguet de Maison-alfort ( Val de marne)

 

Voici, maintenant,  LE PLAN BLEU

 

 

 

 


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Mardi 3 août 2010 2 03 /08 /Août /2010 05:00
- Publié dans : La terrasse d'été

 

 

 

 

un pays-couv 

 

Il y a deux ans, Salika Amara, présidente de l'association fils et filles de la république,  créa un concours de poèsie ouvert à tous.Il fallait débuter le texte par "un pays, ça veut dire"Et qu'il n'y ait aucune allusion à un quelqu'onque pays.

J'en écris un et il obtint le deuxiéme prix.

L'aventure a continué par la publication de tous les poèmes, dans un receuil de trés belle qualité.

La thématique si chére à Salika Amara pour mieux se comprendre et mieux vivre ensemble est magnifiquement loué dans cet ouvrage.

De plus, elle et ses amis de l'association, ont baroudé dans de multiples bibliothéques et autres lieux pour lire un florilége des poèmes devant des auditoires.

C'est elle qui lit mon poème.

J'en suis trés fier... 

 

 

un pays interieur poèmes


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Vendredi 30 juillet 2010 5 30 /07 /Juil /2010 05:00
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

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Nb: Les mots techniques d'un métier, quel qu'il soit, sont source d'une trés belle poésie. vous ne comprendrez, certainement, rien à certain des propos ci-dessous. Peu importe, laissez vous aller à la mélodie de lecture...

 




Oubliées, quatre cathédrales souterraines,

protectrices d’une rivière enterrée,

seront sublimées, redeviendront mondaines,

comme chaque année, à l’époque d’avant l’été .


Car, si les festivaliers, brindille en bouche,
déambulent, en famille, sur les escales;

  montent sur des péniches; admirent, à la louche,

artistes, spectacles, concerts et nombreuses étales;

ils pourront,aussi ,voyager dans les ténébreuses

allées de l’assainissement Val de Marnaise.

Là, ils verront une obscurité merveilleuse.

Nous serons leurs guides, à la jactence fort aise.

Mais, avant tout, afin que ces magiques ouvrages

soient, illustres, serties des plus beaux apparats,

l’ouvrier utilisera maint outils d’usages

pour le nettoiement et la beauté d’ici-bas.



(… EV3, au centre de Vitry sur seine,

Sous la place du marché, melting-pot bigarrés,

La triangulaire EV3, si sereine,

Avec ses cinquante mille mètres cubes de capacité …)



Nous, gardiens de ces temples de rétention,

electromecanicien, vigilant au quotidien

de ces œuvres de lutte contre l’inondation,

allons nous atteler, avec vigueur et soin,

à rendre ces gothiques joyaux, plus beaux encore.

Quinze gars, en tenue d’égoutier, sous l’égide

de Laurent, rincent les bassins et les déflorent

de toutes merdasses entassées et fétides.

D’abord, les Augets. Ces grandes baignoires,

au centre de gravité excentré, basculeront

leurs tonnes de flotte et, tel de géant lavoir,

nettoieront les radiers, en ressac furibond.

Entre les travées, sur les pistes, ravinant ainsi

le fond des bassins encrassés de terre fertile.
Car, du Soja avait poussé.Toujours de merde, naquit.

A la manœuvre, Philippe, surnommé tuile

(car la vie l’assigne a de grandes ardoises),

et d’autres compères, sur les sites à nettoyer,

au supervision, déclenchent les remplissages.

Puis, démarrent les pompes à boues, pour tout vider.



(… Et le bassin des Cormailles, un peu plus loin,

à Ivry, sous le parc du même nom de terroir,

attend, patient, comme à Vitry son concubin,

l’eau de pluie qui s’engouffre dans les avaloirs. …)



Ensuite, branchant les Karcheurs à plein rendement,

José  (unique Portugais à dénigrer le Football),

Ant1 (déconneur mélomane d'un son violent),

Vince  (adore et hait le PSG, façon bestial),

font retentir ces machine à décoller

le merdier agglutiné sur les caillebotis,

sur les murs et contre les vannes d’étanchéité,

leurs vitodos et leurs visages, noir de coulis.

A la lance à incendie, d’autres compagnons,

bataillent en haute pression et vacarme,

Fredo  (génial électricien et Cro-Magnon),

Coin-coin  (né dans un champ de betterave),

Gégé  (tendre nounours de cent kilos agité),

bubulle (aux carrés de chocolat sur les abdos),

s’affaire à récurer entre les piliers,

à rincer dans les trémies, les bras en Chamallow,

purgeant dans les bâches des pompes de relèvement,

dégommant les filandreux aux grilles des dégrilleurs.

De la tête aux pieds et tout dégoulinant.

ils carburent, en esthéticienne gratteur.

Et, pour la manucure de ces dames divines,

serpillières balais-brosses sont obligatoires.

Remy (trublion à la chevelure sublime),

Gégène (preuve que le dieu électron est noir),

et Suédois (conteur de votre chanson épique),

nettoyons, avec attention, les TGBT,

dépoussiérons les centrales hydrauliques,

savonnons les hydro cyclones et les planchers.



Enfin, à l’intendance, dans les transits, au volant,

avec Manu (peu de terre pour tant de sang versé),

Didier (le sage gourmet qui mange du serpent),

font le lien, secondent les équipes fatiguées.






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(… Le bassin de l’Hay, contre l’avenue Flouquet,

une partie sous terre, l’autre comme lac asséchés,

quatre vingt mille mètres cubes d’eau à stocker,

des pontons sur pilotis permet de flâner …)



Puis seconde phase de l’opération:

Nous, fées marraines, ornementons de pourpre

nos besogneuses servantes, tel des cendrillons.

Les lessiveurs deviennent artistes de troupes.

P’tit Franck (viking à logique dans les gènes),

Mam’ (spécialiste de la théorie des cordes),

S’affairent, serein, sur les groupes électrogènes

et assurent le jus des câbles qu’on raccorde.

Des centaines de mètres tirés jusqu’au tréfonds.

Des jeux de lumières disposés aux piliers.

D’ocres ambres nobles magnifiant le moribond,

Aux grilles, sur les pompes…avec méticulosité.

Laurent (visionnaire en chef de l’équipe),

Installe, avec doigté, ses rétroprojecteurs.

Le sigle « DSEA », notre service public,

va virevolter tel un oiseau bleue migrateur.

Et les portraits de tous les braves égoutiers,

des scènes de nos métiers, défileront,

gigantesque, sur le génie civil, les murets.

Le clapotis des gouttes de nos stations

S’électriseront sur une musique de fond,

douce et onctueuse, une irradiation….

Nos déesses sont belle pour la réception.


(... Le goufre profond d'Arceuil, la spherique,
dans le profond, jusqu'à trente mètres de profondeur.
Trente mille mètre cube vomumétrique.
Par contre, sur son séant, un stade pour footballeur ...)


Tout est enfin prêt. Deux semaines de dur labeurs.

Des doubles journées, souvent, pour tout le monde.

A se fendre la poire de cinq à dix-neuf heures.

A se marrer comme des baleines furibondes.

A se vanner comme de vrai potes de quartier.

Faut croire qu’il faut s’asticoter l’ego,

quand y a besoin de se sentir en sécurité.

Dans le métier, pas le moindre quiproquo.



Alors, il y aura le week-end du festival,

et nous serons au poste, fier de vous montrez,

notre savoir faire et nos cathédrales,

transcendantes de beauté pure exalté.

Vous serez nombreux à venir nous voir, curieux,

Et repartir, après la visite, émerveillés.

Avec, dans la tête, l’histoire de l’or bleue,

Que nous vous aurons, avec passion, contés.



Le dimanche, au soir, nous remballeront tout.

C’est sur, une nuit blanche en perspective.

Mais, parce qu’on est tous ensemble, on s’en fout.

Et, on est prêt, chaque année, à la récidive.

Au petit matin, nos belles seront communes,

à nouveau, prêtes à accomplir leurs missions.

Seront a nouveau oubliés, sans rancune,

du peuple, dont elles assument la protection.



Dans la nuit, quatre cathédrales souterraines,

protectrices d’une riviére enterrée,

attendront, patiemment, l’année prochaine,
en val de Bièvre, d'être encore aimer.

 







bassin-retention-cormailles-937177112 



  Informations complémentaires : Les photos sont de Laurent Niot. elles montrent le bassin des cormailles, aprés notre travail décrit ci-dessus. cette élaboration lumineuse est mise en place pour le festival de l'oh!, en Val de Marne.


                                         les egouts                                           2010

 

 

  

 


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Mardi 27 juillet 2010 2 27 /07 /Juil /2010 05:00
- Publié dans : La terrasse d'été

 

 

 

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Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /Juil /2010 05:00
- Publié dans : La terrasse d'été

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   nord eclair              L'aventure commence dans vos toilettes !
   

   
   voila l'article qui rend compte de la conférence ou j'ai été conversant . Une part non négligeable de l'article publié le 18 decembre à Nord-Eclair, parle de certains de mes propos ....Un peu faussés, les propos....mais bon, tout à la fin, il y a l'adresse du blog .

 
     En photo, Patrick Bouchain ....le metteur en scéne .

                                          

phpThumb generated thumbnailjpgCAMG71XEPatrick Bouchain tenait à aborder ce Surprenant sujet que celui de la dernière conversation publique à l'Atelier électrique. « Comment allez-vous ? » s'est attaquée à nos rejets corporels et à leur destination, une fois la chasse d'eau tirée.

VINCENT DÉCAUDIN > vincent.decaudin@nordeclair.fr
-trois ans qu'(il) y tenait », il l'a fait. Patrick Bouchain, grand architecte chargé actuellement de la réhabilitation de l'îlot Stephenson, a toujours eu ce « besoin ». Aborder un « vaste sujet » : le contenu de nos toilettes. On a difficilement vu plus universel...
Mais c'est très sérieux, comme la bonne quarantaine de personnes présentes, qui n'ont pas eu besoin de masquer leurs sourires. Car bien entendu, le débat dépasse largement le transit intestinal, on est là sur une question environnementale majeure. « Notre société très hygiéniste l'a traitée de manière très technique, rappelle Patrick Bouchain. La forte concentration, avec l'urbanisation, va créer des problèmes de consommation d'eau ». D'autant que chaque être humain produit en moyenne 1,5 litre d'urine par jour et 150 à 170 grammes de matière fécale. Multipliez par les 6 milliards d'habitants de la planète...

 


L'« affaire » est devenue celle de spécialistes, comme Jacques Decool, ingénieur issu de l'école d'Arts et métiers, qui décrit son métier comme « passionnant ». Il explique que, dans nos contrées, terminés la cabane au fond du jardin, l'épandage dans les champs ou les fossés : l'épuration est généralisée. Nos « odorantes aumônes » - pour reprendre les termes de l'invitation - effectuent donc chaque jour un véritable parcours du combattant. Jusqu'à 20 km de canalisations jusqu'à la station, où elles sont recueillies dans des grilles. L'eau est ensuite décantée, dépolluée biologiquement (avec des bactéries), subit de nombreux traitements avant d'être rejetée dans les cours d'eau.

La vie d'égoutier
en alexandrins

 

Sa route peut alors croiser celle d'un drôle de personnage. Benoît Gimenez est égoutier depuis 8 ans. Électromécanicien, il a été formé « sur le tas de boue », dit-il. Il est également poète et raconte en alexandrins son quotidien d'« égoutier moderne » à la station d'épuration d'Achères, dans le Val de Marne. La 2e du monde en terme de débit (2 millions de m³ d'eau par jour), après celle de Chicago.
Pourtant, elle n'a pas supporté le « pic » d'activité pendant la mi-temps de la finale de Coupe du monde en 1998...
À l'entendre, la vie dans les 800 km d'égouts dont il a la gestion, est fantastique. L'odeur ? « On ne la sent plus ». Même s'il est capable de reconnaître un quartier antillais ou asiatique aux effluves particuliers dûs à l'alimentation traditionnelle. Des rats ? Oui, beaucoup, mais aussi des tortues - « un fléau » -, du soja qui pousse et même... un crocodile, retrouvé dans les égouts de Paris. Recueilli bébé, il a atteint les 3,50 mètres dans le zoo où il habite aujourd'hui...
Pour Benoît Gimenez, « on est aussi dans une sorte de sérénité dans les égouts. On est hors du monde ». Sans doute ce qui lui a donné l'envie d'écrire sur ce sujet qui, forcément, nous concerne tous. À l'Atelier électrique, on devrait en reparler : « le sujet n'est pas épuisé , conclut Patrick Bouchain. On fera d'autres conférences ». D'autres thèmes sont aussi envisagés : l'acoustique, le handicap et, du 25 au 29 janvier, une grande action sur la vie de quartier à l'Épidème, avec une conversation le 26.w Les poèmes de Benoît Gimenez sur : www.le-bistrot-des-poemes.com

 

 

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