
Nb: Les mots techniques d'un métier, quel qu'il soit, sont source d'une trés belle poésie. vous ne comprendrez, certainement, rien
à certain des propos ci-dessous. Peu importe, laissez vous aller à la mélodie de lecture...
Oubliées, quatre cathédrales
souterraines,
protectrices d’une rivière enterrée,
seront sublimées, redeviendront mondaines,
comme chaque année, à l’époque d’avant l’été .
Car, si les festivaliers, brindille en bouche,
déambulent, en famille, sur les escales;
montent sur des péniches; admirent, à la louche,
artistes, spectacles, concerts et nombreuses étales;
ils pourront,aussi ,voyager dans les ténébreuses
allées de l’assainissement Val de Marnaise.
Là, ils verront une obscurité merveilleuse.
Nous serons leurs guides, à la jactence fort aise.
Mais, avant tout, afin que ces magiques ouvrages
soient, illustres, serties des plus beaux apparats,
l’ouvrier utilisera maint outils d’usages
pour le nettoiement et la beauté d’ici-bas.
(… EV3, au centre de Vitry sur seine,
Sous la place du marché, melting-pot bigarrés,
La triangulaire EV3, si sereine,
Avec ses cinquante mille mètres cubes de capacité …)
Nous, gardiens de ces temples de rétention,
electromecanicien, vigilant au quotidien
de ces œuvres de lutte contre l’inondation,
allons nous atteler, avec vigueur et soin,
à rendre ces gothiques joyaux, plus beaux encore.
Quinze gars, en tenue d’égoutier, sous l’égide
de Laurent, rincent les bassins et les déflorent
de toutes merdasses entassées et fétides.
D’abord, les Augets. Ces grandes baignoires,
au centre de gravité excentré, basculeront
leurs tonnes de flotte et, tel de géant lavoir,
nettoieront les radiers, en ressac furibond.
Entre les travées, sur les pistes, ravinant ainsi
le fond des bassins encrassés de terre fertile.
Car, du Soja avait poussé.Toujours de merde, naquit.
A la manœuvre, Philippe, surnommé tuile
(car la vie l’assigne a de grandes ardoises),
et d’autres compères, sur les sites à nettoyer,
au supervision, déclenchent les remplissages.
Puis, démarrent les pompes à boues, pour tout vider.
(… Et le bassin des Cormailles, un peu plus loin,
à Ivry, sous le parc du même nom de terroir,
attend, patient, comme à Vitry son concubin,
l’eau de pluie qui s’engouffre dans les avaloirs. …)
Ensuite, branchant les Karcheurs à plein rendement,
José (unique Portugais à dénigrer le Football),
Ant1 (déconneur mélomane d'un son violent),
Vince (adore et hait le PSG, façon bestial),
font retentir ces machine à décoller
le merdier agglutiné sur les caillebotis,
sur les murs et contre les vannes d’étanchéité,
leurs vitodos et leurs visages, noir de coulis.
A la lance à incendie, d’autres compagnons,
bataillent en haute pression et vacarme,
Fredo (génial électricien et Cro-Magnon),
Coin-coin (né dans un champ de betterave),
Gégé (tendre nounours de cent kilos agité),
bubulle (aux carrés de chocolat sur les abdos),
s’affaire à récurer entre les piliers,
à rincer dans les trémies, les bras en Chamallow,
purgeant dans les bâches des pompes de relèvement,
dégommant les filandreux aux grilles des dégrilleurs.
De la tête aux pieds et tout dégoulinant.
ils carburent, en esthéticienne gratteur.
Et, pour la manucure de ces dames divines,
serpillières balais-brosses sont obligatoires.
Remy (trublion à la chevelure sublime),
Gégène (preuve que le dieu électron est noir),
et Suédois (conteur de votre chanson épique),
nettoyons, avec attention, les TGBT,
dépoussiérons les centrales hydrauliques,
savonnons les hydro cyclones et les planchers.
Enfin, à l’intendance, dans les transits, au volant,
avec Manu (peu de terre pour tant de sang versé),
Didier (le sage gourmet qui mange du serpent),
font le lien, secondent les équipes fatiguées.
(… Le bassin de l’Hay, contre l’avenue Flouquet,
une partie sous terre, l’autre comme lac asséchés,
quatre vingt mille mètres cubes d’eau à stocker,
des pontons sur pilotis permet de flâner …)
Puis seconde phase de l’opération:
Nous, fées marraines, ornementons de pourpre
nos besogneuses servantes, tel des cendrillons.
Les lessiveurs deviennent artistes de troupes.
P’tit Franck (viking à logique dans les gènes),
Mam’ (spécialiste de la théorie des cordes),
S’affairent, serein, sur les groupes électrogènes
et assurent le jus des câbles qu’on raccorde.
Des centaines de mètres tirés jusqu’au tréfonds.
Des jeux de lumières disposés aux piliers.
D’ocres ambres nobles magnifiant le moribond,
Aux grilles, sur les pompes…avec méticulosité.
Laurent (visionnaire en chef de l’équipe),
Installe, avec doigté, ses rétroprojecteurs.
Le sigle « DSEA », notre service public,
va virevolter tel un oiseau bleue migrateur.
Et les portraits de tous les braves égoutiers,
des scènes de nos métiers, défileront,
gigantesque, sur le génie civil, les murets.
Le clapotis des gouttes de nos stations
S’électriseront sur une musique de fond,
douce et onctueuse, une irradiation….
Nos déesses sont belle pour la réception.
(... Le goufre profond
d'Arceuil, la spherique,
dans le profond, jusqu'à trente mètres de profondeur.
Trente mille mètre cube vomumétrique.
Par contre, sur son séant, un stade pour footballeur ...)
Tout est enfin prêt. Deux semaines de dur labeurs.
Des doubles journées, souvent, pour tout le monde.
A se fendre la poire de cinq à dix-neuf heures.
A se marrer comme des baleines furibondes.
A se vanner comme de vrai potes de quartier.
Faut croire qu’il faut s’asticoter l’ego,
quand y a besoin de se sentir en sécurité.
Dans le métier, pas le moindre quiproquo.
Alors, il y aura le week-end du festival,
et nous serons au poste, fier de vous montrez,
notre savoir faire et nos cathédrales,
transcendantes de beauté pure exalté.
Vous serez nombreux à venir nous voir, curieux,
Et repartir, après la visite, émerveillés.
Avec, dans la tête, l’histoire de l’or bleue,
Que nous vous aurons, avec passion, contés.
Le dimanche, au soir, nous remballeront tout.
C’est sur, une nuit blanche en perspective.
Mais, parce qu’on est tous ensemble, on s’en fout.
Et, on est prêt, chaque année, à la récidive.
Au petit matin, nos belles seront communes,
à nouveau, prêtes à accomplir leurs missions.
Seront a nouveau oubliés, sans rancune,
du peuple, dont elles assument la protection.
Dans la nuit, quatre cathédrales souterraines,
protectrices d’une riviére enterrée,
attendront, patiemment, l’année prochaine,
en val de Bièvre, d'être encore aimer.
Informations complémentaires : Les photos sont de Laurent Niot. elles montrent le bassin des cormailles, aprés notre
travail décrit ci-dessus. cette élaboration lumineuse est mise en place pour le festival de l'oh!, en Val de Marne.
2010
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