Dans la boite de nuit ,
au bar de la belle Audrey,
dans les décibels saturés,
on picole sans aucun répit .
... Gladys, Francis, Pierre, Ludo ...
Et on se remplit la baudruche .
Et on se pique la ruche .
C'est bon d'être avec ses frérots .
Le niveau du kilo de Whisky
n'a pas l'intention de baisser .
Faut dire que Ludo connaît Audrey .
Et, la garçe, toujours, la remplit .
Et, là, franchement, je touche l'fond .
Une quinte floche royale .
Une soûlerie magistrale,
a ne pas suçer que des glaçons .
Alors, je la supplie à genoux
qu'elle cesse de me servir .
Malgré cela, je transpire
à boire cul sec, chaque coup .
Pierre, le coude sur le zinc,
discute, tranquillou, peinard .
Il fait mine de rien, le drolard,
mais il est rond comme un coin .
Gladys s'arsouille un léger zeste .
splendide, ondule son corps,
sur la zique, à chaque accord .
Quelque grammes de finesse....
Francis, rond comme une pelle,
mange les mèches des passantes .
Cette drague, assez bavante,
énerve les demoiselles .
Et mon Ludo fait son barbot
à guincher sur le comptoir .
Avec ses lunettes noires,
se déhanche, façon gigolo .
La musique techno à fond .
Il se fracasse dans l'évier !
Sa ganache a valdinguer,
dans la machine à glaçon .
Les binocles de traviole,
il se relève, sans victoire .
Sa gonzesse se fend la poire !
A trop faire le mariole...
Je pue l'alcool bien frelaté,
le tabac froid et la suer .
Les nanas ne font que s'écarter .
Et mes pupilles sont explosés .
Six heures, on tente l'évasion .
On déloge Pierrot de son verre .
On chante à tue-tête du Brel .
Les bourgeois, c'est comme les cochons ..
Francis n'a pris que deux gifles .
Ludo cherche les clefs de bagnoles .
Gladys demeure sex-symbol .
Y a que nos ésgourdes qui sifflent .
Dans la caisse, je la joue cantique .
" La quête" : chanson de Jacques, toujours .
"..se damner pour un simple mot d'amour.."
Mais Ludo devient nostalgique .
-" ça va, qu'est ce que t'as, compère ?"
-" c'était la chanson de mon père... !"
-" Désolé, j'arréte mon air ...."
-" Non, continu, au contraire .."
Et, pour mon frérot, j'ai continué .
Et les autres se sont mis à fredonné .
pour Ludo,
2009
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