A l'époque du fils ,
Charcutaille et ventrèche , avec le café noir ,
sur la table , il est cinq heures à la comptoise .
Ensuite , Mamé range les bols dans l'armoire.
Les chevaux de Râ passent sur les ardoises .
Dans la voiture , il y a des cageots vides .
Au volant , papé chemine sur le sentier ,
en évitant les culs de poules , p'tites perfides...
et aller , tout droit ,vers la vigne de l'amandier .
Avec le froid matinal qui glaçe les joues ,
la terre calcinée crissait sous nos godasses .
Aujourd'hui , sûr , on s'égratignera les genoux ,
mais quel magnifique fierté d'aider son patriarche .
Avec cette curieuse manie de parler seul ,
son vieux capel remonté haut sur sa ganache ,
espagnol mélant français , degun comprenait l'aieul ,
sauf ses vignes , honorés d'un labeur sans relache .
Le bleue frais du ciel sourit le long des collines ,
et l'ombre de l'arbre disparait sous les ronces .
retroussons nos manches de tricot , courbons l'échine !
Car déja les vieux sont dans les rangs . Ils s'enfonçent .
-" La coupe en ceuille est nette , méticuleuse....!"
comme l'explique grand mère : -" Dans un premier temps ,
prendre les plus belles grappes , les plus juteuses ,
et égrenner les grains trop mûr , au ciseau , fermement.... !"
-"....Puis les mettre en cageot , sans les abimer .
Avec gout , choisir les trois plus beaux raisins ,
sur du papier crépon mauve , les déposer ,
et tout fagoter.....comme ceci.....un dessert divin !"
Impressionner par tant d'art , ma soeur et moi ,
tentons d'être créatif avec le fruit sanguin .
Mais , étant Hercule , cela ne me conviens pas .
Et , puis , c'est la brouette à bras ...mon destin !!
Aidé par l'engin ,crapahutant entre les souches ,
j'amène ces orfévreries à la voiture .
Aprés , avec précaution , en plusieurs couches ,
je les range et repart vite à l'aventure !
Les chevilles pleines de poussières , j'avance .
Malgré l'appel de l'amandier à être grimper ,
toutes ces cabanes à faire....avec vaillance ,
n'auront pas raison de moi . Je suis ouvrier !
Dans la cuisine , se cuira de l'escoubille .
Et , à midi , nous serons tous autour du manger .
Vorace , nous avalerons tout , sans gaspille ,
pour finir par une sieste , bien mérité .
2005
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Spectacle écrit et joué par Avenerius D'ardronville
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