Les colombins de la paix
Un gentilhomme au blaze à particules,
directeur de cabinet et haut fonctionnaire,
se tortillait, comme un vers, sur sa longue ridule:
un gros cigare pointait aux bords de ses lèvres.
Il s’excuse auprès de ses conseillers en finance
de quitter la réunion, et, avec précipitation,
court, en ondulant, vers les coins d’aisance.
En habitué, il dépose sa grosse action.
Un fracas de jeudi noir perturbe les gogues
en marbre rose et robinetterie dorée.
Un râle de bien-être fut l’épilogue
à la digestion d’un déjeuner étoilé.
Et l’odorante hommage
de not’grand argenté
débuta son voyage
dans les chemins usés.
Un manoeuvre sans papier, dont l’anus stimule
de viles grimaces sur sa face contrariée,
prie son chef d’aller soulager ses testicules
et, qu’évidemment, la taupe tape au guichet.
L’approbation obtenue, il quitte ses outils
et détale, en dératé, au fond du chantier
vers les chiottes, au mur tout décrépit
ou les filles de calendrier sont dénudées.
La gamelle du midi était trop épicée.
Les muscles tendus du sphincter le remercie
de pouvoir lâcher prise à un tel merdier.
A l’avenir, sa femme ne mettra plus de curry.
Et le fécal message
de not’simple ouvrier
fait son virage
en mes chemins usés.
Un tailleur, de religion judaïque,
dans son atelier à tissus, déambule.
Un froid gargouillement de colique
émet une explosion en son ventricule.
Alors, il se précipite vers les latrines
dans une course effrénée pour se vider.
La légitimité d’un pays en Palestine
et la guerre sainte ne sont plus nécessité.
Le souhait unique de ne pas avoir tacher
le fond du slip est devenu prioritaire.
Le pantalon au talon, il est soulagé
d’avoir put sauver l’interne matière.
L’énorme cubage
de not’couturier
entame le sillage
de mes chemins usés.
Un cuistot, de religion musulmane
dans sa chaude cuisine, se désarticule
par un tapage de bruit et de méthane.
Entre les clients, il s’excuse et circule
vers les tous petits coins qui sont si loin.
La légitimité d’un pays en Israël
et la guerre sainte ne sont plus sacro-saint,
durant l’action d’un coulage de bielle…
Le paletot aux jabots, il tentent d’amoindrir
le fracas d’une vidange inhumaine,
afin que la clientèle ne puisse ouïr,
sa délicate situation de quarantaine.
Le moelleux lestage
de not’cuisinier
fait son pèlerinage
vers mes chemins usés.
Dans les entrailles de notre terre violente,
les quatre étrons se coagulent sereinement.
Fit des luttes de classe bien trop fréquente.
Fit des haines raciales et autres tourments.
Les quatre colombins baignent en eaux de paix,
et se plaisent à suivre le même chemin.
Je nomme, ça, la philosophie souillée.
Moi, l’égoutier, qui prend leçon des destins
de ces cacas provenant de différents trous
et filant, en une harmonie commune.
Je sais que présidents et autres gourous
devraient faire stage en mes routes d’infortune…
2010
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