Le comptoir à rîmes

Mardi 4 janvier 2011 2 04 /01 /Jan /2011 20:14
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

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tableau de Georges Rouault

 

 

Sur le fil de ta vie, tu t’ennuie

A ne pas sucer, jusqu’à la lie,

La substantifique moelle

De l’inaccessible étoile.

 

Tes jours passent vers le trépas

Dans l’euphorie du pas à pas.

Successions de seconde

Ou, seul, le vide féconde.

 

Tu roules ta bosse à bosser,

Béatifiant la menue monnaie.

Du matin métro au soir dodo,

Tu es boulonné au boulot.

 

En veillée, ta liberté en veilleuse,

S’agglutine ta part gélatineuse

Sur l’écran pour décérébrés,

En soirée de publicités.

 

La nuit, tu te couches sans coucher

Avec celle que tu dis aimé.

Ni tendres baisés, ni tendresse,

Les fesses sont loin des fesses.

 

Tes marmots marmonnent que t’es vieux,

Que tu n’as jamais joué avec eux,

Qu’ils se foutent de ta maison à crédit

Que tu paieras au prix de ta vie.

 

Pourtant tes rêves sont merveilleux,

A les vivre, tu serais si heureux.

Donc, demain, ce sera la débauche.

Mais, aujourd’hui, c’est l’embauche

 

Car, pour l’heure, faut de l’ambition.

Que la gestion de la production

Fasse bonne action pour la direction,

Pour une improbable promotion.

 

Le soleil se lève et se couche.

La lune n’est pas plus farouche.

Omnibuler par tes dossiers,

Tu vois pas le temps passé.

 

Et, à la frontière de ta vie

Ou tu jugeras ton parcours fini,

Il n’y aura aucun hasard,

Tu pleureras qu’il est trop tard.

 

 

 

 

2010

Par benoit gimenez - Communauté : Ruche de beaux mots
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Mardi 14 décembre 2010 2 14 /12 /Déc /2010 15:28
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

 

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dessin pris sur le site   www.bonheurdelire.overblog.com

 

 

J’avais l’âme en détresse et tu m’as sauvé.

Un sourire sur mes lèvres, à jamais, s’est posé,

En ce jour béni ou ta démarche sensuelle

A croisé mon chemin, de façon éternelle.

Ma tête, dans les nuages, est en voyage

Depuis quatre mois que je caresse ton visage.

 

Jamais au grand jamais, je n’aurais pu imaginer

Qu’un tel bonheur puisse, un jour, m’arriver.

 

Moi qui n’étais rien, avant ta présence.

A mes cotés, Tu es ma douce providence.

Et, si je te susurre : « Merci, maman ! »

Ne te vexe pas. Je suis ton soupirant.

C’est, juste que jamais on avait pris soin

De mon âme et de mon corps, aussi bien.

 

J’aime, lorsque nous sommes dans ta cuisine,

Que tes doigts souples glissent sur mon échine.

Et, j’espère, dans une folie indécente,

Que ta poitrine se colle à ma peau ardente.

 

Dans notre couche, lorsque nous ne sommes plus qu’un,

Lorsque je m’enivre de ton brûlant parfum,

Nous aimons qu’il y ait  peu de tissus entre nous

Car nos caresses ne cessent, sans aucun tabou.

 

J’aime que tu m’endormes avec tes mots bleus.

Tu es mon Orphée qui murmure mille vœux

A l’oreille de ton amant si faillible

Pour que son sommeil soit, enfin, paisible.

 

Notre vision du monde est similaire.

Et nos envies, à tous deux, se marient, salutaire,

Aux même moments. C’est le rêve idyllique

De deux frères russes à la pensée unique.

 

On se soutient dans toutes nos démarches.

Là où les difficultés sont, ensemble, on marche,

Main dans la main, pour arriver au bout du chemin,

Là où le paradis nous attend, si coquin.

 

Ma divine maîtresse, tu as rendu magique

Nos belles ballades sur les plages désertiques,

Ou dans la forêt, quand nous sommes randonneurs.

J’aime ces rapports de préférence sans vibreur….

 

J’espère encore vivre d’aussi bon moments,

Les fleurs sur ta voiture, tes visites le soir couchant,

Et, si ces mots durs à dire furent à la peine,

Aujourd’hui, je peux te dire que je t’….

 

 

 

2010

 

 

Ce texte est une commande d’un ami pour son amie….

 

 

 

 

 

Par benoit gimenez - Communauté : Ruche de beaux mots
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Mardi 7 décembre 2010 2 07 /12 /Déc /2010 15:51
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

 

 

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Aux croisements d'un chemin et d'une sente

Se situe une petite chapelle ardente,

A la mémoire des randonneurs aigris

Qui ne purent jamais faire choix de vie.

 

A ce temps d’existence, je me tourmente,

Tout à coté de la chapelle ardente.

Quelle direction prendrais-je pour vivre demain :

La chaotique sente ou le calme chemin ?

 

Marcher à pas raisonnable jusqu’à cinquante

Ou courir vers la folle passion ardente ?

Je traîne des pieds à ne rien décider.

De la sente ou du chemin. Vers ou me diriger ?

 

Et, à ces hommes qui ne choisissent pas,

Ou font les deux choix, j’hurle : «Lâche ! Judas ! »

Je crache sur leurs humanités absentes

Et les enterrent dans la chapelle ardente.

 

Certes, je n’aime plus celle qui est dans mon lit,

Mais caresser le corps d’une autre m’est honnis.

Alors, je supplie que rejaillisse, violente,

Notre mortifère flamme ardente….

 

Mais l’espoir de s’aimer encore est révolu.

Le confort de notre intérieur m’a déchu.

En homme lâche, je ne gravirai pas la sente,

Et irait en fosse de la chapelle ardente

 

 

 

2010

 

 

 

 

Par benoit gimenez - Communauté : Ruche de beaux mots
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Mardi 9 novembre 2010 2 09 /11 /Nov /2010 14:45
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      Tableau de Pedro Uharte

 

 

 

 

 

Mon p’tit bal à moi, perdu dans ma mémoire,

Respire l’odeur de Barba papa et de bière.

Car, immense était la place du comptoir,

Ne laissant au manéges que peu de terre.

 

Des canards se tamponnent aux grés des vagues.

Un cheval poursuit un camion de pompier.

Un ballon, pour un tour gratuit, zigzague.

Les pommes d’amour dégoulinent sur les pieds.

 

Ma bande à moi, mioches à la morve au nez,

Glisse des pièces dans la fente du colosse.

Le Punching-ball se dresse avec vélocité

Et on tape dedans de toutes nos forces.

L’aiguille lève la tête mais, sans louanges,

Indique notre puissance de Chérubins.

A chaque essai, on se ruine les phalanges.

Mais on fait semblant de rien. Trop de copains.

 

Les anciens de vingt ans sont à la chopine.

Accouder au bar en bois, ça se cause.

Leurs repas du soir sera à base de bibine.

Sous les lampions, y a concours de cirrhose.

 

Sur la piste, trois clopins se trémoussent.

Et, ils ne sont visiblement pas du coin.

Quatre malheureux spots éclairent et toussent

Sur le sol bitumé de la place du patelin.

La boule à façade pourrait faire illusion

Mais, ce soir, elle ne fonctionne pas.

Elle est dans les étoiles, tel un morpion,

Comme pour dire, c’était mieux autrefois.

Et les étrangers, habitant du proche hameau,

Dansent en acceptant que soit laid le bidet

Et, par contraste, que soit beau un lavabo.

Comme c’est la folie en début de soirée,

Ils dansent sur la poitrine d’une latine

Qui crie « Garçon ! Garçon ! »,Déjà, dans une piscine.

Les paroles étaient proches de la doctrine.

Pas philosophiques. Non, plutôt végétative.

 

 C ‘est à ce moment précis qu’il y eut de l’entrain.

« The cure » entonne les premières notes

de leur tube style no life pour après demain,

alors se sont précipiter deux potes

si serré dans leurs pantalons et t-shirt noirs

Qu’on admire leurs muscles d’anorexique !

Ils gesticulent, dans la transe du désespoir,

En mimant batterie et guitares rythmique.

Nous, on continue à cogner le sac de sable,

Quand on a l’idée de génie, pour des gosses.

On scande le nom du dieu de la castagne.

« -Jérôme, Jérôme, viens nous montrer ta force ! »

le caïd du bal se radine, une mousse en main,

scrute les quatre morveux qui osent le nommer,

et rigole :

               «  -c’est un jeu pour les cons, gamins,

Je vais vous montrer ce qui fait vraiment marrer !

Toi, donne une pièce. ! »

                                     « -quoi ? »

                                                     « -Donne, j’te dis ! »

et, parce que Jérôme n’aime pas patienter,

Mon copain lui file l’oseille sans sursis.

« - admirez la bleusaille, admirez et apprenez ! »

il se pointe sur la piste de danse, pépère,

Et se met en face d’un des deux gothiques.

-« Tiens-moi ça ! »

                               Il lui tend sa bière.

Et l’autre la prend, livide et stoïque.

« - ouvre la bouche ! »

                                   Et, bien sur, il l’ouvre.

Le caïd pose la pièce sur la langue,

Et referme les mâchoires à les coudre.

Son poing claque sur le nez du gars qui tangue.

Et il s’écroule. Et en montrant le gars, Jérôme crie :

-« ça c’est drôle ! »

                              Et des vivas, du bar, s’élèvent !

Et hurlent son nom, tel un héros de la patrie.

Et la picole coule à flot. Ce fut la fièvre !

 

De nos jours, le caïd est en fauteuil roulant.

A ce jeu, on trouve toujours plus fort que soit,

Et aucune nouvelle du gars au nez en sang.

Mais pour ce souvenir-là, à chaque fois,

Je dois bien vous l’avouer, cher auditoire,

J’ai honte, désolé, mais je me fends la poire.

 

 

             

 

 

 

 

    2010

 

 

 

Campagnan 

Par benoit gimenez - Communauté : Ruche de beaux mots
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Mardi 2 novembre 2010 2 02 /11 /Nov /2010 21:44
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

 

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C’est le conte d’un pochetron, arrimé au comptoir.

En marin d’eau rouge, il tangue comme la mer.

C’est Œdipe qui le pousse aux rafraîchissoirs,

De boire à voir trop de vagues à l’amer.

 

Son énorme pogne porte le verre de vinasse,

Vers son détroit aux dents jaunes de tabac.

Il marinera, bien après la terrasse,

Ou le bitume est d’un bleu de panama.

 

Au Balto, il mâte Bertha, aux gros nichons gras.

Dans ses bourrelets, il s’y enfouirait dix ans.

Sa soif de grand large vide le Syrah,

Et, d’un trait, s’enfuit dans le vert de l’océan.

 

Le sel de la liberté sur sa bouche iodée,

Il ressent l’amertume d’une mer en colère.

Il s’écrase dans les vagues puis c’est l’envolée

Avec dieu et les mouettes. Il se régénère !

 

Un flottement. Le vacarme tumulte déchaîné

Se transforme en un brouhaha de gros mots.

Des tintements aigus, des râles de gosier

L’arrachent de la proue de sa Calypso.

 

Le bistrot revient à terre et le vin mauvais

Brûle ses chimères. Il y a trois sirènes,

Au fond du bar, qui chantent une mélopée

Du plus vieux métier… vocalise obscène.

 

Il se bouche les oreilles, s’attache au comptoir.

De l’autre coté, un borgne le dévisage.

Il crèvera l’œil à cet immonde salopard !

Ô pinard ! Porte-moi loin de ce rivage !

 

Mais la marée s’est retirée dans ses pénates.

le mérite maritime n’est plus qu’un picrate,

Qui  coule dans la gorge d’un piéton client.

 

 

Et le troquet est trop ancré dans l’asphalte.

Bâtiment et capitaine sont trop écarlate.

Y a qu’une fontaine sur la place. Pas d’océan.

 

Son rêve s’évapore dans les embruns de clopes.

Plus d’Eden. Pénélope est une salope.

« - patron ! Remet ! Y a plus d’alcool dans mon sang ! »

 

 

 

                                                                                                                    2010

 

 

Au comptoir, 

 

 Voyage

 

 

 

Par benoit gimenez - Communauté : Ruche de beaux mots
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Mardi 26 octobre 2010 2 26 /10 /Oct /2010 17:08
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

 

 

 

 

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  Sous le mât du cros val d'osne

Qu’une boule blanche jalonne,

Y a la station Le Peletier,

Entre les rambardes de fer forgé.

 

C’est une p’tite bouche de métro

Qui rejette son flot de parigot

Et étale en rue de Paname

Sa marée de corps et d’âmes.

 

Le sac et ressac de la foule,

Dans l’escalier, s’enroulent

Aux humides relents ventilés

Du métropolitain bondé.

 

Sur une marche, une manouche,

Vêtue en guenille et babouche,

Supplie, du regard, la monnaie,

En murmurant, la main levée.

 

Et, chaque cinq minutes,

La foule se culbute

Pour s’extraire de la terre,

Ventilée au diable vauvert.

 

Un mec, le nez dans son livre,

Se cogne sur une lascive.

Pardons et regards s’échangent.

Et l’attirance se mélange.

 

Mais le désir d’aimer est impotent.

Ici, on court après le temps.

Pour que son taulier soit satisfait,

Il faut, au turbin se précipiter.

 

Et, dans toutes les rues de paris,

La lave de vie coule infini,

S’extirpe par les entrailles,

 S’évapore dans la grisaille….

 

 

 

 

 

2010

 

 

 

Par benoit gimenez - Communauté : Ruche de beaux mots
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Mardi 19 octobre 2010 2 19 /10 /Oct /2010 20:16
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

dyn001 original 1024 768 pjpeg 24b81e52506f48d58bce315da5e 

 

Le coup de foudre, durant la secousse d’un coït,

Se transforme, toujours, en course poursuite.

Des millions d’astronautes à tête de têtard

Frétillent d’impatience en ligne de départ.

Compressés dans un canon tendu vers l’orbite,

On espère, tous, l’explosion subite,

Dans les bourses, inquiet de la transaction,

Car ils s’y murmurent tant de spéculation.

Sur quelle lointaine planète allons nous gicler ?

Pour notre voie lactée, il y a tant de destiné.

 

Il y a le risque qu’il n’y ait aucune cible,

La course frénétique peut finir dans le vide.

Avec un adolescent, le risque est très grand.

Mais le propriétaire est trentenaire maintenant.

L’utilisation égoïste de l’appareil,

Ou une longue période de mise sur l’oreille

Rendent caduque tout espoir de conquête

Et l’homme vit, peut être, une ère de disette ?

 

On peut aller sur la lune ou Uranus,

Mais là encore, quel médiocre terminus…

Je rappelle que c’est une zone aride

Et qu’il est impossible de fertiliser la ride.

Dans ces trous noirs, dit-on, on décède embourbé.

C’est notre déshonneur que de mourir sans semer.

 

 La constellation Vénus est notre Avalon.

Après le col de l’utérus, bonne est la direction.

Métro Pigalle Quelle joie  de courir en jet de lumière

Vers la terre sainte du ventre d’une mère !

 

Toutefois, notre périple reste périlleux.

La chimie peut faire dormir le chef lieu.

Et nous pourrions rebondir sur du plastique.

Qu’importe !Inébranlable est notre foi cosmique…

 

A trop vous narrer mes futures tribulations,

J’en oublierai l’immédiate expédition.

Mon détenteur sera bientôt dans les étoiles.

Le compte à rebours finit lors du rebrousse poil.

Lequel de notre peuple pourra-t-il ensemencer ?

Un petit pas pour nous, un grand pas pour l’humanité..

Qui a, dans son flagelle, un destin céleste ?

Trois.. Deux.. Un.. C’est parti ! ALEA JACTA EST !

 

 

 

 

  2010

 

 

 

 

Carré blanc

 

 

 

 

  

Par benoit gimenez - Communauté : Ruche de beaux mots
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Mardi 12 octobre 2010 2 12 /10 /Oct /2010 10:34
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

 

 

 

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Il y a une sente qui ne mène nulle part..

Il y a un vieux mur doré par la chaleur,

Refuge de quelques lézards..

Il y a un champ rachitique,

Dernière joie d’un vieillard,

Sale et ébouriffés

Il y a un puits asséché par le temps..

Il y a un village devenu ruine,

Habité uniquement par le vent..

Il y a un chant de cigale,

Morne et monotone..

Il y a un bosquet de cyprès,

Dernier vert du pays..

 

Et, dans tout ça,

 

Il y a un môme qui aime ce monde,

Et qui s’y refuge à vie.

 

 

 

 

                                                                                                            1989          

 

 

 

 

 

  

  

 

  Les trois premiers poèmes 

 

 

 

 

Par benoit gimenez - Communauté : Ruche de beaux mots
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Mardi 28 septembre 2010 2 28 /09 /Sep /2010 05:00
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

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          Photo de Noelle Maybon,

 

 

En tant que membre actif du GPCTC,

(Groupe des Poètes Contre les Thèmes à la Con)

Je dois, entièrement, m’engager

Et dénoncer le plus abject des adorations.

Oh ! Je peux, pour cela, devenir pestiféré

Au sein des artistes et autres trublions.

Et, qu’importe un destin d’homme renié,

Si j’extermine le perfide rubicon.

Il est un thème lâche et perfide qui, d’emblée,

Empeste les recueils tel une infection.

On s’extasie devant sa soi-disante beauté.

On béatifie sa grâce en divination.

Moi, c’est à l’insecticide que j’aspergerai

La thématique tant aimée du papillon !

 

Et les poèmes commencent toujours ainsi :

« Qu’il est beau, le papillon, qu’il est joli !

Avec toutes ses couleurs multicolores ! »

Et gnan gnan avec de mielleuses métaphores

À l’être humain et l’éclosion de l’âme,

Comme si y avait rapport avec l’insecte infâme !

Et bla bla bla sur la contemplation

De son envol faite de petite vibration !

Tant de tirades pour un si petit machin,

Qui je le rappelle, ne voit que trois matins,

Car il passe son existence à se tortiller

Dans un corps tout anneler et gélifier.

 

Quoi ? Ça se fait tout beau pour s’accoupler

Alors que c’est similaire à l’humanité ?

Assez ! La pratique de décrire l’insecte

Doit cesser ! Ensemble, disséquons-le d’emblée !

Voila tout mon fiel et toute ma colère

Pire encore que ma haine pour la guerre !

Et, j’ose espérer ne plus vous y prendre

A rimer sur ce thème à mettre en cendre…

 

Même si je l’avoue, un peu, chers amis,

Un papillon, c’est quand même très joli.

 

 

                                            2010

 

Par benoit gimenez - Communauté : Ruche de beaux mots
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Mardi 21 septembre 2010 2 21 /09 /Sep /2010 05:00
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

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                 photo de Sarah,         pour voir son site: www.uneparisiennesemerveille.com

 

 

Ce soir, je bois.

J’admire, entre les croisés de ma fenêtre,

Les toits de Paname qui sont entassés

Dans l’enclos du Périph’. L’illustre dame d’acier,

Telle une bergère, leur donne à paître

D’un peu de ciel et de petites étoiles.

 

Dans mon fauteuil en Skye, je m’enfouis.

Un reste de mégot entre mes doigts jaunis.

Mon dernier rond de fumée est un voile

Qui se volatilise à l’ombre des murs.

Je l’écrase dans le cendrier, à mes pieds,

Et prend le picrate qui brûlera mon gosier.

 

Ce soir, je bois pour rouvrir les blessures,

Comme lorsqu’on presse un fuit trop mur,

Pour voir dégouliner d’entre les doigts

Le jus de vie qui perd sa route, et, d’effroi,

S’écrase sur le sol glacé plein de sciure.

 

Je bois

Aux destins et ses jongleries,

Aux actes manqués par âneries,

Aux lanternes prises pour des vessies.

Je bois

Aux femmes que je n’ai pas aimées,

A celle qui m’ont ri au nez,

A tes doux baisers sucrés,

A tes doux baisers sucrés.

 

Ce soir, je bois

Ton index creuse, le long de mes épaules,

Un sillon d’où germera l’amour infini.

Tes longs cheveux font frissonner mon autonomie.

Tu poses tes lèvres sur ma bouche molle.

S’il te plait, ma propriétaire, éteint la lampe

Et fait glisser ta nudité, à l’odeur cannelle,

Vers notre chambre ou t’attend ton chaud sommeil.

 Ne regardent pas les fantômes qui me hantent.

Ce soir, je bois. Va. Laisse-moi seul.

C’est si bon d’être un moment avec soi-même.

Oui,  j’ai promis mais je bois quand même.

Dors. Je t’aime. Laisse, que je me recueille.

 

Je bois

A mes souvenirs d’enfant oubliés,

A mes parents par le temps, ridés,

A ma trombine déjà marquée.

Je bois

A ces amitiés artificielles,

Aux pseudo dieux dans les missels,

Aux bla-blas ministériels,

A notre amour éternel,

A notre amour éternel.

 

Ce soir, je bois.

Je m’engourdis à m’arsouiller la tronche,

Et je pénètre à l’intérieur de mon âme.

Des vagues d’émotions ouvrent mon sésame.

Mon imaginaire, à l’abandon, jonche

Le sol de ma paresse d’homme oisif.

Il y a des choses qu’on écrit qu’à la nuit.

A cette heure-là, tous les stylos sont pris.

Alors, le besoin d’écrire est compulsif.

 

J’écris

Aux destins et ses jongleries,

Aux dieux, aux mythologies,

Aux bonheurs ,aux plaisirs de vie.

J’écris

Aux paysages de bon aloi,

Aux amis, cela va de soi,

Aux souvenirs d’autrefois,

Au bonheur d’être à toi,

Au bonheur d’être à toi.

 

                                                                 2010 

 

D’après une chanson de Serge Reggiani «  la chanson de Paul »

 

 

 

 

 

Par benoit gimenez - Communauté : Ruche de beaux mots
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Vendredi 30 juillet 2010 5 30 /07 /Juil /2010 05:00
- Publié dans : Le comptoir à rîmes

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Nb: Les mots techniques d'un métier, quel qu'il soit, sont source d'une trés belle poésie. vous ne comprendrez, certainement, rien à certain des propos ci-dessous. Peu importe, laissez vous aller à la mélodie de lecture...

 




Oubliées, quatre cathédrales souterraines,

protectrices d’une rivière enterrée,

seront sublimées, redeviendront mondaines,

comme chaque année, à l’époque d’avant l’été .


Car, si les festivaliers, brindille en bouche,
déambulent, en famille, sur les escales;

  montent sur des péniches; admirent, à la louche,

artistes, spectacles, concerts et nombreuses étales;

ils pourront,aussi ,voyager dans les ténébreuses

allées de l’assainissement Val de Marnaise.

Là, ils verront une obscurité merveilleuse.

Nous serons leurs guides, à la jactence fort aise.

Mais, avant tout, afin que ces magiques ouvrages

soient, illustres, serties des plus beaux apparats,

l’ouvrier utilisera maint outils d’usages

pour le nettoiement et la beauté d’ici-bas.



(… EV3, au centre de Vitry sur seine,

Sous la place du marché, melting-pot bigarrés,

La triangulaire EV3, si sereine,

Avec ses cinquante mille mètres cubes de capacité …)



Nous, gardiens de ces temples de rétention,

electromecanicien, vigilant au quotidien

de ces œuvres de lutte contre l’inondation,

allons nous atteler, avec vigueur et soin,

à rendre ces gothiques joyaux, plus beaux encore.

Quinze gars, en tenue d’égoutier, sous l’égide

de Laurent, rincent les bassins et les déflorent

de toutes merdasses entassées et fétides.

D’abord, les Augets. Ces grandes baignoires,

au centre de gravité excentré, basculeront

leurs tonnes de flotte et, tel de géant lavoir,

nettoieront les radiers, en ressac furibond.

Entre les travées, sur les pistes, ravinant ainsi

le fond des bassins encrassés de terre fertile.
Car, du Soja avait poussé.Toujours de merde, naquit.

A la manœuvre, Philippe, surnommé tuile

(car la vie l’assigne a de grandes ardoises),

et d’autres compères, sur les sites à nettoyer,

au supervision, déclenchent les remplissages.

Puis, démarrent les pompes à boues, pour tout vider.



(… Et le bassin des Cormailles, un peu plus loin,

à Ivry, sous le parc du même nom de terroir,

attend, patient, comme à Vitry son concubin,

l’eau de pluie qui s’engouffre dans les avaloirs. …)



Ensuite, branchant les Karcheurs à plein rendement,

José  (unique Portugais à dénigrer le Football),

Ant1 (déconneur mélomane d'un son violent),

Vince  (adore et hait le PSG, façon bestial),

font retentir ces machine à décoller

le merdier agglutiné sur les caillebotis,

sur les murs et contre les vannes d’étanchéité,

leurs vitodos et leurs visages, noir de coulis.

A la lance à incendie, d’autres compagnons,

bataillent en haute pression et vacarme,

Fredo  (génial électricien et Cro-Magnon),

Coin-coin  (né dans un champ de betterave),

Gégé  (tendre nounours de cent kilos agité),

bubulle (aux carrés de chocolat sur les abdos),

s’affaire à récurer entre les piliers,

à rincer dans les trémies, les bras en Chamallow,

purgeant dans les bâches des pompes de relèvement,

dégommant les filandreux aux grilles des dégrilleurs.

De la tête aux pieds et tout dégoulinant.

ils carburent, en esthéticienne gratteur.

Et, pour la manucure de ces dames divines,

serpillières balais-brosses sont obligatoires.

Remy (trublion à la chevelure sublime),

Gégène (preuve que le dieu électron est noir),

et Suédois (conteur de votre chanson épique),

nettoyons, avec attention, les TGBT,

dépoussiérons les centrales hydrauliques,

savonnons les hydro cyclones et les planchers.



Enfin, à l’intendance, dans les transits, au volant,

avec Manu (peu de terre pour tant de sang versé),

Didier (le sage gourmet qui mange du serpent),

font le lien, secondent les équipes fatiguées.






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(… Le bassin de l’Hay, contre l’avenue Flouquet,

une partie sous terre, l’autre comme lac asséchés,

quatre vingt mille mètres cubes d’eau à stocker,

des pontons sur pilotis permet de flâner …)



Puis seconde phase de l’opération:

Nous, fées marraines, ornementons de pourpre

nos besogneuses servantes, tel des cendrillons.

Les lessiveurs deviennent artistes de troupes.

P’tit Franck (viking à logique dans les gènes),

Mam’ (spécialiste de la théorie des cordes),

S’affairent, serein, sur les groupes électrogènes

et assurent le jus des câbles qu’on raccorde.

Des centaines de mètres tirés jusqu’au tréfonds.

Des jeux de lumières disposés aux piliers.

D’ocres ambres nobles magnifiant le moribond,

Aux grilles, sur les pompes…avec méticulosité.

Laurent (visionnaire en chef de l’équipe),

Installe, avec doigté, ses rétroprojecteurs.

Le sigle « DSEA », notre service public,

va virevolter tel un oiseau bleue migrateur.

Et les portraits de tous les braves égoutiers,

des scènes de nos métiers, défileront,

gigantesque, sur le génie civil, les murets.

Le clapotis des gouttes de nos stations

S’électriseront sur une musique de fond,

douce et onctueuse, une irradiation….

Nos déesses sont belle pour la réception.


(... Le goufre profond d'Arceuil, la spherique,
dans le profond, jusqu'à trente mètres de profondeur.
Trente mille mètre cube vomumétrique.
Par contre, sur son séant, un stade pour footballeur ...)


Tout est enfin prêt. Deux semaines de dur labeurs.

Des doubles journées, souvent, pour tout le monde.

A se fendre la poire de cinq à dix-neuf heures.

A se marrer comme des baleines furibondes.

A se vanner comme de vrai potes de quartier.

Faut croire qu’il faut s’asticoter l’ego,

quand y a besoin de se sentir en sécurité.

Dans le métier, pas le moindre quiproquo.



Alors, il y aura le week-end du festival,

et nous serons au poste, fier de vous montrez,

notre savoir faire et nos cathédrales,

transcendantes de beauté pure exalté.

Vous serez nombreux à venir nous voir, curieux,

Et repartir, après la visite, émerveillés.

Avec, dans la tête, l’histoire de l’or bleue,

Que nous vous aurons, avec passion, contés.



Le dimanche, au soir, nous remballeront tout.

C’est sur, une nuit blanche en perspective.

Mais, parce qu’on est tous ensemble, on s’en fout.

Et, on est prêt, chaque année, à la récidive.

Au petit matin, nos belles seront communes,

à nouveau, prêtes à accomplir leurs missions.

Seront a nouveau oubliés, sans rancune,

du peuple, dont elles assument la protection.



Dans la nuit, quatre cathédrales souterraines,

protectrices d’une riviére enterrée,

attendront, patiemment, l’année prochaine,
en val de Bièvre, d'être encore aimer.

 







bassin-retention-cormailles-937177112 



  Informations complémentaires : Les photos sont de Laurent Niot. elles montrent le bassin des cormailles, aprés notre travail décrit ci-dessus. cette élaboration lumineuse est mise en place pour le festival de l'oh!, en Val de Marne.


                                         les egouts                                           2010

 

 

  

 

Par benoit gimenez - Communauté : Ruche de beaux mots
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