Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 22:34
- Publié dans : Le comptoir à rîmes


Mille excuses, mon emploi du temps étant trés chargé, je ne peut aller vous voir tous et toutes dans vos maisons respéctives ou cela sent si bon la poésie....Je le regrette tellement....Mais tout cela n'est que temporaire et bientôt la taulier retournera derriere son comptoir....A trés bientôt et joyeux noël à tous et à toutes !!!!

Ps: J'ai honte...je remets le texte de Noël de l'année derniére...mais, n'ayant pas fait mes devoirs sur le thème, je vous renvoie du réchauffé....Tout comme la semaine prochaine... Désolé encore et à trés bientôt!!!!!

 

Benoit

 
                                                                  
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Voici le souvenir d’un homme qui fleure bon

La douceur, nacré, d’un effluve d’enfance.

Je clos le quotidien pour, dans une fragrance,

Parvenir à Campagnan, lors de nos réveillons.

 

Dressée avec la blanche nappe, brodée à la main,

La table est un champ de reste en abondance.

Autour, la fratrie, en un état de somnolence,

La panse bouffie, cale en brûlure du trop plein.

 

Il y a des coquilles de noix broyés,

Des dates séchées et du Touron d’Hispanie,

Une rivière perdue de p’tits fruits confits,

Des fonds de Crémant dans les verres à pieds,

Et des papiers froissés de tendre nougatine.

La bûche, coulante, a son sapin en plastique

Qui glisse, les pieds dedans, en lenteur lactique.

J’avale une dernière mandarine.

 

Les femmes débarrassent et font la vaisselle.

Les hommes causent de tout sur pas grand chose.

Mon papet opine du chef, les paupières closes.

J’ai six ans, je crois, et j’attends le père Noël.

 

Maman porte sa fille endormie dans ses bras.

Mon visage est collé à la glaciale vitre.

Dans l’obscure clarté aux multiples pépites,

J’espère le voir avant de mettre le pyjama.

 

Mais rien. Je baisse les yeux sur mes godillots,

Et emboîte le pas pour rejoindre ma sœur.

Une main sur mon épaule fait battre mon cœur.

C’est mon père qui me fait signe de ne dire mot.

 

Il se lève et je suis, dans mon petit soulier.

Passe la porte et, sur la place du village,

Ouvre le coffre de not’ Cent-quatre hors d’âge.

Il dépose sur le toit des jouets par milliers.

Je viens d’entrer dans un secret d’adulte.

Et, lorsqu’il ferme la malle, son regard bienveillant

Exprime toute sa tendresse à son petit enfant.

Il me tarde que le jour se lève car… j’exulte.

 

Sans barbe, qu’il est splendide ce papa Noël.

Et le rouge n’était pas à la mode, jadis.

Qu’il est doux cet instant ou la fierté d’être fils

Mémorise son père devenir un éternel.

 

 

 

                                                 2009/10

 

 

Campagnan 

 

 


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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 20:48
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

 

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Tireliponpom ,

 

 

En galére d’une nuit austère sans femme,

Je marine dans les écumes des muses.

Le grand voile est hissé et, d’humeur bigame,

Je clos mes yeux pour mieux ouvrir l’écluse.

 

Sur mon pont, le calinage est rigoureux,

Pour m’apprêter aux roulis de ma tempête.

Mes égéries sont orgiaques sur mon nœud

Coulant dans l’embouchure de tendres sucettes.

 

Les belles sirènes gazouillent en coryphée,

Et, quel bonheur de sentir leurs douces mélopées.

Au contraire de rendre sourd, c’est un délice.

 

Et, lorsque le rivage de l’île aux trésors

Ouvrira ses cuisses pour admirer l’or,

Un petit flot jaillira en feu d’artifice.

 

 

2010

 

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Tire li pomponette,

 

 

 

Damoiselle qui câlinait votre mistigri,

Dans le cahin-caha de votre dolce vita,

Vous cheminez, lascive, dans votre prairie

En cette nudité , écartée, que le vice versa.

 

Vous caressez la pomponette impunément,

Dans le sens du poil, pour mieux ronronner,

Tel une féline sur un toit brûlant.

Croyez-moi, d’ici peu, vous miaulerez.

 

Le dragon a avalé le prince pédant,

Et, qu’importe si a démâté le bel amant,

N’est-on mieux servi que par soi-même ?

 

Mais, gare à l’apparition masculine,

Vos griffes lacéreront le témoin indigne,

Car, dans un cours moment, vous atteindrez l’Eden…

  

 

2010

 

 

 

 

 

 

 

 


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Mardi 6 décembre 2011 2 06 /12 /Déc /2011 08:18
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Un jour, peut être...

 

 

 

Je chemine dans le royaume des rats.

Être chez Ades, c’est mon job d’égoutier.

Une lampe frontale, sur mon casque, vissée

Fustige de blanc mon noir panorama.

Une pluie infiltrée tinte goutte à goutte

Sur une symphonie limpide d’ici bas.

La brume d’ébène danse une macabre salsa

Sur la rivière morte de trop de croûte.

 

 

Je chemine en cuissardes, dans l’eau usée.

Dans ce tunnel ovoïde ou la mort pue,

Ou la mort erre à la recherche d’âmes déchues,

Peu m’importe la beauté de son obscure clarté,

Je bosse à payer les taxes et factures.

Peu m’importe de ne pas voir les nuages,

La cohue des hommes pressés par leurs servages.

Je travaille dans le silence des ordures.

 

 

Oh! Croyez bien que j’ai, aussi, des rêves bleues.

Que je songe malgré mon labeur d’Hermite,

Et quand l’espoir vient, le cœur palpite.

Les deux pieds dans la merde on rêve mieux.

 

 

Les ampoules rouges illustraient mon nom

Au fronton des théâtres les plus illustres.

J’étais la lumière de la pensée auguste.

Mon jeu superbe entrait au Panthéon

Des plus splendides hommes de culture.

Chacun de mes propos était décortiqué

Par philosophe et étudiant de faculté.

J’ensemençais le monde de ma stature.

 

 

Combien de fois ais-je tenu un César,

Remerciant mon père, ma mère, mes frères et sœurs?

Devant le miroir du lavabo, c’était le bonheur.

Je levais au ciel, avec fierté, mon rasoir.

 

 

Combien de fois ai-je tenu le manche

De ma pelle, si pratique pour mon labeur,

L’utilisant tel un micro, et, avec ardeur,

Hurlant des chansons coupées en fine tranche,

Car je ne me souviens jamais des paroles.

Mon concert, en sous-sol, n’attire personne

Et même les rats fuient la criarde zone.

Ma lumineuse joie, alors, s’étiole.

 

 

Ainsi, la nuit des égouts ouvre sa fenêtre,

Et mon rêve de grandiloquence s’écrème.

Pourtant, ce soir, j’écrirais un poème.

Car, qui peut le dire, mais un jour peut être…

 

                                                                                                           

 

D'autres poèmes sur les égouts?

Les colombins de la paix

  Gaïa

Le trés etrange voyage de l'etron

La chanson de l'oh!

L'égout des mots (article pour le journal INTERVAL)

 

 

 

 

 

 


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Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 08:00
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Route de nuit

 

 

 

Ma gomme machouillle le bitume 

D’une autoroute au nocturne costume.

Mes phares perforent la danse macabre,

De la terre et du ciel, en un coup de sabre.

Les lambeaux de cette déchirure sans lune

Eclaboussent mon pare-brise d’écume brune.

Ils éclairent, aussi, le macadam moelleux

Et, furtivement, des panneaux de mille lieux,

Indiquant le reste de bornes à faire

Pour des villes, dont, de toutes manières,

Je me contrefous. Des traits d’un opaque émaillé

S’engloutissent sous ma carcasse ferraillée,

En une régularité de métronome.

L’ennui de la conduite m’assomme.

 

Il peut y avoir des îlots de clarté,

Oasis pétrolière en tache éclairée,

Puis, rien … Pas même de rouge alvéole,

Symétrie d’arrière d’une bagnole.

 

Spectateur assidu de ce noir indolent,

J’ondule, sur mon siége, dans un bâillement.

Et les sublimes campagnes n’existent plus.

Et, sous mes yeux, défile le vide absolu.

Ma pogne est posée sans savoir pourquoi,

Sur le volant, vu que la caisse file droit.

L’autre est sur le levier de vitesse,

Comme sur une canne, tout en mollesse.

Le tableau de bord illumine ma gueule,

Flétrie par la fatigue, drapée d’un linceul.

Il est figé par la nonchalance du temps.

Eternité ou, Seule, la jauge vibre doucement.

L’essence danse dans le tempo d’une valse.

Les pistons pistonnent. Le moteur se délasse.

 

C’est un voyage immobile dans le ventre

D’une machine qui file, facile, à cent trente.

 

 

 

2009

 

Ce texte fut publié dans la revue "Plein Sens "

 

 

 

 

 


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Mardi 22 novembre 2011 2 22 /11 /Nov /2011 13:00
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

 

 

 

la complainte du p'tit noir, la jaquette 

 

 

 

La complainte du petit noir,

 

Faut croire que c’est un cérémonial,

Le petit noir du matin, avant l’embauche,

Vu que s’y pointe la masse salariale,

Le regard brumeux et la démarche gauche.

 

Ça remplit, peu à peu, le comptoir du rade.

Ça salue en souriant et ça serre des mains.

Simple regard…le taulier comprend la commande.

Puis, ça touille le sucre et ça dit plus rien.

 

Entre collègues, on appelle le bistrot « chez Bru ».

C’était le nom de l’ancien propriétaire.

Son blaze, à l’actuel, on a jamais su.

Peu importe sa caféine est exemplaire.

Il déambule, le patron, derrière son zinc.

La rigolade aux commissures, rasé de pré,

Bien peigné, propre, parfumé, chemise en lin,

A jamais savoir ce qu’est un réveil mauvais.

 

Quand on y entre, y a la percolateuse

Qui à ses vapeurs, dans des supplices stridents.

Dans la pendule « PMU », au mur, la trotteuse

Galope vers le turbin. C’est notre tiercé gagnant.

On y jette l’œil, sans trop de mauvais sang.

 

Des bouteilles, têtes à l’envers, attendent l’heure

De l’apéro. A midi, des visages rouge sang

S’arsouilleront à l’anis et aux jambons beurres.

 

Les nouvelles fraîches patientent, pépère,

Dans la feuille de choux locale, plié en deux,

Sur la une, prés des pompes à bières.

Quelle connerie ont encore sorti les journaleux ?

Quelles atrocités ? Quel sordide fait-divers,

Vont abreuver les débats et les éditos ?

Combien d’injustices ?  On s’en cague.

Pour moi, ça sera juste la météo.

Le reste du scribouillage n’est qu’une blague.

 

A l’angle, la vente des sucettes à cancer

Grime un stand en couleurs turquoise.

Si c’est pas en tabac que t’es vache laitière,

(. D’ailleurs, penser à acheter mes gauloises..)

C’est en jeux à gratter que l’état te rapine.

Le loto, c’est l’espoir de ne plus boire

Ton café au petit matin. Une morphine.

A porter de main. Un fantasme illusoire.

Moi, j’ai choisi mon racket nationalisé.

Entre yacht à ST Tropez et jolies poupées,

J’ai choisi chambre d’hôpital et poumons goudronnés,

Car tu gagne à tous les coups à jouer l’Humphrey.

 

Les murs sont jaunes. Les deux néons blanchâtres

Eclairent, blafard, les tables en faux marbres.

Une radio grésille un fond sonore âpre.

Le dernier tube du dernier bellâtre.

Au-delà de la vitrine, les candélabres

De la ville illuminent les volets fermés,

Les trottoirs vides et les vieilles façades.

Il est six dix. Et l’Dutronc est sûrement couché.

 

Toutes mes pensés n’ont pas duré une seconde.

Et dans ma cervelle en vrac, ça vagabonde.

 

Le kawa se trouve être le remède parfait.

En face, l’immense miroir réfléchit

Ma trombine blême d’honnête ouvrier.

Il est grand temps d’ingurgiter de l’énergie.

Pendant que le patron nettoie ses tasses,

Que mes collègues sont encore que murmures,

Je me brûle la gorge, les doigts sur l’anse.

Je retourne à la vie, façon Cyanure.

 

C’est comme l’ouverture d’un verrou temporel.

L’onctuosité de l’existence m’imprègne

D’une douce patine d’un intense réel.

C’est en eau limpide et claire que je me baigne.

Une clarté légère me ramène sur terre.

J’en prends un second pour finir sur deux pattes.

Prennent, alors, formes physiques mes confrères.

Mes camarades de chagrin, un peu spartiates.

 

Y a mon Gégé qui râle encore

Vu qu’aujourd’hui, y a rien qu’à augmenter

Il pousse un coup de gueule tricolore.

Que c’est un socialiste qu’a mis la CSG.

 

Rabah raconte sa dernière aventure.

Il a voulu changer sa carte d’identité.

A attendu cinq heures à la préfecture,

Pour s’entendre dire qu’il est pas français.

Lui qui est né dans le froid pays ardennais.

Lui qui est grave gentil mais un peu barré.

C’est la mascotte chez nous les égoutiers.

 

Y a notre chef, dans son coin, Jean-phi.

Avec lui, c’est du lard ou du cochon.

On le croit très sérieux quand il charrie,

Vu qu’il est pince sans rire, le garçon.

Le hic..quand c’est une soufflante concrète,

On a l’impression, encore, qu’il joue l’ironie.

 

Jean-luc boit tranquille sa noisette.

« Le Daron », c’est son surnom. Il a quatre petits.

Et, il est déjà papi. Dingue de sa crevette.

A quarante ans, il nous repeuple le pays.

 

Doudou, le jeune de l’équipe, est dans le troquet.

Pas vraiment causant mais aime le métier.

Il a une passion. Il est fan du PSG.

On se paye sa tête, vu leurs scores limités.

 

Et, ça papote dans une tranquillité

Languissante avec le levé du soleil.

Routine amicale. Absolu nécessité.

Avant de prendre l’outil tel des abeilles.

C’est dix minutes-là, personne me les prendra.

Alors que la tocante « PMU », nous fait des signes,

On salue le patron, dealer d’arabica,

On met la clope au bec, suite logique,

En remontant haut les cols de nos manteaux.

On file dans la ruelle, les mains dans les poches.

On se cause, encore, en marchant vers le boulot.

Il est six et demi. C’est l’heure de l’embauche.

 

Ce texte est l’objet d’un court métrage…

 

 

 Voir le cour métrage, 

 

la complainte du p'tit noir, le court métrage

 

Voir les photos du tournage  

 

La complainte du p'tit noir, le tournage

 

 

 

 

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Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 06:47
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

 

 

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Dessin de Nono la mine link

 

Du premier texte ( la chanson du petit serge ), un ami voulait en faire une chanson....Mais les vers n'allaient pas. Alors, j'ai retravaillé le texte. Tant et tant qu'il n'a plus rien à voir avec le texte intial dans sa forme, pas dans son fond....Le voici:

 

La chanson du petit serge

  

Ce soir, je bois.

J’admire, entre les croisés de ma fenêtre,

Un troupeau de toitures. La cathédrale,

telle une bergère, leurs donne à paître

D’un peu de nuit et de petites étoiles.

Mon fauteuil est comme le ventre de ma mère

Dans lequel je m’enfouis. Le cuir m’enveloppe.

Dans l’espoir de renaître, je lève mon verre

Et brûle le filtre d’une énième clope.

Ce soir, je bois pour rouvrir les blessures,

Pour que Tristesse devienne mélancolie.

Comme lorsque l’on presse un fruit trop mûr

Et voir dégouliner tout son eau de vie.

 

Je bois

Aux destins et ses vacheries,

Aux lanternes prises pour vessies ,

Aux actes manqués ou en sursis. 

Je bois

Aux femmes que je n’ai pas su aimer,

A celles qui, après, m’ont ri au nez,

A toi qui, un jour, m’as trouvé.

 

Ce soir, je bois

Ton index creuse sur le long de mes épaules,

Un sillon d’où germera le besoin d’aimer.

Tu poses tes lèvres sur ma bouche molle.

Mais pas ce soir, car tu sais, oui, tu sais…

Eteint la lampe, s’il te plait, ma jolie môme

Fait glisser ton corps nu loin de mon présent.

Ne gène pas la venue de mes fantômes.

Va te coucher. Un beau rêve bleu t’attend.

C’est si bon d’être seul avec soi-même.

Ce soir, je m’en vais. Tu en as l’habitude.

Je sais, j’avais promis et je bois quand même.

Dors, je t’aime. N’aie pas trop d’inquiétude.

 

Je bois.

Au temps assassin qui délite

Une jeunesse trop bénite

Que les minutes décapitent.

Je bois

A cet enfant immortel

Qui a grandit, c’est naturel,

Dans tous les péchés véniels.

 

Je pénètre dans les entrailles de mon âme.

Debout les morts ! Venez me hanter, je suis prêt !

Nos peines et nos rires sont dans mon programme.

Ce moment est le nôtre. Venez dans mon troquet.

Debout le monde ! Puisque le bon dieu est mort

Ayons la foi pour tout reconstruire.

Nous sauverons les femmes et les enfants d’abord

Et, j’oublierai, peut être, ma peur de vivre.

 

Je bois,

Aux amis, cela va de soi,

Qui, si loin, ne viennent pas

Chanter  « les bourgeois » avec moi.

Je bois,

A cette femme qui ne dormira

Que son homme entre ses bras

Mais qui ce soir, ne la rejoindra pas.

 

 

 

2011

 

 

 

 


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Mardi 8 novembre 2011 2 08 /11 /Nov /2011 05:50
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

 

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 Photo pris à Sturmpionier link

 

La grande guerre

 

Un uniforme de soldat entre deux tranchés.

Vautours voraces, avec leurs becs qui grappillent,

Dans les abattis de sa viande avariée.

Un œil est avalé. Du foie coule de la bile.

 

Un spectacle ordinaire pour les deux armées.

Dans les fosses, des ratasses qui se faufilent.

Un arbre déchiqueté. Des pieds gelés.

L’hiver glace les os. La gerçure mutile.

 

Sur cette terre stérile, prés des trous d’obus,

J’écris à ma mère, des morpions au cul.

Du patriotisme ? Une absurdité.

 

L’assaut, dés que l’ordre sera donné. J’ai la trouille.

Une baïonnette dans le bide. On m’zigouille.

La glorieuse postérité ? En rat, j’ai crevé.

 

2009

 

 

62_M2CLOUD.jpg

 

 

 

La grande paix

 

 

Un espace bleue entre des nuages blancs.

Velouté vanille de Nimbus qui chemine.

Un zoo abstrait sur une couche de cyan.

Une multitude de douce mousseline.

 

Une brise légère qui susurre aux tympans.

Des feuilles de marronniers qui frétillent.

Un tiède automne, en tache de safran,

Annonce un feu de cheminé qui grésille.

 

Sur le pré, au milieu des pâquerettes,

Une brindille en bouche, je suis poète.

Un goût d’immortalité…une vanité.

 

Sur mon âme, au centre d’un pur paradis

Empli d’une douceur euphorique, j’écris.

Une seconde de présent …une éternité.

 

2009

 

 

 

Ces textes sont un hommage aux poilus, alors que nos enfants ne savent plus qui ils étaient. Il faut honorer leurs mémoires et savoir ce qu'ils ont vécu pour comprendre que la guerre est une saloperie. Dans chaque famille française actuelle, il y a moins un ou deux grand père ou grand oncle qui sont morts là-bas. N'oublions jamais. 

 

 

 

 

 


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Mardi 1 novembre 2011 2 01 /11 /Nov /2011 06:48
- Publié dans : les comptoirades

 

Les comptoirades

 

Acte 1, Scène 2

 

 

Socrate, Landru, Le patron du bar

 

La scène se déroule dans le même bar ou le taulier, toujours, est derrière son comptoir à nettoyer ses verres. Socrate est accoudé au bar, un verre d’eau devant lui. Il n’y a personne d’autres. C’est à ce moment qu’un nouveau personnage, à la barbe très noire et chapeau rond, entre.

 

peinture_bonifassi2.jpg 

 

Landru

Salut, patron !

Le patron du bar

Salut, Désiré, Qu’est-ce que je te sers ?

Landru

Un Guignolet, mais rapidosss….J’ai un truc sur le feu. Salut, Socrate ! Toujours à l’eau à ce que je vois ?

Socrate

Comme tu le vois…

  

Landru prend son verre et en boit une rasade tout en regardant fixement Socrate.

 

Landru

Dis-moi, mon Socrate, Hier, je t’ai vu trempé de pied en cap, marchant dans la rue.

Socrate

Cela se pourrait bien, désiré.

Landru

Même que je connais la provenance de toute cette eau sur ta face. L’eau était dans un seau. Et le seau, dans les mains de ta dame. J’étais là quand elle te l’a jeté dessus.

Le patron du bar

C’est vrai, ça Socrate ?

Socrate

On ne peut plus vrai, mon ami.

Le patron du bar

Et pourquoi, elle t’a fait ça ta daronne ?

Socrate

Disons qu’après de si gros nuages, il était normal que la pluie vienne ensuite.

Landru

T’es plutôt du genre conciliant, mon p’tit père. Moi, je te plains. Tout le monde sait qu’elle est pas facile ta donzelle !

Socrate

Peut être bien. Si tu le dis.

Landru

Capricieuse, gueularde voire même un tantinet hystéro…

Le patron du bar

T’exagérerai pas un brin ?

Landru

Et même pas belle avec ça !

Socrate

Si tu le pense.

Landru

Moi, je te dis, un p’tit coup de chaux vive et ça lisse le tout

 il hurle de rire

 Me regarde pas comme ça, Socrate, je plaisante !

  

Silence

 

Socrate

Suppose, un instant, que tu souhaites être le meilleur cavalier au monde. Pour cela, tu choisirais un cheval docile ou un cheval difficile ?

Landru

Je vois pas. Le docile, je crois bien…

Socrate

Fais marcher tes méninges, Désiré. Si tu maîtrise un cheval difficile, alors ceux dociles seront fastoches à dresser …

Landru

Si tu le dis. Mais je vois pas le rapport avec ta marquise. A part, peut être, que ça se monte tous les deux

 Il hurle de rire à nouveau

Mais, sinon, je vois pas.

Socrate

J’ai choisi Xanthippe, mon épouse sachant parfaitement que si je pouvais la supporter, alors, mes relations seraient faciles avec tous les êtres humains…

  

Silence

 

Socrate

Désiré ?

Landru

Elle est à part ton histoire et, disons le tout net, je pratique pas pareil avec mes régulières. C’est pas tout ça, mais je dois retourner au moulin et puis surtout au four…Combien je te dois patron ?

Le patron du bar

Cinq sous

Landru

 tout en réglant

Salut Socrate ! Salut Patron !

Socrate

Salut Landru. Et, toi, qu’est ce que t’en pense ?

Le patron du bar

J’en dis que j’ai été ancien combattant, communiste et, maintenant, bistrot…Alors, tu pense que j’en ai entendu des conneries !

 

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2008

 

 

Les comptoirades:

Acte 1 scéne 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Mardi 25 octobre 2011 2 25 /10 /Oct /2011 06:31
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

 

 

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Sur la musique de " La ballade des gens heureux" de Gerard Lenormand

 

La ballade de Martine.

 

 

Chère Martine, tu es une étoile

Qui éclaire chacun de nos jours.

Je viens te chanter la ballade,

La ballade de not’grand amour.

Je viens te chanter la ballade,

La ballade de not’tendre amour.

 

C’est heureux que sont tes p’tits bouts

Bien au chaud chez toi et bien dorloter.

Nous voulons chanter pour une nounou,

Une nounou qui aime tant son métier.

Nous voulons danser pour une nounou,

Une nounou qui aime tant ses bébés .

 

En deux coups d’ciseaux, tes mains meneuses

Nous relooke  à la garçonne.

Je voudrais chanter pour la coiffeuse,

La coiffeuse, celle qui nous bichonne.

 Nous voulons tous aller chez la coiffeuse,

La coiffeuse, en plus trop mignonne.

 

Toi qui es d’une si tendre écoute,

Tu trouves les réponses à tous nos soucis.

Je chante pour celle qui enlève les doutes,

Tous nos doutes justes quand tu ris.

Je chante pour celle qui enlève nos doutes.

Ton humour illumine nos vies.

 

Lorsque Martine est à la fête,

L’ambiance entre amis est assurée.

Je veux te garantir la conquête,

La conquête de notre amitié.

Nous voulons te chanter la conquête,

La conquête de nos cœurs si gaie.

 

Tu virevoltes, chante et danse.

Tu inspires tant de joie à ton mari.

Nous voulons chanter la romance,

La romance d’avec ton Charlie.

Je voudrais chanter une romance,

Une romance à l’éternel magie.

Pour ta famille, tu te donnes tant.

Ils sont l’essence de toute ta vie.

Nous voulons chanter pour une maman,

Une maman qui aime tant ses petits.

Nous voulons chanter pour la maman

A Jonathan, Cynthia, Jeremy.

 

Martine de la rue de l’espérance

Nous voulons, enfin, tous te remercier.

De nous inviter pour toutes ses danses

De cette nuit qui t’es consacré.

De t’avouer notre immense chance

De t’avoir un jour rencontrée…

 

 

 2011

 

Ce texte est une commande d'un ami pour l'anniversaire d'une de ses amies

 

 

D'autres textes pour anniversaire?

 

Durant l'anniversaire de Michel

Durant l'anniversaire de Martine et Xavier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Mardi 18 octobre 2011 2 18 /10 /Oct /2011 05:00
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

 

 

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 Les colombins de la paix

 

 

Un gentilhomme au blaze à particules,

directeur de cabinet et haut fonctionnaire,

se tortillait, comme un vers, sur sa longue ridule:

un gros cigare pointait aux bords de ses lèvres.

Il s’excuse auprès de ses conseillers en finance

de quitter la réunion, et, avec précipitation,

court, en ondulant, vers les coins d’aisance.

En habitué, il dépose sa grosse action.

Un fracas de jeudi noir perturbe les gogues

en marbre rose et robinetterie dorée.

Un râle de bien-être fut l’épilogue

à la digestion d’un déjeuner étoilé.

  

 

Et l’odorante hommage

de not’grand argenté

débuta son voyage

dans les chemins usés.

 

 

Un manoeuvre sans papier, dont l’anus stimule

de viles grimaces sur sa face contrariée,

prie son chef d’aller soulager ses testicules

et, qu’évidemment, la taupe tape au guichet.

L’approbation obtenue, il quitte ses outils

et détale, en dératé, au fond du chantier

vers les chiottes, au mur tout décrépit

ou les filles de calendrier sont dénudées.

La gamelle du midi était trop épicée.

Les muscles tendus du sphincter le remercie

de pouvoir lâcher prise à un tel merdier.

A l’avenir, sa femme ne mettra plus de curry.

 

 

Et le fécal message

de not’simple ouvrier

fait son virage

en mes chemins usés.

 

 

Un tailleur, de religion judaïque,

dans son atelier à tissus, déambule.

Un froid gargouillement de colique

émet une explosion en son ventricule.

Alors, il se précipite vers les latrines

dans une course effrénée pour se vider.

La légitimité d’un pays en Palestine

et la guerre sainte ne sont plus nécessité.

Le souhait unique de ne pas avoir tacher

le fond du slip est devenu prioritaire.

Le pantalon au talon, il est soulagé

d’avoir put sauver l’interne matière.

 

 

L’énorme cubage

de not’couturier

entame le sillage

de mes chemins usés.

 

 

Un cuistot, de religion musulmane

dans sa chaude cuisine, se désarticule

par un tapage de bruit et de méthane.

Entre les clients, il s’excuse et circule

vers les tous petits coins qui sont si loin.

La légitimité d’un pays en Israël

et la guerre sainte ne sont plus sacro-saint,

durant l’action d’un coulage de bielle…

Le paletot aux jabots, il tentent d’amoindrir

le fracas d’une vidange inhumaine,

afin que la clientèle ne puisse ouïr,

sa délicate situation de quarantaine.

 

 

Le moelleux lestage

de not’cuisinier

fait son pèlerinage

vers mes chemins usés.

 

 

Dans les entrailles de notre terre violente,

les quatre étrons se coagulent sereinement.

Fit des luttes de classe bien trop fréquente.

Fit des haines raciales et autres tourments.

Les quatre colombins baignent en eaux de paix,

et se plaisent à suivre le même chemin.

Je nomme, ça, la philosophie souillée.

Moi, l’égoutier, qui prend leçon des destins

de ces cacas provenant de différents trous

et filant, en une harmonie commune.

Je sais que présidents et autres gourous

devraient faire stage en mes routes d’infortune…

 

 

 

                                                                                                        2010

 

 

 

 

 

D'autres textes sur les égouts?

Le trés etrange voyage de l'etron

Gaïa

 

 

 

 

 

 

 

 


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Mardi 11 octobre 2011 2 11 /10 /Oct /2011 06:30
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

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  Fusain de David Myriam link

 

 

Ville

 

Sous l’arche étoilée d’une nuit sans lune,

Un crépuscule s’étiole en rouge nocturne.

Des nuages s’enroulent aux fumantes cheminées

D’une ville qui dort, repu du bruit des pavés.

 

Les trottoirs, tortillant de mélancolie,

Rêvent du jour ou elles prendront le maquis

En cheminant là où se cueille l’écume

Aux parfums iodés, sous soleil de brume.

 

Au fond de l’impasse, dans l’odeur des poubelles,

Un ficus en pot, perdu dans sa coupelle,

Regarde, de son balcon, une porte cochère.

 

De ce peu de vert dans l’immense bitume,

Vers le ciel absent et muet d’amertume,

Frétille dans l’espoir de retrouver sa mère.

 

 

 

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Campagne

 

 

Sous l’astre au zénith, suintant de canicule

Une journée s’évapore au son du pendule.

D’une brûlante torpeur dégoulinant sur la terre,

Une campagne s’essouffle à narrer ses misères.

 

Les sentes, gercées par la sussions du soleil,

Rêvent d’être foulées par un millier d’orteil,

Que les hommes viennent faire un tour par ici

Pour que la vie remplace ce sentiment d’oublie.

 

Une estafette, sans pneu ni portière

Rouille, vautrée, au fond d’une ornière

D’un champ en friche, boursouflée de frelons.

 

Bourdonne une nationale mais si loin,

L’épave écoute en un éternel chagrin

   Rêvant d’un chemin avec un peu de goudron.

 

 

 

 

 

 

2011 

 

 

 


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Mardi 4 octobre 2011 2 04 /10 /Oct /2011 05:25
- Publié dans : les comptoirades

 

Les comptoirades

 

Acte 1, Scène 1

 

Socrate, Platon, Le patron du bar

 

La scène se déroule dans un café. Il n’y a pas de repère temporel. On entend une ville en pleine effervescence à l’extérieur du Bistrot. Le taulier, derrière son comptoir, nettoie des verres. Un autre personnage, accoudé au zinc et assis sur un tabouret, noie son regard dans le fond de son verre. C’est à ce moment qu’un troisième personnage entre dans le lieu calme…

 

bistrot-faubourg

 

Socrate

Salut patron!

Le patron du bar

Salut Socrate, je te sers un verre d'eau?

Socrate

Comme d’hab.’, patron, comme d’hab.’…il se tourne vers le personnage assis sur le comptoir…Tu tournes à quoi, compagnon ?

Platon

Picon biére

Socrate

ça doit faire mal à la tête, ça, non?

Platon

Et pas qu'un peu, mon neveu!

Socrate

T’es nouveau dans ce balto ? C’est la première fois que je t’y vois..

Platon

T’as vu juste, Auguste…C’est la première fois que j’en suis. Et, même, que tu me connais pas…. Alors que moi je te connais…

Socrate

En voila une affaire!

Platon

Enfin, je te connais de réputation…Parce qu’elle te précède ta réputation et sacrement même…

Socrate

Si tu le dis.

Platon

Tu es Socrate. Le Socrate qui pose des questions et attend des réponses. Le Socrate qui corromps la jeunesse. On dit que tu crois pas aux dieux, que tu aurais introduit de nouvelles divinités, et donc, t’es pas dans les papiers de nos responsables. Faudrait faire attention à tes fesses, soit dit en passant.

Socrate

Je ne fais que mon métier.

Platon

Ah! …Et c’est quoi ton métier ?

Socrate

Philosophe.

Platon

Du style à parler pour ne rien dire, à avoir des opinions sur tout. Le genre de philosophe qui cause, qui cause avec un si beau vocabulaire que ça met baba les types qui t’écoutent te la raconter. Mouais.. Tu me diras, il vaut mieux être un raté intelligent qu’un con efficace..

Socrate

Pour moi, la philosophie c’est tout le contraire.

Platon

Moi je crois pas. Mais si tu le dis…

Socrate

Et toi, à part regarder le fond d’un verre, c’est quoi ton métier ?

Platon

Comme tu me vois là, j’y réfléchie sérieusement.

Socrate

Bon pas de métier. Mais t’as bien une passion ou un truc du genre ?

Platon

Ok. Alors je suis un jouisseur ! Ça te va comme réponse ?

Socrate

Pas vraiment.

Platon

Eh ben, disons que je prend du plaisir à tout. Manger , Boire, Baiser. C’est le seul but de la vie, non ?

Socrate

Si ton but dans la vie c’est jouir, alors toutes les émotions se valent. Manger et avoir faim, par exemple, ou baiser et avoir la gale. Tiens se gratter, c’est un grand plaisir dans la vie. Imagine que ça te gratte dans le dos alors tu grattes et grattes encore, c’est y pas bon de se gratter quand ça gratte.

Platon

Ou tu veux en venir, philosophe ?

Socrate

Si le sens de ta vie, c’est le plaisir à tout prix, tu te condamnes au tourment, au soucie, à la peine, au chagrin….

Platon

Oh là ! Oh là ! Tu pousserais pas un peu mémé dans les orties, non ?

Socrate

Je prend un exemple : Imagine un mec. Il a des tonneaux remplis de vins, de miel, de lait. Une fois les tonneaux au taquet de toutes ses bonnes choses, il est pépère le gars. Pas d’angoisse. Rien.

Platon

J’imagine qu’y a une suite à l’histoire…continue…

Socrate

Imagine un autre mec. Il a tout pareil que le premier. Miel, Vin, et tout, et tout…Mais la couille, c’est que les tonneaux sont percés ! Et bien le gars, il est obligé d’user d’huile de coude, jour et nuit, pour remplir tout le temps !

Platon

Il est un peu couillon ton deuxième lascar mais j’ai pigé que c’était du symbole.

Par contre je pige pas le sens de ton histoire.

Socrate

 Une vie de plaisir est comparable au tonneau qu’il faut constamment remplir.

Platon

Stop, philosophe. Ça fonctionne pas ton truc là! Quand les tonneaux sont remplis et qu’il y a plus rien à faire, la vie est chiante à mourir ! Ce qui est cool, c’est de verser dans le tonneau tant qu’on peut !

Socrate

Si tu verses beaucoup, beaucoup s’en va.

Platon

Et alors ?

Socrate

Et alors ? Ce genre de type est comparable à un Pluvier.

Platon

Un quoi ?

Socrate

Un pluvier, c’est un oiseau qui mange et qui chie en même temps.

Platon

Oh, Socrate, tu fais mal à la tête avec tes histoires de tonneaux.

Socrate

Pire que ton Picon bière?

Platon

Pire que mon Picon bière. Et toi, patron, t’en pense quoi de notre affaire ?

Le patron du bar

J’en pense, Socrate, qui si t’essaye de faire tes expériences de tonneaux percés sur mes fûts, je t’arrache ta tête de philosophe. Oh ! Rigole pas Platon, pareil pour toi ! Et tu verras que t’auras plus besoin d’Efferalgan. Les cons, ça ose tout et c’est à ça qu’on les reconnaît. Et franchement, vous avez le premier prix!

 

 

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Mardi 27 septembre 2011 2 27 /09 /Sep /2011 05:41
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

IMG 1124

 

Dessin de Rosroug link

 

 

Tu le sais, toi ?

 

Tu le sais, toi, ou on va,

Vers le ciel ou tout près de l’abîme ?

Tu le sais, toi, le pourquoi 

De la mal bouffe et, ailleurs, la famine ?

D’accord, tu peux crier, ma princesse,

Tous les gros mots que tu as appris

Sur ceux qui se gavent de richesse

En affamant les peuples meurtris.

 

Tu le sais, toi, de quel monde

Vétuste et sale, tu hériteras ?

Je le sais, moi, que sur la tombe

De dame Gaïa, tu pleureras…

Pourtant quand je te regarde,

Et me plonge dans tes yeux brillants,

Je vois le courage des braves

Qui sauveront la terre et les vents..

 

Tu le sais, toi, si le bon dieu

Assume qu’on assassine en son nom ?

Je crois, moi, que le monsieur

Se cogne le plus long des roupillons…

Laisse le dormir, il ne sert à rien.

Et, pour ceux qui prêchent sa parole,

Dis leurs que, dans ton cœur, tu détiens

Plus de joie qu’auront jamais ces guignols.

 

Tu le sais, toi, ma toute belle,

Si tu me pardonneras un jour

De t’avoir laisser une poubelle

A la place d’une terre d’amour ?

Les hommes ont le goût du sang 

Et c’est pourquoi ils vont en guerre.

Tu seras de ceux qui ont le talent

De jeter au trou toutes colères…

 

Tu le sais, toi, si ton papa

cessera, un jour, d’avoir peur

pour sa fille qui, pourtant déjà,

Veut courir ce monde d’horreur ?

Sache que si je te tiens la main

C’est par amour que je t’attache

A ce corps de père qui sait trop bien

Qu’un jour, il faudra que je la lâche…

 

 

 2011

 

 

 

 

 

 

 

 


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Mardi 20 septembre 2011 2 20 /09 /Sep /2011 06:20
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

 

 

 

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Image déssinée par Radama link 

 

 

 

Cours d’injustice

 

 

 

Amusant exercice de mathématique !

A nos ardoises ! Vu que c’est nous qu’on paye..

Sachant que quelques hommes, race unique,

s’embourgeoise à se baffrer d’oseille,

Que les peuples crèvent, sous le balcon du bal,

En priant un dieu qui se trémousse avec eux,

Combien de temps, encore, laisseront-nous le métal

De la révolution, froid de leurs corps adipeux ?

 

J’avoue la virulence pour résoudre ce problème,

Et l’emploie du théorème est assez salissant,

Mais doit-on se résoudre à accepter le dilemme

Que notre terre n’appartienne qu’a un seul pour cent ?

Reprenons le travail ! S’il vous plait, pas de chahut !

Et, à la fin de mon cours, je vous en conjure,

N’allez pas me guillotiner le premier venu !

La colère n’est pas une adéquate mesure

Pour trouver la solution de cet exercice.

A vos fourches ! Il est temps de vous dicter l’énoncé…

Additionnez le nombre de peuples aux supplices

Avec ceux qui meurent de faim, puis, calculez,

Par le biais de l’équation suivante :

Rien pour nous plus zéro égale tout pour eux !

Ah ! J’oubliais de vous dire une chose importante ;

Pas de politique ! Car, de votre réponse, je veux

Qu’enfin, s’exprime la justice et l’amour de l’autre.

Quoi ? Jeune homme, vous avez une question ?

Peut-on se copier la réponse les uns aux autres ?

Oui, car c’est ensemble qu’est la vraie solution.

 

N’ayez pas la rage du partage en divisant.

Ce mode de calcul peut donner de l’aigreur à certain.

La haine, le meurtre sont l’apanage des tyrans.

Mettez, plutôt, en avant la beauté du genre humain.

Mais n’oubliez pas que, de faim, des peuples meurent

Et que travaille, la-bas, des millions d’enfants.

Pour démontrer vos actions, vous n’avez qu’une heure

Car il est grand temps, oui, il est grand temps…

 

 

 

2011

 

 

 


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Mardi 13 septembre 2011 2 13 /09 /Sep /2011 06:48
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

 

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 Brigitte Pellerin   www.pellerin.eu

 

 

La morve au nez

 

A l'époque bénie des trous aux paletots,

Ou les jours de pluie ne sont que chocolat chaud,

Je me souviens ; l’imaginaire vagabonde,

D’un petit rien, me faisait roi du monde.

Dans la cime des arbres, le mistral dans les tifs,

J’admirais les barbes des dieux fugitifs,

Glissant sur un ruban bleu du temps qui passe,

Qui fait devenir monsieur ou, pire, bidasse.

C’est vrai que les momes  jouent à la bataille,

Qu’ils ont le syndrome d’imiter la bleusaille,

Comme sauveur d’orphelin et, à coup de bâton,

Peuvent blesser un copain mais, eux, disent pardon.

 

C’est l’époque bénie du Mercurochrome,

Ou le rouge est mis sur l’ego du bout d’homme,

Qui demande un câlin, pour toute prescription

A calmer son chagrin et reprendre le guidon.

Sur les sentes à garrigues, le vent en poupe,

J’allais chiper des figues, avec toute la troupe,

Et, par cette rapine, se sentir des insurgés

En craignant la chevrotine du vieux Amédée.

Il est vrai qu’un gamin, c’est capable de voler

Pour avoir, au matin, juste les lèvres sucrées.

Homme, il se distingue, à coup de taloche

Pour porter les fringues de ceux d’la téloche.

 

En l’époque bénie de la morve au nez

Qui, de narine fuit, sans jamais trop gêner,

De tout on exulte, aucun rêve illusoire,

C’est être adulte que d’y poser son mouchoir.

A la pêche aux têtards, un peu maniaque,

J’écrasai au hasard tel un dieu de la flaque.

Maintenant comme toi, agneau dans la meute,

Je subis notre roi. Je peux être pleutre.

En bon citoyen, je vais toujours voter

Laissant aux forts le soin de nous humilier.

 

A la douce époque de la vie éternelle,

Ou l’enfant se moque de la faucheuse fidèle,

J’étais fou de vouloir trop vite grandir

Et, pour des clous, savoir haïr et trahir.

Chaque jour, Metro précède boulot et dodo,

Le salaire obsède et consommer, un Eldorado,

Pendant que le temps s’échappe au triste refrain

Des rêves, qu’en grappe, on avait galopin.

J’étais tout petit, c’est vrai, mais si heureux,

D’avoir toute une vie devant pour faire mieux.

J’étais minuscule, et par la force des choses,

Au son du pendule, je vais ou meurent les roses….

 

2011

 

 

 


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