Mardi 8 février 2011 2 08 /02 /Fév /2011 10:00
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

 

 

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peinture de Kees van dongen

 

 

Les belles muses séduisent, au bal musette,

Les gonzes qui, en lèvres, coincent leurs cigarettes.

Et, quand embrayent les nacres de l’accordéon,

La musque s’immisce jusque sous les jupons.

Oh, oui ! Frémissez, sur le parvis de l’église,

Puis qu’on vous invite pour devenir promise.

Du mauvais garçon à l’honnête ouvrier,

Il est temps de se marier. Alors, dansez ! Dansez !

 

Les femmes s’enflamment, au bal du village,

Comme pour dire que tout est bien en ménage.

Et, quand gémit en vibrato le branle poumon,

Y a de l’un, deux, trois, sous les lampions.

Valsez avec vot’conscrit qui s’en va-t-en guerre,

Ou vot’gigolo qui t’aime tant sous le réverbère !

Du déserteur de peine au premier à marcher,

Il faut faire des bébés. Alors, dansez ! Dansez !

 

Les belles mamans se trémoussent au balloche,

Pour oublier que c’est vide dans les poches.

Et, quand souffle le piano à bretelle,

Elles trottinent dans leurs robes en flanelle.

La java s’en est allée à la guillotine

Ou s’en va guinchée sous l’arche de l’usine.

De l’ombre du couperet aux pépins d’atelier,

Il faut tenir le foyer. Alors dansez ! Dansez !

 

Les veuves végètent sur la place de la ville,

Rêvant d’un bal à la place des automobiles.

Depuis que le soufflet à punaise est percé,

Les sons du soliste sont en sous-sol de six pieds.

Votre envie de tourbillonner est intense

Mais les nuits de printemps sont au silence.

De l’exode des enfants au maris enterrés,

Y a toujours cet air en tête. Alors, Dansez….

 

 

 

2011

 

 


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Mardi 1 février 2011 2 01 /02 /Fév /2011 10:00
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

 

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croquis d'Evrard de Caqueray   

 

Oh, mon tendre amour ! J’ai ouï dire

Que le mot « toujours » peut se ternir.

Nos âmes séculières se délaissent.

Ecoute ma prière. Je me confesse.

 

Dans ce voyage à vivre à deux,

Le chemin de Halage est sinueux.

Aigre est la saveur du fleuve blême

Qui crache ses langueurs en morne plaine.

 

De notre union, si consumée,

La folle passion s’est imbibée

D’un pratique avenir si matériel

Bien que nos désirs rêvassent de ciel.

 

Faire semblant, les jours d’orage,

A passer le temps dans ton corsage,

Mimer l’étincelle et s’embrasser

Que, de vaisselle, se disputer.

 

Faire semblant, au petit matin,

Tout en baillant qu’on était bien

A s’enlacer, dessous la couette,

Pis aller bosser, un Blues en tête.

 

Je me souviens qu’on s’est aimé

Mais le quotidien nous a avalés.

Reste la tendresse de nos cœurs offerts.

J’ai, encore, la faiblesse de tes yeux verts.

 

Oh, mon doux amour ! J’ai ouï dire

Que le mot « toujours » peut reverdir.

Alors,

Allons voir, mignonne, si la rose,

En nuit friponne, s’est éclose.

 

 

 

 

 

2010

 

 

 


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Mardi 25 janvier 2011 2 25 /01 /Jan /2011 15:56
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

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La dame du lac est embourbée.

Les sources ne sont plus fécondes.

Plus aucune peur. Plus de sacré.

Les nymphes se morfondent.

 

L’eau déviée en folle fontaine

Est devenue, au fil du temps,

Une eau d’évier, que l’on draine

Dans des trous croupissants.

 

L’homme moderne l’a canalisé,

Dans un enchevêtrement d’égouts.

L’homme moderne l’a étouffé,

Soumise, traînée dans la boue.

 

Cette déesse nourricière

Est devenue une propriété.

Avant, sublimée par des prières,

La voilà, maintenant, facturée.

 

Les chants sublimés pour Amphitrite,

De tous ses pèlerins venant en masse,

Sont perdus. La vieille a de l’Arthrite.

Depuis, on a tiré la chasse.

 

Les processions gauloises,

Pour Cybèle, au source des fleuves,

Fertilisent, maintenant, l’ardoise

Du taulier ou ils s’abreuvent.

 

D’antan, on élevait des statues,

Pour les naïades polissonnes.

On coule des bronzes en vertu,

Désormais, pour nos envies de trône.

 

En vérité, je vous l’avoue,

Toutes ces légendes sont au trou.

Par les avaloirs, cela échoue

Dans les rivières de mes égouts.

 

Car, je suis gardien d’eau impure.

Travailleurs des profondeurs .

Et toutes ces déesses murmurent,

A mes oreilles, leurs aigreurs.

 

 

2009

 

 

 Le trés etrange voyage de l'etron  

 

 


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Mardi 18 janvier 2011 2 18 /01 /Jan /2011 16:11
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melancolie friedrich

 

      Tableau de Friedrich    www.vlamarlere.com

 

Au port, salut de mon âme esseulé,

Je rêve de tes dunes sous la lune claire.

L’amertume de l’océan, en tâche bleutée,

Me gifle au visage une nuée de vipères.

 

Je t’aime tant et tu me manques plus encore.

Puisque tu n’es pas là, pourquoi suis-je ici ?

Si heureux à l’ombre de ton âme, j’implore

L’écrasante douleur de me brûler en sa litanie.

 

Aux sacs et aux ressacs de mes bruyants souvenirs

Ou tu semes dans mon charnier d’existence

Tes lèvres sentiers et ton désir de mourir,

Tes sourires résonnent dans mon silence.

 

Les genoux mordus par les pierres de la grève,

Je prie le ciel de te revoir une fois,

Une dernière fois au-delà de mes rêves.

Le réel est lépreux depuis que tu n’es plus là.

 

Mais, comme chacun sait, dieu n’écoute plus

Les amants qui se consument de trop s’aimer.

Et, dans sa sagesse, lorsqu’il prend l’un des élus,

Le divin laisse au vivant toute sa pitié.

 

Alors, puisque mon cœur est un gouffre

Ou s’emplit un déluge infini de larmes,

Il est tant d’entrer dans cette eau bleue pour que souffre

La vie sans toi et que la mort me désarme.

 

 

 

2010

 

 

 

 


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Mardi 11 janvier 2011 2 11 /01 /Jan /2011 20:45
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Il y a un petit moment de simple bonheur,

Que je souhaiterai vous conter, sans pudeur.

Voici l’anecdote…

 

En homme à tout faire, j’ai la tâche subtile

De retirer notre linge, pincé sur le fil.

Relatons la méthode.

 

D’abord le tout venant : pantalons et autres sapes,

Afin de clôturer le périple, en joie béate,

Par tes p’tites culottes.

 

Le plaisir, érectile, de caresser le tissu

Qui frôle la peau de ta délicate vertu.

Et je tremblotte.

 

Ces petits-fils brodés ensemble et savamment

Que tu glisses sur tes hanches, cachant seulement

Mon unique marotte…

 

Celui-ci, en particulier, pas très beau

Que tu avais retiré sous la table d’un resto.

Je me décalotte..

 

Tes bas résilles et Ta guêpière rouge

Qui, tu le sais, me pique le dard au fer-rouge.

Mon échine picote.

 

Tes soutiens-gorges qui balisent les frontières,

Des états conquis à mes tendres sévices militaires

Je suis ton patriote.

 

Mais c’est en révolutionnaire que je t’adore

Car, de tous tes styles, là où je te raffole,

C’est en sans-culotte.

 

Et quand la lingerie sera retirée, pliée,

Je passerai le balai rêvant de ma dulcinée,

L’esprit en bouillotte.

 

 

 

2009/10

 

 Carré blanc

 

 

 


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Mardi 4 janvier 2011 2 04 /01 /Jan /2011 20:14
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georges-rouault01

 

tableau de Georges Rouault

 

 

Sur le fil de ta vie, tu t’ennuie

A ne pas sucer, jusqu’à la lie,

La substantifique moelle

De l’inaccessible étoile.

 

Tes jours passent vers le trépas

Dans l’euphorie du pas à pas.

Successions de seconde

Ou, seul, le vide féconde.

 

Tu roules ta bosse à bosser,

Béatifiant la menue monnaie.

Du matin métro au soir dodo,

Tu es boulonné au boulot.

 

En veillée, ta liberté en veilleuse,

S’agglutine ta part gélatineuse

Sur l’écran pour décérébrés,

En soirée de publicités.

 

La nuit, tu te couches sans coucher

Avec celle que tu dis aimé.

Ni tendres baisés, ni tendresse,

Les fesses sont loin des fesses.

 

Tes marmots marmonnent que t’es vieux,

Que tu n’as jamais joué avec eux,

Qu’ils se foutent de ta maison à crédit

Que tu paieras au prix de ta vie.

 

Pourtant tes rêves sont merveilleux,

A les vivre, tu serais si heureux.

Donc, demain, ce sera la débauche.

Mais, aujourd’hui, c’est l’embauche

 

Car, pour l’heure, faut de l’ambition.

Que la gestion de la production

Fasse bonne action pour la direction,

Pour une improbable promotion.

 

Le soleil se lève et se couche.

La lune n’est pas plus farouche.

Omnibuler par tes dossiers,

Tu vois pas le temps passé.

 

Et, à la frontière de ta vie

Ou tu jugeras ton parcours fini,

Il n’y aura aucun hasard,

Tu pleureras qu’il est trop tard.

 

 

 

 

2010


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Mardi 14 décembre 2010 2 14 /12 /Déc /2010 15:28
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

 

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dessin pris sur le site   www.bonheurdelire.overblog.com

 

 

J’avais l’âme en détresse et tu m’as sauvé.

Un sourire sur mes lèvres, à jamais, s’est posé,

En ce jour béni ou ta démarche sensuelle

A croisé mon chemin, de façon éternelle.

Ma tête, dans les nuages, est en voyage

Depuis quatre mois que je caresse ton visage.

 

Jamais au grand jamais, je n’aurais pu imaginer

Qu’un tel bonheur puisse, un jour, m’arriver.

 

Moi qui n’étais rien, avant ta présence.

A mes cotés, Tu es ma douce providence.

Et, si je te susurre : « Merci, maman ! »

Ne te vexe pas. Je suis ton soupirant.

C’est, juste que jamais on avait pris soin

De mon âme et de mon corps, aussi bien.

 

J’aime, lorsque nous sommes dans ta cuisine,

Que tes doigts souples glissent sur mon échine.

Et, j’espère, dans une folie indécente,

Que ta poitrine se colle à ma peau ardente.

 

Dans notre couche, lorsque nous ne sommes plus qu’un,

Lorsque je m’enivre de ton brûlant parfum,

Nous aimons qu’il y ait  peu de tissus entre nous

Car nos caresses ne cessent, sans aucun tabou.

 

J’aime que tu m’endormes avec tes mots bleus.

Tu es mon Orphée qui murmure mille vœux

A l’oreille de ton amant si faillible

Pour que son sommeil soit, enfin, paisible.

 

Notre vision du monde est similaire.

Et nos envies, à tous deux, se marient, salutaire,

Aux même moments. C’est le rêve idyllique

De deux frères russes à la pensée unique.

 

On se soutient dans toutes nos démarches.

Là où les difficultés sont, ensemble, on marche,

Main dans la main, pour arriver au bout du chemin,

Là où le paradis nous attend, si coquin.

 

Ma divine maîtresse, tu as rendu magique

Nos belles ballades sur les plages désertiques,

Ou dans la forêt, quand nous sommes randonneurs.

J’aime ces rapports de préférence sans vibreur….

 

J’espère encore vivre d’aussi bon moments,

Les fleurs sur ta voiture, tes visites le soir couchant,

Et, si ces mots durs à dire furent à la peine,

Aujourd’hui, je peux te dire que je t’….

 

 

 

2010

 

 

Ce texte est une commande d’un ami pour son amie….

 

 

 

 

 


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Mardi 7 décembre 2010 2 07 /12 /Déc /2010 15:51
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

 

 

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Aux croisements d'un chemin et d'une sente

Se situe une petite chapelle ardente,

A la mémoire des randonneurs aigris

Qui ne purent jamais faire choix de vie.

 

A ce temps d’existence, je me tourmente,

Tout à coté de la chapelle ardente.

Quelle direction prendrais-je pour vivre demain :

La chaotique sente ou le calme chemin ?

 

Marcher à pas raisonnable jusqu’à cinquante

Ou courir vers la folle passion ardente ?

Je traîne des pieds à ne rien décider.

De la sente ou du chemin. Vers ou me diriger ?

 

Et, à ces hommes qui ne choisissent pas,

Ou font les deux choix, j’hurle : «Lâche ! Judas ! »

Je crache sur leurs humanités absentes

Et les enterrent dans la chapelle ardente.

 

Certes, je n’aime plus celle qui est dans mon lit,

Mais caresser le corps d’une autre m’est honnis.

Alors, je supplie que rejaillisse, violente,

Notre mortifère flamme ardente….

 

Mais l’espoir de s’aimer encore est révolu.

Le confort de notre intérieur m’a déchu.

En homme lâche, je ne gravirai pas la sente,

Et irait en fosse de la chapelle ardente

 

 

 

2010

 

 

 

 


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Mardi 9 novembre 2010 2 09 /11 /Nov /2010 14:45
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

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      Tableau de Pedro Uharte

 

 

 

 

 

Mon p’tit bal à moi, perdu dans ma mémoire,

Respire l’odeur de Barba papa et de bière.

Car, immense était la place du comptoir,

Ne laissant au manéges que peu de terre.

 

Des canards se tamponnent aux grés des vagues.

Un cheval poursuit un camion de pompier.

Un ballon, pour un tour gratuit, zigzague.

Les pommes d’amour dégoulinent sur les pieds.

 

Ma bande à moi, mioches à la morve au nez,

Glisse des pièces dans la fente du colosse.

Le Punching-ball se dresse avec vélocité

Et on tape dedans de toutes nos forces.

L’aiguille lève la tête mais, sans louanges,

Indique notre puissance de Chérubins.

A chaque essai, on se ruine les phalanges.

Mais on fait semblant de rien. Trop de copains.

 

Les anciens de vingt ans sont à la chopine.

Accouder au bar en bois, ça se cause.

Leurs repas du soir sera à base de bibine.

Sous les lampions, y a concours de cirrhose.

 

Sur la piste, trois clopins se trémoussent.

Et, ils ne sont visiblement pas du coin.

Quatre malheureux spots éclairent et toussent

Sur le sol bitumé de la place du patelin.

La boule à façade pourrait faire illusion

Mais, ce soir, elle ne fonctionne pas.

Elle est dans les étoiles, tel un morpion,

Comme pour dire, c’était mieux autrefois.

Et les étrangers, habitant du proche hameau,

Dansent en acceptant que soit laid le bidet

Et, par contraste, que soit beau un lavabo.

Comme c’est la folie en début de soirée,

Ils dansent sur la poitrine d’une latine

Qui crie « Garçon ! Garçon ! »,Déjà, dans une piscine.

Les paroles étaient proches de la doctrine.

Pas philosophiques. Non, plutôt végétative.

 

 C ‘est à ce moment précis qu’il y eut de l’entrain.

« The cure » entonne les premières notes

de leur tube style no life pour après demain,

alors se sont précipiter deux potes

si serré dans leurs pantalons et t-shirt noirs

Qu’on admire leurs muscles d’anorexique !

Ils gesticulent, dans la transe du désespoir,

En mimant batterie et guitares rythmique.

Nous, on continue à cogner le sac de sable,

Quand on a l’idée de génie, pour des gosses.

On scande le nom du dieu de la castagne.

« -Jérôme, Jérôme, viens nous montrer ta force ! »

le caïd du bal se radine, une mousse en main,

scrute les quatre morveux qui osent le nommer,

et rigole :

               «  -c’est un jeu pour les cons, gamins,

Je vais vous montrer ce qui fait vraiment marrer !

Toi, donne une pièce. ! »

                                     « -quoi ? »

                                                     « -Donne, j’te dis ! »

et, parce que Jérôme n’aime pas patienter,

Mon copain lui file l’oseille sans sursis.

« - admirez la bleusaille, admirez et apprenez ! »

il se pointe sur la piste de danse, pépère,

Et se met en face d’un des deux gothiques.

-« Tiens-moi ça ! »

                               Il lui tend sa bière.

Et l’autre la prend, livide et stoïque.

« - ouvre la bouche ! »

                                   Et, bien sur, il l’ouvre.

Le caïd pose la pièce sur la langue,

Et referme les mâchoires à les coudre.

Son poing claque sur le nez du gars qui tangue.

Et il s’écroule. Et en montrant le gars, Jérôme crie :

-« ça c’est drôle ! »

                              Et des vivas, du bar, s’élèvent !

Et hurlent son nom, tel un héros de la patrie.

Et la picole coule à flot. Ce fut la fièvre !

 

De nos jours, le caïd est en fauteuil roulant.

A ce jeu, on trouve toujours plus fort que soit,

Et aucune nouvelle du gars au nez en sang.

Mais pour ce souvenir-là, à chaque fois,

Je dois bien vous l’avouer, cher auditoire,

J’ai honte, désolé, mais je me fends la poire.

 

 

             

 

 

 

 

    2010

 

 

 

Campagnan 


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Mardi 2 novembre 2010 2 02 /11 /Nov /2010 21:44
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

 

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C’est le conte d’un pochetron, arrimé au comptoir.

En marin d’eau rouge, il tangue comme la mer.

C’est Œdipe qui le pousse aux rafraîchissoirs,

De boire à voir trop de vagues à l’amer.

 

Son énorme pogne porte le verre de vinasse,

Vers son détroit aux dents jaunes de tabac.

Il marinera, bien après la terrasse,

Ou le bitume est d’un bleu de panama.

 

Au Balto, il mâte Bertha, aux gros nichons gras.

Dans ses bourrelets, il s’y enfouirait dix ans.

Sa soif de grand large vide le Syrah,

Et, d’un trait, s’enfuit dans le vert de l’océan.

 

Le sel de la liberté sur sa bouche iodée,

Il ressent l’amertume d’une mer en colère.

Il s’écrase dans les vagues puis c’est l’envolée

Avec dieu et les mouettes. Il se régénère !

 

Un flottement. Le vacarme tumulte déchaîné

Se transforme en un brouhaha de gros mots.

Des tintements aigus, des râles de gosier

L’arrachent de la proue de sa Calypso.

 

Le bistrot revient à terre et le vin mauvais

Brûle ses chimères. Il y a trois sirènes,

Au fond du bar, qui chantent une mélopée

Du plus vieux métier… vocalise obscène.

 

Il se bouche les oreilles, s’attache au comptoir.

De l’autre coté, un borgne le dévisage.

Il crèvera l’œil à cet immonde salopard !

Ô pinard ! Porte-moi loin de ce rivage !

 

Mais la marée s’est retirée dans ses pénates.

le mérite maritime n’est plus qu’un picrate,

Qui  coule dans la gorge d’un piéton client.

 

 

Et le troquet est trop ancré dans l’asphalte.

Bâtiment et capitaine sont trop écarlate.

Y a qu’une fontaine sur la place. Pas d’océan.

 

Son rêve s’évapore dans les embruns de clopes.

Plus d’Eden. Pénélope est une salope.

« - patron ! Remet ! Y a plus d’alcool dans mon sang ! »

 

 

 

                                                                                                                    2010

 

 

Au comptoir, 

 

 Voyage

 

 

 


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Mardi 26 octobre 2010 2 26 /10 /Oct /2010 17:08
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  Sous le mât du cros val d'osne

Qu’une boule blanche jalonne,

Y a la station Le Peletier,

Entre les rambardes de fer forgé.

 

C’est une p’tite bouche de métro

Qui rejette son flot de parigot

Et étale en rue de Paname

Sa marée de corps et d’âmes.

 

Le sac et ressac de la foule,

Dans l’escalier, s’enroulent

Aux humides relents ventilés

Du métropolitain bondé.

 

Sur une marche, une manouche,

Vêtue en guenille et babouche,

Supplie, du regard, la monnaie,

En murmurant, la main levée.

 

Et, chaque cinq minutes,

La foule se culbute

Pour s’extraire de la terre,

Ventilée au diable vauvert.

 

Un mec, le nez dans son livre,

Se cogne sur une lascive.

Pardons et regards s’échangent.

Et l’attirance se mélange.

 

Mais le désir d’aimer est impotent.

Ici, on court après le temps.

Pour que son taulier soit satisfait,

Il faut, au turbin se précipiter.

 

Et, dans toutes les rues de paris,

La lave de vie coule infini,

S’extirpe par les entrailles,

 S’évapore dans la grisaille….

 

 

 

 

 

2010

 

 

 


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Mardi 19 octobre 2010 2 19 /10 /Oct /2010 20:16
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

dyn001 original 1024 768 pjpeg 24b81e52506f48d58bce315da5e 

 

Le coup de foudre, durant la secousse d’un coït,

Se transforme, toujours, en course poursuite.

Des millions d’astronautes à tête de têtard

Frétillent d’impatience en ligne de départ.

Compressés dans un canon tendu vers l’orbite,

On espère, tous, l’explosion subite,

Dans les bourses, inquiet de la transaction,

Car ils s’y murmurent tant de spéculation.

Sur quelle lointaine planète allons nous gicler ?

Pour notre voie lactée, il y a tant de destiné.

 

Il y a le risque qu’il n’y ait aucune cible,

La course frénétique peut finir dans le vide.

Avec un adolescent, le risque est très grand.

Mais le propriétaire est trentenaire maintenant.

L’utilisation égoïste de l’appareil,

Ou une longue période de mise sur l’oreille

Rendent caduque tout espoir de conquête

Et l’homme vit, peut être, une ère de disette ?

 

On peut aller sur la lune ou Uranus,

Mais là encore, quel médiocre terminus…

Je rappelle que c’est une zone aride

Et qu’il est impossible de fertiliser la ride.

Dans ces trous noirs, dit-on, on décède embourbé.

C’est notre déshonneur que de mourir sans semer.

 

 La constellation Vénus est notre Avalon.

Après le col de l’utérus, bonne est la direction.

Métro Pigalle Quelle joie  de courir en jet de lumière

Vers la terre sainte du ventre d’une mère !

 

Toutefois, notre périple reste périlleux.

La chimie peut faire dormir le chef lieu.

Et nous pourrions rebondir sur du plastique.

Qu’importe !Inébranlable est notre foi cosmique…

 

A trop vous narrer mes futures tribulations,

J’en oublierai l’immédiate expédition.

Mon détenteur sera bientôt dans les étoiles.

Le compte à rebours finit lors du rebrousse poil.

Lequel de notre peuple pourra-t-il ensemencer ?

Un petit pas pour nous, un grand pas pour l’humanité..

Qui a, dans son flagelle, un destin céleste ?

Trois.. Deux.. Un.. C’est parti ! ALEA JACTA EST !

 

 

 

 

  2010

 

 

 

 

Carré blanc

 

 

 

 

  


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Mardi 12 octobre 2010 2 12 /10 /Oct /2010 10:34
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

 

 

 

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photo de marco    

 

 

 

 

Il y a une sente qui ne mène nulle part..

Il y a un vieux mur doré par la chaleur,

Refuge de quelques lézards..

Il y a un champ rachitique,

Dernière joie d’un vieillard,

Sale et ébouriffés

Il y a un puits asséché par le temps..

Il y a un village devenu ruine,

Habité uniquement par le vent..

Il y a un chant de cigale,

Morne et monotone..

Il y a un bosquet de cyprès,

Dernier vert du pays..

 

Et, dans tout ça,

 

Il y a un môme qui aime ce monde,

Et qui s’y refuge à vie.

 

 

 

 

                                                                                                            1989          

 

 

 

 

 

  

  

 

  Les trois premiers poèmes 

 

 

 

 


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Mardi 28 septembre 2010 2 28 /09 /Sep /2010 05:00
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

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          Photo de Noelle Maybon,

 

 

En tant que membre actif du GPCTC,

(Groupe des Poètes Contre les Thèmes à la Con)

Je dois, entièrement, m’engager

Et dénoncer le plus abject des adorations.

Oh ! Je peux, pour cela, devenir pestiféré

Au sein des artistes et autres trublions.

Et, qu’importe un destin d’homme renié,

Si j’extermine le perfide rubicon.

Il est un thème lâche et perfide qui, d’emblée,

Empeste les recueils tel une infection.

On s’extasie devant sa soi-disante beauté.

On béatifie sa grâce en divination.

Moi, c’est à l’insecticide que j’aspergerai

La thématique tant aimée du papillon !

 

Et les poèmes commencent toujours ainsi :

« Qu’il est beau, le papillon, qu’il est joli !

Avec toutes ses couleurs multicolores ! »

Et gnan gnan avec de mielleuses métaphores

À l’être humain et l’éclosion de l’âme,

Comme si y avait rapport avec l’insecte infâme !

Et bla bla bla sur la contemplation

De son envol faite de petite vibration !

Tant de tirades pour un si petit machin,

Qui je le rappelle, ne voit que trois matins,

Car il passe son existence à se tortiller

Dans un corps tout anneler et gélifier.

 

Quoi ? Ça se fait tout beau pour s’accoupler

Alors que c’est similaire à l’humanité ?

Assez ! La pratique de décrire l’insecte

Doit cesser ! Ensemble, disséquons-le d’emblée !

Voila tout mon fiel et toute ma colère

Pire encore que ma haine pour la guerre !

Et, j’ose espérer ne plus vous y prendre

A rimer sur ce thème à mettre en cendre…

 

Même si je l’avoue, un peu, chers amis,

Un papillon, c’est quand même très joli.

 

 

                                            2010

 


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Mardi 21 septembre 2010 2 21 /09 /Sep /2010 05:00
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

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                 photo de Sarah,         pour voir son site: www.uneparisiennesemerveille.com

 

 

Ce soir, je bois.

J’admire, entre les croisés de ma fenêtre,

Les toits de Paname qui sont entassés

Dans l’enclos du Périph’. L’illustre dame d’acier,

Telle une bergère, leur donne à paître

D’un peu de ciel et de petites étoiles.

 

Dans mon fauteuil en Skye, je m’enfouis.

Un reste de mégot entre mes doigts jaunis.

Mon dernier rond de fumée est un voile

Qui se volatilise à l’ombre des murs.

Je l’écrase dans le cendrier, à mes pieds,

Et prend le picrate qui brûlera mon gosier.

 

Ce soir, je bois pour rouvrir les blessures,

Comme lorsqu’on presse un fuit trop mur,

Pour voir dégouliner d’entre les doigts

Le jus de vie qui perd sa route, et, d’effroi,

S’écrase sur le sol glacé plein de sciure.

 

Je bois

Aux destins et ses jongleries,

Aux actes manqués par âneries,

Aux lanternes prises pour des vessies.

Je bois

Aux femmes que je n’ai pas aimées,

A celle qui m’ont ri au nez,

A tes doux baisers sucrés,

A tes doux baisers sucrés.

 

Ce soir, je bois

Ton index creuse, le long de mes épaules,

Un sillon d’où germera l’amour infini.

Tes longs cheveux font frissonner mon autonomie.

Tu poses tes lèvres sur ma bouche molle.

S’il te plait, ma propriétaire, éteint la lampe

Et fait glisser ta nudité, à l’odeur cannelle,

Vers notre chambre ou t’attend ton chaud sommeil.

 Ne regardent pas les fantômes qui me hantent.

Ce soir, je bois. Va. Laisse-moi seul.

C’est si bon d’être un moment avec soi-même.

Oui,  j’ai promis mais je bois quand même.

Dors. Je t’aime. Laisse, que je me recueille.

 

Je bois

A mes souvenirs d’enfant oubliés,

A mes parents par le temps, ridés,

A ma trombine déjà marquée.

Je bois

A ces amitiés artificielles,

Aux pseudo dieux dans les missels,

Aux bla-blas ministériels,

A notre amour éternel,

A notre amour éternel.

 

Ce soir, je bois.

Je m’engourdis à m’arsouiller la tronche,

Et je pénètre à l’intérieur de mon âme.

Des vagues d’émotions ouvrent mon sésame.

Mon imaginaire, à l’abandon, jonche

Le sol de ma paresse d’homme oisif.

Il y a des choses qu’on écrit qu’à la nuit.

A cette heure-là, tous les stylos sont pris.

Alors, le besoin d’écrire est compulsif.

 

J’écris

Aux destins et ses jongleries,

Aux dieux, aux mythologies,

Aux bonheurs ,aux plaisirs de vie.

J’écris

Aux paysages de bon aloi,

Aux amis, cela va de soi,

Aux souvenirs d’autrefois,

Au bonheur d’être à toi,

Au bonheur d’être à toi.

 

                                                                 2010 

 

D’après une chanson de Serge Reggiani «  la chanson de Paul »

 

 

 

 

 


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